Je dis :
Al-Jawharî a déclaré que « az-Zaqw » et « az-Zaqy » sont deux formes du même nom d’action.
On dit : « zqā aṣ-ṣadā » – « yazqū » – « zuqā’an », c’est-à-dire : « il poussa un cri » ; tout être qui crie est qualifié de « zāq », et « az-ziqya » désigne le cri lui-même.
Je dis encore : sur cette base, on emploie les deux formes « zaqwata » et « zaqiyya » ; les lectures (coraniques) qui les contiennent sont donc correctes et ne souffrent aucune objection. Allah est plus Savant.
« Puis les voilà éteints (fakhāmidûn) »,
c’est-à-dire morts, inanimés, semblables à de la cendre froide. Qatâda dit : « détruits » – le sens est le même.
[Coran, Sûrat Yâ-Sîn (36), versets 30-32]
30 – Ô regret pour les serviteurs ! Il ne leur vient aucun Messager sans qu’ils ne se moquent de lui.
31 – Ne voient-ils pas combien de générations Nous avons fait périr avant eux ? Celles-ci ne reviendront jamais vers eux.
32 – Et ils seront tous sans exception amenés en Notre présence.
Au sujet de Sa parole : « Ô regret pour les serviteurs ! »,
le mot « ḥasratan » est à l’accusatif, parce qu’il s’agit du vocatif d’un nom indéfini ; selon les grammairiens basriens, on ne peut le mettre qu’à cette forme. Dans la lecture d’Ubayy, on trouve : « yâ ḥasrata l-ʿibâdi », par annexion.
Dans la langue, la « ḥasra » est le remords qui accable l’homme au point de l’épuiser (ḥasîr).
Al-Farrâ’ prétend que la bonne option est l’accusatif, mais que le relever (au nominatif) lorsqu’il est suivi de sa relative serait quand même recevable.
Il cite à l’appui quelques exemples, dont cette parole entendue chez les Arabes : « yâ muhtammu bi-amrinâ, lâ tahtamm » (Ô toi qui te soucies de notre affaire, ne t’en soucie pas),
et ce vers :
« Ô demeure, que l’usure du temps a bouleversée ! »
An-Nahhâs commente : ceci reviendrait à invalider entièrement, ou presque, la règle du vocatif : on y relèverait le nom indéfini pur, ce qui équivaut à un annexé étendu, on supprimerait la tanwîn en position médiane, et l’on élèverait ce qui, dans le sens, est un objet, sans qu’aucune raison ne l’impose. Quant à l’exemple qu’il rapporte des Arabes, il ne correspond pas à ce qu’il autorise ; car l’expression « yâ muhtammu bi-amrinâ, lâ tahtamm » doit être analysée par antéposition et postposition : « yâ ayyuha l-muhtammu, lâ tahtamm bi-amrinâ ».
Pour le vers, on estime : « yâ ayyatu-hâ d-dâru », puis le discours se déplace : « ô vous, c’est l’usure qui a changé cette demeure »,
comme dans la Parole d’Allah, Très-Glorieux :
« Jusqu’à ce que, lorsque vous êtes à bord du navire et qu’il vogue avec eux… » (Yûnus, 22).
Ainsi, « ḥasratan » est à l’accusatif en tant que vocatif, tout comme on dit : « yâ rajulan, avance ! » – tel est le sens du vocatif.