D’après Mujâhid, rapportant d’Ibn ʿAbbâs à propos de la Parole d’Allah : « Et le soleil chemine vers un lieu de stabilité qui lui est assigné ». Ces deux chaînes de transmission, authentifiées à l’unanimité, invalident ce qui a été rapporté au moyen d’une chaîne faible et qui contredit la voie de la Jamâʿah ainsi que ce sur quoi la Communauté s’est accordée.
Je dis : les hadiths établis que nous avons cités réfutent son affirmation ; que d’audace envers le Livre d’Allah ! Qu’Allah le combatte !
Quant à Sa parole : « vers une demeure qui lui est propre », c’est-à-dire jusqu’à son lieu d’arrêt ; celui-ci est l’endroit où elle se fixe.
« Tel est l’Ordre… » c’est-à-dire que tout ce qui vient d’être mentionné au sujet de la nuit, du jour et du soleil relève de la détermination du Tout-Puissant, de l’Omniscient.
[Sourate Yâ-Sîn, 36 : 39]
« Et la lune, Nous lui avons assigné des phases jusqu’à ce qu’elle revienne telle l’ancien rameau recourbé d’un régime de dattes. »
Verset 39 – Il comporte trois questions :
Premièrement : Sa parole « Et la lune » : on peut en comprendre « Et un signe pour eux : la lune. » Il est également permis de considérer « la lune » comme sujet (mubtada’). Les lecteurs coufiens ont lu « et la lune » avec l’accusatif, sous-entendant un verbe, et c’est le choix d’Abû ʿUbayd qui dit : « Parce qu’un verbe précède – “Nous écorchons” – et qu’un verbe suit – “Nous lui avons fixé”. »
An-Naḥḥâs rapporte que, pour l’ensemble des grammairiens arabes – autant qu’il le sache –, l’avis contraire prévaut ; parmi eux al-Farrâ’ déclare : « Le nominatif me plaît davantage », car le mot est coordonné à ce qui précède et signifie : « Et un signe pour eux : la lune. » Quant à son argument fondé sur « Nous écorchons », il est devancé par ce qui est plus proche encore, à savoir « elle chemine », et plus haut encore « et le soleil » au nominatif. Le verbe qui suit, « Nous lui avons fixé », régit déjà le pronom.
Abû Ḥâtim dit : « Le nominatif est préférable, car le verbe en a été détourné par le pronom, si bien qu’on élève le mot au rang de sujet initial. »
On objecte : la lune n’est pas elle-même les phases ; comment donc a-t-Il dit : « Nous l’avons fixée en phases » ? Il existe deux réponses :
- « Nous l’avons fixée, à savoir, des phases », à l’instar de : « Interroge la cité » [Yusuf : 82].
- Ou bien : « Nous lui avons fixé des phases », et la préposition « lâ » a été omise, omission acceptable car le verbe régit déjà deux compléments, comme dans : « Moïse choisit parmi son peuple soixante-dix hommes » [Al-Aʿrâf : 155].
Les stations lunaires sont au nombre de vingt-huit. Chaque nuit, la lune séjourne dans l’une d’elles : al-Sharatan, al-Buṭayn, ath-Thurayyâ, ad-Dabarân, al-Haqʿah, al-Hanʿah, adh-Dhiraʿ, an-Nathrah, aṭ-Ṭarf, al-Jabhah, al-Khartân, aṣ-Ṣarfah, al-ʿAwâ’, as-Simâk, al-Ghafr, az-Zubânayân.