Nous n’avons visé par cela qu’à te faire contempler la puissance d’Allah – Exalté soit-Il – ; c’est ainsi qu’Il dit :
« Et la lune, Nous lui avons assigné des phases (manâzil)… »
Ainsi, lorsque le soleil se trouve dans une demeure, le croissant apparaît dans la demeure qui suit, tandis que l’aurore (l’aube) se situe deux demeures avant celle-là. Lorsque, par exemple, le soleil est dans la constellation des Thurayyâ, le vingt-cinquième jour du mois de Nîsân, l’aube se retrouve dans la demeure des Sharathân et le croissant dans celle du Dabârân. Puis, chaque nuit, la lune occupe une nouvelle demeure, de sorte qu’en vingt-huit nuits elle parcourt vingt-huit demeures. Le soleil en aura alors traversé deux, que la lune dépassera à son tour, avant de paraître dans la demeure qui suit immédiatement celle du soleil. Tel est « l’ordonnancement du Tout-Puissant, du Parfaitement Savant ».
Troisièmement, au sujet de Sa parole : « l’ancien [al-qadîm] ». Az-Zamakhsharî explique : al-qadîm désigne le palmier desséché ; lorsqu’il vieillit, il devient mince, se courbe et jaunit, et c’est par trois aspects que la lune est comparée à cet ‘urgûn ancien. On a dit aussi : la durée minimale pour que quelque chose mérite l’appellation qadîm est d’un an. Ainsi, si un homme déclare : « Tout esclave m’appartenant qui est ancien est affranchi », ou l’écrit dans son testament, est affranchi celui pour lequel une année ou davantage s’est écoulée.
Je dis : ce qui concerne les prescriptions liées aux croissants a déjà été exposé dans la sourate Al-Baqarah – louange à Allah.
[ Sourate Yâ-Sîn, 36 : verset 40 ]
« Il n’appartient pas au soleil de rattraper la lune, ni à la nuit de devancer le jour. Chacun vogue dans une orbite. »
Au sujet de Sa parole – Très-Haut : « Il n’appartient pas au soleil de rattraper la lune », le mot “soleil” est au nominatif par position de sujet initial ; la particule lâ ne peut, grammaticalement, gouverner un nom défini. Les savants ont abordé le sens de ce verset :
– Certains ont dit : son sens est que le soleil ne peut atteindre la lune et annuler sa fonction ; chacun possède un royaume propre, et nul n’empiète sur le domaine de l’autre pour en abolir l’autorité, jusqu’à ce qu’Allah annule l’ordre qu’Il a décrété ; alors le soleil se lèvera de son couchant, ainsi qu’il a été exposé à la fin de la sourate Al-An‘âm.
– D’autres ont dit : lorsque le soleil se lève, la lune n’a plus de lumière ; et lorsque la lune se lève, le soleil perd sa clarté. Ce sens est rapporté d’Ibn ‘Abbâs et d’Ad-Dahhâk.
– Mujâhid a dit : la lumière de l’un ne ressemble pas à celle de l’autre.
– Quant à Qatâdah, il a déclaré : chacun d’eux possède une limite et un repère qu’il ne transgresse pas.