Il s’agit d’une adresse faite au Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – à qui il fut ordonné de proposer à son peuple l’exemple des « gens de la cité ».
Cette cité, d’après l’ensemble des exégètes selon le rapport d’al-Māwardī, est Antioche. Elle fut initialement rattachée aux habitants d’« Anṭabīs », du nom de celui qui l’édifia, puis cette appellation se modifia lorsqu’elle fut arabisée, comme l’a signalé as-Suhaylī. On la prononce aussi « Antākya » en remplaçant la lettre ṭāʼ par un tāʼ. On y trouvait un « Pharaon » appelé Antīkhass fils d’Antīkhass, adorateur d’idoles, ainsi que l’ont rapporté al-Mahdawī et Abū Jaʿfar an-Naḥḥās d’après Kaʿb et Wahb.
Allah y envoya trois messagers ; selon aṭ-Ṭabarī, il s’agissait de Ṣādiq, Ṣadūq et Shalūm, ce dernier étant le troisième. D’autres ont dit : Shamʿūn et Yūḥannā. An-Naqqāsh mentionne pour sa part Samʿān et Yaḥyā, sans citer Ṣādiq ni Ṣadūq.
Du point de vue grammatical, « un exemple (mathalan) » et « les gens de la cité (aṣḥāba l-qaryah) » peuvent tous deux être les compléments directs du verbe « propose (iḍrib) ». Il est aussi permis de considérer « les gens de la cité » comme substitut de « exemple », c’est-à-dire : « Propose-leur l’exemple des gens de la cité », l’annexion étant alors sous-entendue.
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – fut ainsi chargé d’avertir ces polythéistes, afin qu’ils ne subissent pas le même châtiment que les mécréants de cette cité à qui trois messagers furent envoyés.
On a dit qu’il s’agissait de messagers envoyés directement par Allah dès l’origine. D’autres ont soutenu que ‘Īsâ (Jésus) les dépêcha à Antioche afin d’y appeler à Allah ; le Seigneur a rapporté la mission à Son propre décret, car ‘Īsâ les envoya sur ordre de leur Seigneur, et cela se produisit après que ‘Īsâ eut été élevé au ciel. Il est rapporté qu’on les frappa et qu’on les emprisonna.
La Parole divine : « Nous avons alors renforcé [la mission] par un troisième » signifie : Nous avons fortifié et consolidé le message par l’envoi d’un troisième. Abū Bakr, d’après ‘Āṣim, a lu « faʿazzaznā bithālif » avec allègement de la consonne, tandis que les autres lecteurs ont opté pour la forme intensive.
Al-Jawharī commente que l’expression « faʿazzaznā bithālif » admet les deux lectures : légère ou intensive, ayant toutes deux le sens de « Nous avons affermi et renforcé ». Al-Aṣma‘ī rapporte à ce sujet ces vers du poète al-Mutalammis que lui récita Abū ‘Amr ibn al-‘Alâ’ :
« Quand le chameau se lève pour partir, sa chair se raffermit ; et lorsqu’on le harnache de ses courroies, il ne laisse échapper aucun mugissement. »
Ainsi, les deux lectures véhiculent une même idée.
On a également dit que la forme allégée signifie « Nous avons dominé, Nous avons contraint », comme dans la Parole : « et il m’a accablé dans le discours » (Ṣâd, 23), tandis que la forme intensive entend : « Nous avons affermi et multiplié ».
Selon le récit, c’est ‘Īsâ qui envoya