Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sibawayh a dit : « anna » (que) est en apposition à « kam », et le sens de « kam » ici est l’énoncé affirmatif ; c’est pourquoi il est permis de lui substituer une particule qui n’est pas interrogative.

Le sens serait donc : « N’ont-ils pas vu que les générations que Nous avons anéanties ne retournent pas vers eux ? »

Al-Farraʾ a, pour sa part, considéré que « kam » est à la place d’un complément direct et cela selon deux perspectives : la première, qu’elle dépend du verbe « yaraw » (voient) ; il appuie cela sur la lecture d’Ibn Masʿūd : « A-t-ils donc ignoré ceux que Nous avons fait périr ? » La seconde, que « kam » est accusatif régi par « ahlaknā » (Nous avons fait périr).

An-Naḥḥās objecte : la première opinion est impossible, car « kam » ne peut être régie par ce qui la précède — étant une particule interrogative — et il est exclu qu’une interrogation s’introduise dans l’information qui la précède. Il en va de même lorsqu’elle est employée comme énoncé affirmatif, même si Sibawayh a laissé entendre le contraire en faisant de « annahum » une substitution à « kam ». Muḥammad b. Yazīd a repoussé cela avec la plus grande vigueur ; pour lui, « kam » est bien objet direct de « ahlaknā », et « annahum » également à l’accusatif. Le sens devient alors : « N’ont-ils pas vu combien de générations Nous avons, avant eux, fait périr totalement ? »

Il ajoute que la preuve en est la lecture d’Abd Allāh : « [Combien] de ceux que Nous avons fait périr avant eux parmi les générations : ils ne reviennent pas vers eux. »

Al-Ḥasan a récité : « innahum ilayhim lā yarjiʿūn » (qu’ils ne reviennent pas vers eux), en cassant le hamza au titre d’une phrase indépendante.

Ce verset est un argument contre ceux qui prétendent qu’il est des créatures qui reviendraient à la vie, avant la Résurrection, après leur mort — il vise le Jour du Jugement pour la rétribution.

Ibn ʿĀmir, ʿĀṣim et Ḥamzah ont lu : « wa-in kullun lammā », en redoublant la consonne de « lammā » ; les autres ont allégé. Dans la lecture allégée, « in » est la particule allégée de la conjonctive emphatique ; ce qui la suit est sujet, et la suite — précédée obligatoirement d’une lām — en est l’attribut, son action grammaticale étant annulée par la modification de sa forme, afin de la distinguer de « in » signifiant « mā » (négation).

Pour Abū ʿUbaydah, le mot « mā » est surabondant ; le sens sous-entendu est : « et il n’y a pas un seul [d’entre eux] qui ne soit tous rassemblés. »

Al-Farraʾ précise : celui qui durcit prononce « lammā » avec le sens de « illā » (sauf), et « in » avec le sens de « mā », c’est-à-dire : « Il n’y a pas un seul [d’entre eux] qui ne soit tous [destinés à être] rassemblés », comme dans la parole : « Il n’est qu’un homme en proie à la folie. » (Sourate al-Muʾminūn, v. 25)

Sibawayh a également transmis l’usage suivant : « Je t’adjure par Allāh, lammā tu l’as fait. » Le Kufaïte al-Kisāʾī, toutefois, conteste la validité de cet usage. Ce point a déjà été traité dans le commentaire de la sourate Hūd.

Dans la version d’Ubayy, on lit : « Wa-in minhum illā jamīʿun ladaynā muḥḍarūn » — « Et il n’en est pas un parmi eux qui ne soit tous amenés en Notre présence. »

قَالَ سِيبَوَيْهِ: " أَنَّ" بَدَلٌ مِنْ " كَمْ" ، وَمَعْنَى كم ها هنا الْخَبَرُ، فَلِذَلِكَ جَازَ أَنْ يُبْدَلَ مِنْهَا مَا لَيْسَ بِاسْتِفْهَامٍ. وَالْمَعْنَى: أَلَمْ يَرَوْا أَنَّ الْقُرُونَ الَّذِينَ أَهْلَكْنَاهُمْ أَنَّهُمْ إِلَيْهِمْ لَا يَرْجِعُونَ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: " كَمْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ مِنْ وَجْهَيْنِ: أَحَدُهُمَا بِ " يَرَوْا" وَاسْتَشْهَدَ عَلَى هَذَا بِأَنَّهُ فِي قِرَاءَةِ ابْنِ مَسْعُودٍ " أَلَمْ يَرَوْا مَنْ أَهْلَكْنَا" . وَالْوَجْهُ الْآخَرُ أَنْ يَكُونَ " كَمْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِ " أَهْلَكْنا" . قَالَ النَّحَّاسُ: الْقَوْلُ الْأَوَّلُ مُحَالٌ، لِأَنَّ " كَمْ" لَا يَعْمَلُ فِيهَا مَا قَبْلَهَا، لِأَنَّهَا اسْتِفْهَامٌ، وَمُحَالٌ أَنْ يَدْخُلَ الِاسْتِفْهَامُ فِي خَبَرِ مَا قَبْلَهُ. وَكَذَا حُكْمُهَا إِذَا كَانَتْ خَبَرًا، وَإِنْ كَانَ سِيبَوَيْهِ قَدْ أَوْمَأَ إِلَى بَعْضِ هَذَا فَجَعَلَ " أَنَّهُمْ" بَدَلًا مِنْ كَمْ. وَقَدْ رَدَّ ذَلِكَ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ أَشَدَّ رَدٍّ، وَقَالَ: " كَمْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِ " أَهْلَكْنا" وَ " أَنَّهُمْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، وَالْمَعْنَى عِنْدَهُ بِأَنَّهُمْ أَيْ " أَلَمْ يَرَوْا كَمْ أَهْلَكْنا قَبْلَهُمْ مِنَ الْقُرُونِ" بِالِاسْتِئْصَالِ. قَالَ: وَالدَّلِيلُ عَلَى هَذَا أَنَّهَا فِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ " مَنْ أَهْلَكْنَا قَبْلَهُمْ مِنَ الْقُرُونِ أَنَّهُمْ إِلَيْهِمْ لَا يَرْجِعُونَ" . وَقَرَأَ الْحَسَنُ: " إِنَّهُمْ إِلَيْهِمْ لَا يَرْجِعُونَ" بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ عَلَى الِاسْتِئْنَافِ. وَهَذِهِ الْآيَةُ رَدٌّ عَلَى مَنْ زَعَمَ أَنَّ مِنَ الْخَلْقِ مَنْ يَرْجِعُ قَبْلَ الْقِيَامَةِ بَعْدَ الْمَوْتِ. يُرِيدُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ لِلْجَزَاءِ. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وعاصم وحمزة: " وَإِنْ كُلٌّ لَمَّا" بتشديد " لَمَّا" . وخفف الباقون. فإن مُخَفَّفَةٌ مِنَ الثَّقِيلَةِ وَمَا بَعْدَهَا مَرْفُوعٌ بِالِابْتِدَاءِ، وَمَا بَعْدَهُ الْخَبَرُ. وَبَطَلَ عَمَلُهَا حِينَ تَغَيَّرَ لَفْظُهَا. وَلَزِمَتِ اللَّامُ فِي الْخَبَرِ فَرْقًا بَيْنَهَا وَبَيْنَ إِنْ الَّتِي بِمَعْنَى مَا. " وَمَا" عِنْدَ أَبِي عُبَيْدَةَ زَائِدَةٌ. وَالتَّقْدِيرُ عِنْدَهُ: وَإِنْ كُلٌّ لَجَمِيعٌ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَمَنْ شَدَّدَ جَعَلَ " لَمَّا" بِمَعْنَى إِلَّا وَ " إِنْ" بِمَعْنَى مَا، أَيْ مَا كُلٌّ إِلَّا لَجَمِيعٌ، كَقَوْلِهِ: " إِنْ هُوَ إِلَّا رَجُلٌ بِهِ جِنَّةٌ" [المؤمنون: ٢٥] . وَحَكَى سِيبَوَيْهِ: فِي قَوْلِهِ سَأَلْتُكَ بِاللَّهِ لَمَا فَعَلْتَ. وَزَعَمَ الْكِسَائِيُّ أَنَّهُ لَا يُعْرَفُ هَذَا. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي [هُودٍ «١» ]. وَفِي حَرْفِ أُبَيٍّ " وَإِنْ مِنْهُمْ إِلَّا جَمِيعٌ لَدَيْنَا محضرون" .
(١). راجع ج ٩ ص ١٠٥ وما بعدها طبعه أولى أو ثانيه.

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