Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il récita un jour :
« Voudrais-tu livrer mon butin et celui des gens…
en otage entre al-Aqraʿ et ʿUyaynah ? »

Il arrivait – que la prière et la paix soient sur lui – qu’il déclame, mais très rarement, un vers composé sur le mètre “al-Mustaqîm”.
On rapporte ainsi qu’il récita ce vers d’ʿAbd Allâh b. Rawâḥa :
« Dans une demeure où son flanc se détourne de la couche,
quand les lits s’alourdissent des polythéistes. »

Al-Ḥasan b. Abî al-Ḥasan a dit : le Prophète – paix et salut sur lui – récita le vers suivant :
« Il suffit à l’homme, pour le retenir, que l’Islâm et les cheveux blancs. »

Abû Bakr – qu’Allâh l’agrée – lui fit remarquer :
« Ô Messager d’Allâh, le poète a seulement dit :
Hurayrah, adieu si, de bon matin, tu prends la route…
Il suffit à l’homme, pour le freiner, que les cheveux blancs et l’Islâm. »

Alors Abû Bakr – ou ʿUmar – déclara : « J’atteste que tu es assurément le Messager d’Allâh », faisant allusion à la Parole du Très-Haut :
« Nous ne lui avons pas enseigné la poésie et il ne lui sied pas » (Yâ-Sîn, 69).

Al-Khalîl b. Aḥmad rapporte : « La poésie plaisait davantage au Messager d’Allâh – que la prière et la paix soient sur lui – que bien d’autres formes de discours, mais elle ne se laissait pas aisément à lui. »

Deuxième point : ce n’est pas parce qu’il atteignait parfois la cadence métrique que cela prouve qu’il connaissait la poésie ; de même, certains passages de sa prose peuvent, à l’occasion, coïncider avec un rythme poétique, comme lorsqu’il dit le jour de Ḥunayn, entre autres :
« N’es-tu qu’un doigt ensanglanté ?
Et pour la cause d’Allâh, que n’as-tu enduré ! »

ou encore :
« Je suis le Prophète, point de mensonge ;
je suis le fils de ʿAbd al-Muṭṭalib. »

Il en va de même dans certains versets du Coran et dans tout discours ; cela n’en fait ni de la poésie ni quelque chose d’assimilable, tels les versets :
« Vous n’atteindrez la piété que lorsque vous dépenserez de ce que vous aimez. » (Âl ʿImrân, 92),
« Une victoire d’Allâh et une conquête prochaine » (aṣ-Ṣaff, 13),
« des coupes pareilles à des bassins, et des chaudrons bien ancrés » (Sabaʾ, 13),
et bien d’autres encore.
Ibn al-ʿArabî en a recensé plusieurs, les a examinés et a montré qu’ils échappent au mètre.

Abû l-Ḥasan al-Akhfash a dit, au sujet du vers :
« Je suis le Prophète, point de mensonge »
que cela n’est pas de la poésie.
Al-Khalîl a écrit dans le Kitâb al-ʿAyn : « Tout ce qui vient sous forme de sajʿ (prose rimée) en deux membres n’est pas de la poésie. » Il est aussi rapporté de lui qu’il considérait ce vers comme appartenant au “raǧaz écourté”.

Et l’on a dit :

وأنشد يوما: أتجعل نهبي ونهب العب ... وئد بَيْنَ الْأَقْرَعِ وَعُيَيْنَةَ وَقَدْ كَانَ عَلَيْهِ السَّلَامُ ربما أنشد بيت الْمُسْتَقِيمَ فِي النَّادِرِ. رُوِيَ أَنَّهُ أَنْشَدَ بَيْتَ عبد الله بن رواحة: ببيت يجافي جنبة عن فراشه ... وإذا اسْتَثْقَلَتْ بِالْمُشْرِكِينَ الْمَضَاجِعُ وَقَالَ الْحَسَنُ بْنُ أَبِي الْحَسَنِ: أَنْشَدَ النَّبِيُّ عَلَيْهِ السَّلَامُ: كَفَى بِالْإِسْلَامِ وَالشَّيْبِ لِلْمَرْءِ نَاهِيًا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّمَا قَالَ الشاعر: هريرة ودع إن تجهزت غاديا ... وكفى الشَّيْبُ وَالْإِسْلَامُ لِلْمَرْءِ نَاهِيَا فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ أَوْ عُمَرَ: أَشْهَدُ أَنَّكَ رَسُولُ اللَّهِ، يَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " وَمَا عَلَّمْنَاهُ الشِّعْرَ وَمَا يَنْبَغِي لَهُ" . وَعَنِ الْخَلِيلِ بْنِ أَحْمَدَ: كَانَ الشِّعْرُ أَحَبَّ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ كَثِيرٍ مِنَ الْكَلَامِ، وَلَكِنْ لَا يَتَأَتَّى لَهُ. الثَّانِيَةُ- إِصَابَتُهُ الْوَزْنَ أَحْيَانًا لَا يُوجِبُ أَنَّهُ يَعْلَمُ الشِّعْرَ، وَكَذَلِكَ مَا يَأْتِي أَحْيَانًا مِنْ نَثْرِ كَلَامِهِ مَا يَدْخُلُ في ورن، كقول يَوْمَ حُنَيْنٍ وَغَيْرِهِ: (هَلْ أَنْتِ إِلَّا إِصْبَعٌ دَمِيَتِ ... وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ مَا لَقِيَتِ) وَقَوْلُهُ: (أنا النبي لا كذب ... وأنا ابْنُ عَبْدِ الْمُطَّلِبْ) فَقَدْ يَأْتِي مِثْلَ ذَلِكَ فِي آيَاتِ الْقُرْآنِ، وَفِي كُلِّ كَلَامٍ، وَلَيْسَ ذَلِكَ شِعْرًا وَلَا فِي مَعْنَاهُ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " لَنْ تَنالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ" [آل عمران: ٩٢] ، وقوله: " نَصْرٌ مِنَ اللَّهِ وَفَتْحٌ قَرِيبٌ" [الصف: ١٣] ، وقوله: " وَجِفانٍ كَالْجَوابِ وَقُدُورٍ راسِياتٍ" [سبأ: ١٣] إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنَ الْآيَاتِ. وَقَدْ ذَكَرَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ مِنْهَا آيَاتٍ وَتَكَلَّمَ عَلَيْهَا وَأَخْرَجَهَا عَنِ الْوَزْنِ، عَلَى أَنَّ أَبَا الْحَسَنِ الْأَخْفَشَ قَالَ فِي قَوْلِ: (أَنَا النَّبِيُّ لَا كَذِبْ) لَيْسَ بِشِعْرٍ. وَقَالَ الْخَلِيلُ فِي كِتَابِ الْعَيْنِ: إِنَّ مَا جَاءَ مِنَ السَّجْعِ عَلَى جُزْأَيْنِ لَا يَكُونُ شِعْرًا. وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ مِنْ مَنْهُوكِ الرَّجَزِ. وَقَدْ قِيلَ:

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