« toute chose qu’ils revendiquent » : qui serait, selon les lectures, une paix (dhâ salâmin), une sécurité (salâmah) ou un salut parfait (maslaman). D’après cette opinion, il ne convient pas de s’arrêter, lors de la récitation, sur le mot : « yaddaʿûna ».
Muḥammad b. Kaʿb al-Quraẓî a, pour sa part, lu : « silmun » en reprenant la phrase, comme s’il disait : « C’est pour eux un accord pacifique dans lequel nul ne conteste ». Dans ce cas, « Wa-lahum mâ yaddaʿûna » forme une proposition complète.
Il est également permis de considérer « salâmun » comme un substitut de l’expression : « wa-lahum mâ yaddaʿûna », le prédicat de « mâ yaddaʿûna » étant alors « lahum ». On peut encore faire de « salâmun » un second prédicat ; le sens serait alors : « il leur appartient, à titre exclusif, sans qu’aucun rival ne s’y mêle ».
Le terme « qawlan » est un masdar : « Allâh – Exalté soit-Il – l’a dit comme parole », ou : « Il le dira comme parole » ; la forme nominale renvoie ici au verbe sous-entendu. Il se peut aussi que le sens soit : « Et ils auront ce qu’ils réclameront, à titre de promesse (qawlan) de la part d’Allâh ». Dans cette seconde interprétation, il ne convient pas non plus de s’arrêter sur « yaddaʿûna ».
As-Sijistânî a dit : s’arrêter sur le mot « salâmun » serait une pause complète ; c’est cependant une erreur, car l’expression « qawlan » qui suit n’appartient pas à ce qui précède.
Parole du Très-Haut :
« Séparez-vous aujourd’hui, ô criminels ! »
On dit : tamayyazû, amâzû, imtâzû – tous avec le même sens ; on dit aussi : miztuhu, alors il s’est isolé (an-mâza, imtâza), et : mayyaztuhu, alors il s’est distingué (tamayyaza). L’ordre leur sera donné à l’arrêt pour l’interrogatoire, quand les gens du Paradis seront envoyés vers le Paradis : « Sortez de leur rang ».
Qatâda a commenté : « Ils seront exclus de tout bien ».
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « Les criminels se sépareront les uns des autres : les Juifs formeront un groupe, les Chrétiens un autre, les Mazdéens un autre, les Sabéens un autre, et les adorateurs des idoles un autre ».
Il a ajouté encore : « Pour chaque groupe il existe, dans le Feu, une demeure dans laquelle il entrera et dont la porte sera refermée ».
Dâwud b. al-Jarrâḥ a déclaré : « Les musulmans se distingueront des criminels, à l’exception des gens des passions (les sectaires), qui seront rangés avec les criminels ».
[Coran, sûrat Yâ-Sîn (36), versets 60 à 64]
60. « Ne vous ai-Je pas pris engagement, ô fils d’Adam, de ne pas adorer Satan ? Car, pour vous, il est un ennemi déclaré.
61. Et (de vous engager) à M’adorer ? Voilà un sentier droit.
62. Il a pourtant égaré parmi vous une multitude innombrable. Ne raisonniez-vous donc pas ?
63. Voici la Géhenne que l’on vous promettait.
64. Brûlez-y aujourd’hui pour le mécrédisme que vous professiez. »