Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Ont-ils obéi à Moi et gardé Mon alliance sans Me voir ? »

Alors ils se lèvent, leurs visages rayonnant comme la pleine lune, scintillants tels les étoiles resplendissantes. Ils sont juchés sur des montures de lumière, dont les rênes sont de rubis : ces montures les portent au-dessus des têtes des créatures jusqu’à ce qu’ils se tiennent devant le Trône.

Allah – glorifié et exalté soit-Il – leur dira :
« Paix sur Mes serviteurs qui M’ont obéi et ont préservé Mon pacte dans l’invisible. C’est Moi Qui vous ai élus, c’est Moi Qui vous ai choisis et c’est Moi Qui vous ai distingués. Allez, entrez au Paradis sans compte à rendre, car “Aujourd’hui, nul effroi ne pèsera sur vous et vous ne serez point affligés.” » [Az-Zukhruf, 68]

Ils traverseront alors le Sirât avec la rapidité d’un éclair fulgurant, et les portes du Paradis s’ouvriront devant eux.

Pendant ce temps, les autres créatures demeurent arrêtées sur l’esplanade de la Résurrection ; les uns diront aux autres : « Ô mon peuple, où sont untel et untel ? » – tandis qu’ils s’interrogent mutuellement. Un héraut proclamera : « Ce jour, les hôtes du Paradis sont occupés à jouir. »

Le terme shughul et sa variante shugl sont deux lectures reconnues, à l’instar de ruʿub/ruʿb et suḥut/suḥt mentionnées auparavant.(1)

Quant au mot fākihūn :
– Al-Ḥasan a dit : « heureux » ;
– Ibn ʿAbbās : « réjouis » ;
– Mujāhid et Ad-Ḍaḥḥāk : « émerveillés » ;
– As-Suddi : « comblés de bien-être » ;
les sens se rejoignent. Le terme fukāhah renvoie à la plaisanterie et aux paroles agréables.

Abû Jaʿfar, Shaybah et Al-Aʿraj ont lu fakihūn, sans alif ; les deux formes sont admises, comme fārih/farih, ḥādhir/ḥadhar, selon Al-Farrāʾ.

Al-Kisâʾî et Abû ʿUbaydah disent : le fākih (avec alif) est celui qui jouit des fruits, à l’image de shāḥim, lāḥim, tāmir, lābin, tandis que le fakih (sans alif) est celui qui se divertit et se délecte. Chez Qatādah, fakihūn (sans alif) signifie « émerveillés ».

Abû Zayd rapporte : on décrit un homme comme fakih lorsqu’il est d’humeur joyeuse, rieur.

Ṭalḥah b. Muṣarrif a lu fākihīn, à l’accusatif, comme complément circonstanciel.

« Eux et leurs épouses seront à l’ombre, accoudés sur des lits canopés. »
Cette proposition comprend un sujet et son attribut. Il est également permis de considérer « eux » comme renforcement, « leurs épouses » étant coordonné au pronom, et « accoudés » comme adjectif se rapportant à « fākihūn ».

La récitation courante lit « fi ẓilāl » – avec kasra du ẓāʾ et maintien de l’alif. Ibn Masʿūd, ʿUbayd b. ʿUmayr, Al-Aʿmash, Yaḥyā, Ḥamzah, Al-Kisâʾî et Khalaf lisent « fi ẓulal » – ḍamma du ẓāʾ et sans alif ; ẓilāl est le pluriel de ẓill (ombre) tandis que ẓulal est le pluriel de ẓullah (auvent).

« Sur des arâʾik » – c’est-à-dire des trônes sertis dans des dais, le singulier étant arîkah, à l’instar de safînah/safāʾin.

Le poète a dit :
« Tel le rougissement de la rose brillant sur ses rameaux,
à l’heure du matin, dans un jardin qui sourit,
les joues de jeunes filles pudiques, rougissantes de réserve,
se balancent avec le basilic au-dessus des trônes. »

أَطَاعُونِي وَحَفِظُوا عَهْدِي بِالْغَيْبِ؟ فَيَقُومُونَ كَأَنَّمَا وُجُوهُهُمُ البدر والكو كب الدُّرِّيُّ، رُكْبَانًا عَلَى نُجُبٍ مِنْ نُورٍ أَزِمَّتُهَا مِنَ الْيَاقُوتِ، تَطِيرُ بِهِمْ عَلَى رُءُوسِ الْخَلَائِقِ، حَتَّى يَقُومُوا بَيْنَ يَدَيِ الْعَرْشِ، فَيَقُولُ اللَّهُ جَلَّ وَعَزَّ لَهُمُ: السَّلَامُ عَلَى عِبَادِيَ الَّذِينَ أَطَاعُونِي وَحَفِظُوا عَهْدِي بِالْغَيْبِ، أَنَا اصْطَفَيْتُكُمْ وَأَنَا أَجْتَبَيْتُكُمْ وَأَنَا اخْتَرْتُكُمْ، اذْهَبُوا فَادْخُلُوا الْجَنَّةَ بِغَيْرِ حِسَابٍ فَ " لَا خَوْفٌ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ وَلا أَنْتُمْ تَحْزَنُونَ" [الزخرف: ٦٨] (فَيَمُرُّونَ عَلَى الصِّرَاطِ كَالْبَرْقِ الْخَاطِفِ فَتُفْتَحُ لَهُمْ أَبْوَابُهَا. ثُمَّ إِنَّ الْخَلْقَ فِي الْمَحْشَرِ مَوْقُوفُونَ فَيَقُولُ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ: يَا قَوْمِ أَيْنَ فُلَانٌ وَفُلَانٌ، وَذَلِكَ حِينَ يَسْأَلُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا فَيُنَادِي مُنَادٍ " إِنَّ أَصْحابَ الْجَنَّةِ الْيَوْمَ فِي شُغُلٍ فاكِهُونَ" . وَ " شُغُلٍ" وَ " شُغْلٌ" لُغَتَانِ قُرِئَ بِهِمَا، مِثْلَ الرُّعُبِ وَالرُّعْبِ، وَالسُّحُتِ وَالسُّحْتِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ. " «١» فاكِهُونَ" قَالَ الْحَسَنُ: مَسْرُورُونَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فَرِحُونَ. مُجَاهِدٌ وَالضَّحَّاكُ: مُعْجَبُونَ. السُّدِّيُّ: نَاعِمُونَ. وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. وَالْفُكَاهَةُ الْمِزَاحُ وَالْكَلَامُ الطَّيِّبُ. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَشَيْبَةُ وَالْأَعْرَجُ: فَكِهُونَ " بِغَيْرِ أَلِفٍ وَهُمَا لُغَتَانِ كَالْفَارِهِ وَالْفَرِهِ، وَالْحَاذِرِ وَالْحَذِرِ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ وَأَبُو عُبَيْدَةَ: الْفَاكِهُ ذُو الْفَاكِهَةِ، مِثْلُ شَاحِمٍ وَلَاحِمٍ وَتَامِرٍ وَلَابِنٍ، وَالْفَكِهُ الْمُتَفَكِّهُ وَالْمُتَنَعِّمُ. وَ" فَكِهُونَ " بِغَيْرِ أَلِفٍ فِي قَوْلِ قَتَادَةَ مُعْجَبُونَ. وَقَالَ أَبُو زَيْدٍ: يُقَالُ رَجُلٌ فَكِهٌ إِذَا كَانَ طَيِّبَ النَّفْسِ ضَحُوكًا. وَقَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ: " فاكِهِينَ " نَصَبَهُ عَلَى الْحَالِ." هُمْ وَأَزْواجُهُمْ فِي ظِلالٍ عَلَى الْأَرائِكِ مُتَّكِؤُنَ " مُبْتَدَأٌ وَخَبَرُهُ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ" هُمْ " تَوْكِيدًا" وَأَزْواجُهُمْ " عطف على المضمر، و" مُتَّكِؤُنَ " نَعْتٌ لِقَوْلِهِ" فاكِهُونَ ". وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ: " فِي ظِلالٍ " بِكَسْرِ الظَّاءِ وَالْأَلِفِ. وَقَرَأَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَعُبَيْدُ بْنُ عُمَيْرٍ وَالْأَعْمَشُ وَيَحْيَى وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَخَلَفٌ: " فِي ظُلَلٍ بِضَمِّ الظَّاءِ مِنْ غَيْرِ أَلِفٍ، فَالظِّلَالُ جَمْعُ ظِلٍّ، وَظُلَلٌ جَمْعُ ظُلَّةٍ. " عَلَى الْأَرائِكِ" يَعْنِي السُّرُرَ فِي الْحِجَالِ وَاحِدُهَا أَرِيكَةٌ، مِثْلَ سَفِينَةٍ وَسَفَائِنَ، قَالَ الشَّاعِرُ: كَأَنَّ احْمِرَارَ الْوَرْدِ فَوْقَ غُصُونِهِ ... بِوَقْتِ الضُّحَى فِي رَوْضَةِ الْمُتَضَاحِكِ خُدُودُ عَذَارَى قَدْ خَجِلْنَ مِنَ الْحَيَا ... تهادين بالريحان فوق الأرائك
(١). راجع ج ٦ ص ١٨٤ طبعه أو ثانية.

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