Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il n’entre dans le « manhûk » du mètre rajaz que si l’on marque une pause sur la lettre bā’ dans sa parole : « lā kadhib » (« point de mensonge »), ainsi que dans sa parole : « ʿAbdi l-Muṭṭalib ». On ne sait pas de quelle manière exacte le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – les a prononcées.

Ibn al-ʿArabī a dit : Ce qui paraît le plus évident est qu’il a dit : « lā kadhibu », la bā’ étant au nominatif, et qu’il a mis la bā’ de « ʿAbdi l-Muṭṭalib » au génitif du fait de l’annexion.

An-Naḥḥās rapporte qu’un groupe a déclaré : la bonne version est celle qui respecte l’iʿrāb ; or, dès lors que la vocalisation est respectée, il ne s’agit plus de poésie : si l’on ouvre, ferme ou tanwinnise la bā’ du premier vers, puis que l’on casse la bā’ du second, on sort du mètre poétique.

D’aucuns ont dit : « Ce mètre n’est pas de la poésie. » C’est là nier l’évidence, car des poèmes arabes sur ce même mètre ont été transmis par Al-Khalîl et d’autres.

Quant à sa parole : « Hal anti illā isbaʿun damiyati » (« N’es-tu qu’un doigt ensanglanté ? »), on a dit qu’elle appartient au mètre sarīʿ, ce qui n’est possible que si l’on casse la tāʾ de « damiyati ». Si l’on la rend muette, ce ne sera en aucune façon de la poésie, car ces deux mots, ainsi prononcés, forment le pied faʿūl, lequel n’entre pas dans le mètre sarīʿ. Il se peut que le Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – l’ait dite avec une tāʾ muette ou mobile, sans allongement.

Pour trancher, il suffit d’admettre qu’il s’agit là réellement de poésie : l’objection tombe d’elle-même et il n’en découle nullement que le Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – fût connaisseur de poésie ou poète. En effet, citer un vers isolé, atteindre deux rimes de rajaz ou d’un autre mètre, n’implique pas que l’auteur maîtrise la science de la poésie, ni qu’on le qualifie de poète, par consensus des savants, pas plus que celui qui coud un seul fil n’est réputé tailleur.

Abû Isḥâq az-Zajjâj a dit : Le sens de la parole divine : « Wa-mā ʿallamnāhu sh-shiʿr » (Nous ne lui avons pas enseigné la poésie) est : Nous ne l’avons pas fait poète ; cela n’empêche pas qu’il puisse réciter quelque vers.

An-Naḥḥās a dit : C’est là l’une des meilleures explications données à ce sujet.

On a encore avancé qu’Allâh – Puissant et Majestueux – n’a fait qu’informer qu’Il ne lui a pas enseigné la poésie, sans dire qu’il ne récite aucun vers ; tel est le sens apparent de l’énoncé. On a proposé, à ce propos, une explication claire dont l’auteur prétend qu’elle fait l’unanimité des linguistes : toute parole métrique prononcée sans intention poétique n’est pas considérée comme de la poésie, elle ne fait que coïncider avec la métrique ; c’est là un propos manifeste.

Ils disent : Ce qu’Allâh a nié à Son Prophète – sur lui la paix – c’est la connaissance de la poésie, de ses genres, de ses mètres, de ses rimes et le fait d’en faire profession ; il n’a jamais été décrit ainsi, de l’avis unanime. Ne vois-tu pas que Quraych se consultait afin de décider ce qu’ils diraient aux Arabes lorsqu’ils viendraient pour la saison ? Certains dirent : « Nous dirons qu’il est poète. » Les plus clairvoyants d’entre eux dirent : « Par Allâh, les Arabes vous démentiront, car ils savent… »

لَا يَكُونُ مِنْ مَنْهُوكِ الرَّجَزِ إِلَّا بِالْوَقْفِ عَلَى الْبَاءِ مِنْ قَوْلِهِ: " لَا كَذِبْ" ، وَمِنْ قَوْلِهِ: " عَبْدِ الْمُطَّلِبْ" . وَلَمْ يَعْلَمْ كَيْفَ قَالَهُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. قَالَ ابْنُ العربي: والأظهر من حال أَنَّهُ قَالَ: " لَا كَذِبُ" الْبَاءُ مَرْفُوعَةٌ، وَيَخْفِضُ الْبَاءَ مِنْ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ عَلَى الْإِضَافَةِ. وَقَالَ النَّحَّاسُ قَالَ بَعْضُهُمْ: إِنَّمَا الرِّوَايَةُ بِالْإِعْرَابِ، وَإِذَا كَانَتْ بِالْإِعْرَابِ لَمْ يَكُنْ شِعْرًا، لِأَنَّهُ إِذَا فَتَحَ الْبَاءَ مِنَ الْبَيْتِ الْأَوَّلِ أَوْ ضَمَّهَا أَوْ نَوَّنَهَا، وَكَسَرَ الْبَاءَ مِنَ الْبَيْتِ الثَّانِي خَرَجَ عَنْ وَزْنِ الشِّعْرِ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: لَيْسَ هَذَا الْوَزْنُ مِنَ الشِّعْرِ. وَهَذَا مُكَابَرَةُ الْعِيَانِ، لِأَنَّ أَشْعَارَ الْعَرَبِ عَلَى هَذَا قَدْ رَوَاهَا الْخَلِيلُ وَغَيْرُهُ. وَأَمَّا قَوْلُهُ: " هَلْ أَنْتِ إِلَّا إِصْبَعٌ دَمِيَتِ" فَقِيلَ إِنَّهُ مِنْ بَحْرِ السَّرِيعِ، وَذَلِكَ لَا يَكُونُ إِلَّا إِذَا كُسِرَتِ التَّاءُ مِنْ دَمِيَتِ، فَإِنْ سُكِّنَ لَا يَكُونُ شِعْرًا بِحَالٍ، لِأَنَّ هَاتَيْنِ الْكَلِمَتَيْنِ عَلَى هَذِهِ الصِّفَةِ تَكُونُ فَعُولٌ، وَلَا مَدْخَلَ لِفَعُولٍ فِي بَحْرِ السَّرِيعِ. وَلَعَلَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَهَا سَاكِنَةَ التَّاءِ أَوْ مُتَحَرِّكَةَ التَّاءِ مِنْ غَيْرِ إِشْبَاعٍ. وَالْمُعَوَّلُ عَلَيْهِ فِي الِانْفِصَالِ عَلَى تَسْلِيمِ أَنَّ هَذَا شِعْرٌ، وَيَسْقُطُ الِاعْتِرَاضُ، وَلَا يَلْزَمُ مِنْهُ أَنْ يَكُونَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عالما بالشعر ولا شاعر أَنَّ التَّمَثُّلَ بِالْبَيْتِ النَّزْرِ وَإِصَابَةَ الْقَافِيَتَيْنِ مِنَ الرَّجَزِ وَغَيْرِهِ، لَا يُوجِبُ أَنْ يَكُونَ قَائِلُهَا عَالِمًا بِالشِّعْرِ، وَلَا يُسَمَّى شَاعِرًا بِاتِّفَاقِ الْعُلَمَاءِ، كَمَا أَنَّ مَنْ خَاطَ خَيْطًا لَا يَكُونُ خَيَّاطًا. قَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: مَعْنَى: " وَمَا علمناه الشعر" وما علمنا هـ أَنْ يُشْعِرَ أَيْ مَا جَعَلْنَاهُ شَاعِرًا، وَهَذَا لَا يَمْنَعُ أَنْ يُنْشِدَ شَيْئًا مِنَ الشِّعْرِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا مِنْ أَحْسَنِ مَا قِيلَ فِي هَذَا. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّمَا خَبَّرَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَنَّهُ مَا عَلَّمَهُ اللَّهُ الشِّعْرَ وَلَمْ يُخْبِرْ أَنَّهُ لَا يُنْشِدُ شِعْرًا، وَهَذَا ظَاهِرُ الْكَلَامِ. وَقِيلَ فِيهِ قَوْلٌ بَيِّنٌ، زَعَمَ صَاحِبُهُ أَنَّهُ إِجْمَاعٌ مِنْ أَهْلِ اللُّغَةِ، وَذَلِكَ أَنَّهُمْ قَالُوا: كُلُّ مَنْ قَالَ قَوْلًا مَوْزُونًا لَا يَقْصِدُ بِهِ إِلَى شِعْرٍ فَلَيْسَ بِشِعْرٍ وَإِنَّمَا وَافَقَ الشِّعْرَ. وَهَذَا قَوْلٌ بَيِّنٌ. قَالُوا: وَإِنَّمَا الَّذِي نَفَاهُ اللَّهُ عَنْ نَبِيِّهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ فَهُوَ الْعِلْمُ بِالشِّعْرِ وَأَصْنَافِهِ، وَأَعَارِيضِهِ وَقَوَافِيهِ وَالِاتِّصَافِ بِقَوْلِهِ، وَلَمْ يَكُنْ مَوْصُوفًا بِذَلِكَ بِالِاتِّفَاقِ. أَلَا تَرَى أَنَّ قُرَيْشًا تَرَاوَضَتْ فِيمَا يَقُولُونَ لِلْعَرَبِ فِيهِ إِذَا قَدِمُوا عَلَيْهِمُ الْمَوْسِمَ، فَقَالَ بَعْضُهُمْ: نَقُولُ إِنَّهُ شَاعِرٌ. فَقَالَ أَهْلُ الْفِطْنَةِ مِنْهُمْ: وَاللَّهِ لَتُكَذِّبَنَّكُمُ الْعَرَبُ، فَإِنَّهُمْ يَعْرِفُونَ

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