[Coran, sourate Yâ-Sîn (36), versets 65-68]
« Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, leurs mains Nous parleront et leurs pieds témoigneront de ce qu’ils acquéraient. (65)
Et si Nous voulions, Nous effacerions leurs yeux; alors ils se hâteraient vers le sentier, mais comment pourraient-ils voir ? (66)
Et si Nous voulions, Nous les métamorphoserions sur place; ils ne pourraient alors ni avancer ni revenir. (67)
Et quiconque Nous faisons vivre longtemps, Nous le faisons revenir à l’état inverse de la création; ne raisonnent-ils donc pas ? » (68)
Parole du Très-Haut :
« Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, leurs mains Nous parleront et leurs pieds témoigneront de ce qu’ils acquéraient… »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Anas ibn Mâlik rapporte : « Nous étions auprès du Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — lorsqu’il se mit à sourire. Il dit alors : “Savez-vous pourquoi je souris ?” Nous répondîmes : “Allah et Son Messager savent mieux.” Il dit : “C’est à cause du dialogue qu’aura le serviteur avec son Seigneur. Il dira : ‘Ô Seigneur ! Ne m’as-Tu pas interdit l’injustice ?’ Il dira : ‘Bien sûr.’ Le serviteur dira : ‘Je ne permets donc contre moi aucun témoin provenant de moi-même.’ Alors il sera dit : ‘Il te suffit aujourd’hui de te prendre toi-même à témoin, ainsi que les nobles scribes.’ Puis sa bouche sera scellée et l’on dira à ses membres : ‘Parlez !’ Ils relateront alors ses œuvres. Ensuite on lui rendra la parole et il dira : ‘Malheur à vous et à votre perte ! C’est pour vous que je plaidais !’ »
Muslim l’a également rapporté d’après Abû Hurayra ; on y lit encore :
« Puis on lui dira : ‘Désormais, Nous dépêchons Notre témoin contre toi.’ Il se demandera en lui-même : ‘Quel est donc ce témoin qui va témoigner contre moi ?’ Sa bouche sera scellée et l’on dira à sa cuisse (ainsi qu’à sa chair et à ses os) : ‘Parlez !’ Sa cuisse, sa chair et ses os témoigneront alors de ses actes. Cela, afin qu’il n’ait plus d’excuse à invoquer contre lui-même. Tel est l’hypocrite, tel est celui contre qui Allah est courroucé. »
At-Tirmidhî rapporte, d’après Muʿâwiya ibn Ḥayda, que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit, en montrant de la main la direction du Shâm : « C’est d’ici à là que vous serez rassemblés, montés, à pied ou traînés sur vos visages, le Jour de la Résurrection; sur vos bouches sera une bride. Vous représenterez soixante-dix nations; vous êtes la meilleure d’entre elles et la plus noble auprès d’Allah. Le premier membre d’entre vous qui s’exprimera sera sa cuisse » — et, dans une autre version : « sa cuisse et sa main. »
Al-Fidâm est, selon al-Layth, le tamis que l’on place sur le col d’une cruche ou d’un pichet. Abû ʿUbayd dit : « On leur interdit la parole jusqu’à ce que leurs cuisses parlent; il a comparé cela au fidâm que l’on fixe à l’aiguière. »
Puis quatre raisons ont été avancées pour expliquer ce scellement :
La première : parce qu’ils dirent