Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :
« Et à quiconque Nous accordons une longue vie, Nous le faisons retomber à l’état de décrépitude de la création. »

– ‘Âsîm et Ḥamza lisent : « nunnakkis-hu » (avec la ḍamma sur la première nûn et la shadda sur le kâf), forme intensive issue de « tankyīs » ;
– Les autres lecteurs récitent : « nankus-hu » (avec la fatḥa sur la première nûn et la ḍamma sur le kâf), provenant du verbe « nakastu sh-shay’a – ankusuhu – naksan », c’est-à-dire : je renverse une chose sur sa tête, de sorte qu’elle se retrouve à l’envers.

Qatâda dit : le sens est qu’il revient à l’état de sénilité qui ressemble à celui de l’enfance.

Sufyân a commenté la Parole du Très-Haut : « Et à quiconque Nous accordons une longue vie, Nous le faisons retomber… » ; il a dit : lorsque l’homme atteint quatre-vingts ans, son corps se transforme et ses forces s’affaiblissent.

Le poète a dit :
« Quiconque vit longtemps, les jours effritent sa fraîcheur,
et ses deux confiances – l’ouïe et la vue – le trahissent. »

La longueur de la vie fait donc du jeune un vieillard, de la force une faiblesse, et du surcroît une diminution ; tel est le plus fréquent. Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – cherchait protection contre le fait d’être ramené à l’âge le plus vil (arḍhal al-‘umr). L’explication de cela a déjà été donnée dans la sourate An-Naḥl.

« Ne raisonnent-ils donc point ? »
C’est-à-dire : Celui qui agit ainsi à votre égard est à même de vous ressusciter.

Nāfi‘ et Ibn Dhakwân ont lu « ta‘qilūn » avec tâʾ initiale ; les autres, avec yâʾ : « ya‘qilūn ».

[Sourate Yâ-Sîn, versets 69 à 70]
« Nous ne lui avons pas enseigné la poésie ; cela ne lui sied pas. Il ne s’agit que d’un Rappel et d’un Coran explicite, (69) afin qu’il avertisse quiconque est vivant, et que la Parole se réalise contre les mécréants. » (70)

Parole du Très-Haut : « Nous ne lui avons pas enseigné la poésie, et cela ne lui convient pas… »
Elle comporte quatre questions :
Premièrement : le Très-Haut informe de l’état de Son Prophète – paix et bénédictions sur lui – et réfute la parole des mécréants qui disaient qu’il est poète et que le Coran est poésie, par Sa Parole : « Nous ne lui avons pas enseigné la poésie et elle ne lui sied point. » De fait, le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – ne composait pas de poésie, n’en scandait pas le mètre ; lorsqu’il tentait de réciter un vieux vers pour s’en inspirer, il en brisait la métrique ; il ne saisissait que le sens, rien de plus – paix et bénédictions sur lui.

Ainsi, un jour, il récita – en la trébuchant – le vers de Ṭarafa :
« Les jours te révéleront ce que tu ignorais,
et t’amènera celui à qui tu n’avais pas confié la nouvelle. »

Un autre jour, à qui l’interrogeait : « Qui est le meilleur des poètes ? » il répondit : « Celui qui a dit :
« Ne voyez-vous donc pas que chaque fois que j’arrive de nuit
je la trouve pourvue, même si elle n’a pas préparé de parfum ? » »

قوله تعالى: " وَمَنْ نُعَمِّرْهُ نُنَكِّسْهُ فِي الْخَلْقِ" قَرَأَ عَاصِمٌ وَحَمْزَةُ " نُنَكِّسْهُ" بِضَمِّ النُّونِ الْأُولَى وَتَشْدِيدِ الْكَافِ مِنَ التَّنْكِيسِ. الْبَاقُونَ " نَنْكُسْهُ" بِفَتْحِ النُّونِ الْأُولَى وَضَمِّ الْكَافِ مِنْ نَكَسْتُ الشَّيْءَ أَنْكُسُهُ نَكْسًا قَلَبْتُهُ عَلَى رَأْسِهِ فَانْتَكَسَ. قَالَ قَتَادَةُ: الْمَعْنَى أَنَّهُ يَصِيرُ إِلَى حَالِ الْهَرَمِ الَّذِي يُشْبِهُ حَالَ الصِّبَا. وَقَالَ سُفْيَانُ فِي قول تَعَالَى: " وَمَنْ نُعَمِّرْهُ نُنَكِّسْهُ فِي الْخَلْقِ" إِذَا بَلَغَ ثَمَانِينَ سَنَةً تَغَيَّرَ جِسْمُهُ وَضَعُفَتْ قُوَّتُهُ. قَالَ الشَّاعِرُ: مَنْ عَاشَ أَخَلَقَتِ الْأَيَّامَ جِدَّتَهُ ... وَخَانَهُ ثِقَتَاهُ السَّمْعُ وَالْبَصَرُ فَطُولَ الْعُمُرِ يُصَيِّرُ الشَّبَابَ هَرَمًا، وَالْقُوَّةَ ضَعْفًا، وَالزِّيَادَةَ نَقْصًا، وَهَذَا هُوَ الْغَالِبُ. وَقَدْ تَعَوَّذَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ أَنْ يُرَدَّ إِلَى أَرْذَلِ الْعُمُرِ. وقد فِي النَّحْلِ بَيَانُهُ. " «١» أَفَلا يَعْقِلُونَ" أَنَّ مَنْ فَعَلَ هَذَا بِكُمْ قَادِرٌ عَلَى بَعْثِكُمْ. وَقَرَأَ نافع وابن ذكوان أَنَّ مَنْ فَعَلَ هَذَا بِكُمْ قَادِرٌ عَلَى بَعْثِكُمْ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ ذَكْوَانَ: " تَعْقِلُونَ" بِالتَّاءِ. الباقون بالياء ". [سورة يس (٣٦) : الآيات ٦٩ الى ٧٠] وَما عَلَّمْناهُ الشِّعْرَ وَما يَنْبَغِي لَهُ إِنْ هُوَ إِلاَّ ذِكْرٌ وَقُرْآنٌ مُبِينٌ (٦٩) لِيُنْذِرَ مَنْ كانَ حَيًّا وَيَحِقَّ الْقَوْلُ عَلَى الْكافِرِينَ (٧٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَما عَلَّمْناهُ الشِّعْرَ وَما يَنْبَغِي لَهُ " فيه أربع مسائل: لا أولى- أَخْبَرَ تَعَالَى عَنْ حَالِ نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَرَدَّ قَوْلَ مَنْ قَالَ مِنَ الْكُفَّارِ إِنَّهُ شَاعِرٌ، وَإِنَّ الْقُرْآنَ شِعْرٌ، بِقَوْلِهِ: " وَما عَلَّمْناهُ الشِّعْرَ وَما يَنْبَغِي لَهُ" وَكَذَلِكَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَا يَقُولُ الشِّعْرَ وَلَا يَزِنُهُ، وَكَانَ إِذَا حَاوَلَ إِنْشَادَ بَيْتٍ قَدِيمٍ مُتَمَثِّلًا كَسَرَ وَزْنَهُ، وَإِنَّمَا كَانَ يُحْرِزُ الْمَعَانِيَ فَقَطْ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. مِنْ ذَلِكَ أَنَّهُ أَنْشَدَ يَوْمًا قَوْلَ طَرَفَةَ: سَتُبْدِي لَكَ الْأَيَّامُ مَا كُنْتَ جَاهِلًا ... وويأتيك مَنْ لَمْ تُزَوِّدْهُ بِالْأَخْبَارِ وَأَنْشَدَ يَوْمًا وَقَدْ قِيلَ لَهُ مَنْ أَشْعَرُ النَّاسِ فَقَالَ الَّذِي يَقُولُ: أَلَمْ تَرَيَانِي كُلَّمَا جِئْتُ طَارِقًا ... وَجَدْتُ بِهَا وإن لم تطب طيبا
(١). راجع ج ١٠ ص ١٤٠ وما بعدها طبعه أولى أو ثانيه.

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