Sourate Yâ–Sîn (36) – Versets 41 à 44
« Et un signe pour eux est que Nous avons porté leur descendance dans l’arche surchargée ;
Et Nous avons créé pour eux, de semblable, ce qu’ils montent ;
Et si Nous le voulons, Nous les noyons : ils n’auront alors ni secours qui réponde à leur appel, ni ne seront sauvés ;
— si ce n’est par une miséricorde de Notre part et à titre de jouissance jusqu’à un terme fixé. »
Commentaire
Son propos – qu’Il soit exalté : « Un signe pour eux » — comporte trois acceptions :
- Une leçon pour eux, car les signes comportent matière à méditation ;
- Un bienfait pour eux, car les signes recèlent largesse et grâce ;
- Un avertissement à leur encontre, car les signes contiennent mise en garde.
« que Nous avons porté leur descendance dans l’arche surchargée » fait partie des passages les plus délicats de la sourate, puisque ce sont eux-mêmes qui sont transportés. D’où l’explication suivante : « Un signe pour les habitants de La Mecque est que Nous avons porté la descendance des générations passées dans l’arche chargée » ; ainsi, les deux pronoms sont différents — rapporté par al-Mahdawî, et al-Naḥḥâs le cite d’après ʿAlî b. Sulaymân qui l’en a entendu.
On a également dit que les deux pronoms se réfèrent tous deux aux Mecquois ; leur « descendance » désigne alors leurs enfants et leurs faibles. Dans la première opinion, « l’arche » renvoie au vaisseau de Noé — sur lui la paix ; dans la seconde, il s’agit d’un nom générique : le Très-Haut, par Sa bonté et Sa faveur, informe qu’Il a créé les navires afin d’y faire embarquer ceux pour qui la marche ou la montée seraient pénibles parmi les protégés et les faibles ; dès lors, les deux pronoms concordent.
Une autre explication veut que « la descendance » désigne les pères et les ancêtres : Allâh — exalté soit-Il — les porta dans l’arche de Noé ; ainsi, les pères sont une descendance et les fils sont une descendance, comme l’atteste ce verset — avis rapporté d’Abû ʿUthmân. Les ancêtres sont appelés « descendance » parce que d’eux a jailli la progéniture de leurs enfants.
Quatrième opinion : « la descendance » renvoie aux gouttes de sperme qu’Allâh a portées dans les ventres des femmes, par analogie avec l’arche surchargée — parole attribuée à ʿAlî b. Abî Tâlib, qu’Allâh l’agrée, citée par al-Mâwardî. L’étymologie du terme dhurriyyah et le développement qui s’y rapporte ont été exposés en détail dans la sourate al-Baqarah.
Quant au mot al-mashḥûn, il signifie : plein, chargé ; et al-fulk peut s’entendre aussi bien au singulier qu’au pluriel, comme cela a été déjà expliqué dans la sourate Yûnus.
Sa parole — exalté soit-Il : « Et Nous avons créé pour eux, de semblable, ce qu’ils montent ». À l’origine on aurait : yarkabûnahu, mais la lettre finale hâ’ a été omise en raison de la longueur du mot et parce qu’il marque la fin d’un verset.
À propos de cette expression, trois opinions ont été avancées : selon Muǧâhid, Qatâdah et un groupe d’exégètes,