Ibn ‘Abbâs et Qatâdah – qu’Allah leur fasse miséricorde – rapportèrent ce qui suit.
Les exégètes du sens déclarent : Lorsque les mécréants seront mis en présence de la Géhenne et verront la diversité des supplices qu’elle renferme, le châtiment qu’ils subissaient dans leurs tombes paraîtra, par comparaison, n’être qu’un simple sommeil.
Mujâhid dit : Alors les croyants leur diront : « Voilà ce qu’avait promis le Tout-Miséricordieux ».
Qatâdah commente : Ceux qu’Allah a guidés leur diront : « Voilà ce qu’avait promis le Tout-Miséricordieux ».
Al-Farâ’ ajoute : Les anges leur diront : « Voilà ce qu’avait promis le Tout-Miséricordieux ».
An-Nahhâs précise : Toutes ces affirmations concordent, car les anges font partie des croyants et de ceux qu’Allah – Très-Haut – a guidés. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la parole divine : « Certes, ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres – ceux-là sont la meilleure des créatures » (Coran 98 : 7), ainsi que le hadith : « Le croyant est, auprès d’Allah, meilleur que toute autre créature. »
Il est donc permis de considérer que les anges, ou d’autres croyants, dirent aux impies : « Voilà ce qu’avait promis le Tout-Miséricordieux. »
On a également dit : Lorsque les mécréants dirent les uns aux autres : « Qui nous a ressuscités de notre couche ? », ils reconnurent la véracité des messagers après avoir constaté de visu ce dont ceux-ci les avaient avertis. Ils s’exclamèrent alors : « Voilà ce qu’avait promis le Tout-Miséricordieux, et les envoyés ont dit vrai. » Mais nous l’avions traité de mensonge – ils finirent par se l’avouer quand leur aveu ne leur servait plus à rien.
Hafṣ faisait une pause de récitation sur « min marqadinâ » (« de notre couche »), puis reprenait en disant : « Hâdhâ » (« Voilà »).
Abû Bakr ibn al-Anbârî dit : « Min marqadinâ » constitue un bel arrêt; on reprend ensuite par : « Hâdhâ mâ wa‘ada r-Raḥmân ». Il est également possible de s’arrêter sur « marqadinâ hâdhâ » en abaissant « hâdhâ » par assimilation au mot « marqad » puis de reprendre : « mâ wa‘ada r-Raḥmân », c’est-à-dire : « c’est la promesse du Tout-Miséricordieux qui vous a ressuscités », autrement dit : « vous a ressuscités la promesse du Tout-Miséricordieux ».
An-Nahhâs commente : La phrase est complète sur « min marqadinâ » tandis que « hâdhâ » est en position de sujet, son prédicat étant « mâ wa‘ada r-Raḥmân ». Il est toutefois possible que « hâdhâ » soit au cas indirect, en épithète de « marqadinâ » ; la pause se ferait alors sur « min marqadinâ hâdhâ ». L’expression « mâ wa‘ada r-Raḥmân » se trouve en position nominative selon trois analyses. Abû Isḥâq en mentionne deux : la première, par ellipse du mot « hâdhâ » ; la seconde, avec le sens : « Il est véridique, ce qu’a promis le Tout-Miséricordieux en vous ressuscitant ». La troisième consiste à le prendre tel quel : « ce qu’a promis le Tout-Miséricordieux ».
« Il n’y eut qu’un seul Cri » : c’est-à-dire que leur résurrection et leur retour à la vie se feront par un unique Cri – celui de l’ange Isrâfîl – lorsqu’il dira : « Ô ossements décomposés, membres dispersés, cheveux épars ! Allah vous ordonne de vous réunir pour le Jugement dernier. »
Tel est le sens de la parole du Tout-Véridique : « Le jour où ils entendront le Cri, en toute vérité ; ce sera le Jour de la Sortie » (Coran 50 : 42).
Il est également dit : « Courant, le cou tendu, vers l’appelant » (Coran 54 : 8), comme il sera expliqué.
Dans la lecture d’Ibn Mas‘ûd – si son authenticité est établie – on trouve : « Il n’y eut qu’un seul zaqyah (vacarme retentissant). »