« Ce jour-là, l’homme sera informé de ce qu’il aura avancé et de ce qu’il aura différé » (Al-Qiyâma, v. 13),
et Sa parole :
« Craignez Allah ; que chaque âme considère donc ce qu’elle a préparé pour demain » (Al-Ḥashr, v. 18).
Ainsi, les traces qu’un être humain laisse derrière lui et qui subsistent et sont rappelées après sa mort, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, lui vaudront rétribution. Parmi les traces louables : un savoir qu’il a enseigné, un livre qu’il a composé, un bien qu’il a consacré en waqf, ou un édifice qu’il a édifié – mosquée, ribât, pont, etc. – ; et parmi les traces blâmables : une taxe qu’un tyran aurait imposée aux musulmans, une monnaie falsifiée instituée pour les léser, ou toute innovation destinée à détourner du rappel d’Allah par des mélodies et des divertissements, ainsi que toute bonne ou mauvaise tradition que l’on suit.
On a également dit que ces « traces » sont les pas de ceux qui se rendent à la mosquée. C’est en ce sens qu’ont interprété l’ayah ʿUmar, Ibn ʿAbbâs et Saʿîd b. Jubayr.
Ibn ʿAbbâs rapporte encore que le sens de « leurs traces » est : leurs pas vers les mosquées.
An-Naḥḥâs commente : c’est l’explication la plus pertinente, car il est dit que l’ayah fut révélée à ce sujet, les demeures des Anṣâr étant éloignées de la Mosquée.
Dans un hadith attribué au Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, il est dit : « À chaque pas qu’il fait, il lui est inscrit une bonne action et il lui est effacé une mauvaise action, à l’aller comme au retour lorsqu’il sort vers la mosquée. »
Je (l’auteur) dis : dans le recueil de at-Tirmidhî, Abû Saʿîd al-Khudrî rapporte que les Banû Salima, qui habitaient à la périphérie de Médine, voulurent se rapprocher de la Mosquée. Alors fut révélé ce verset : « C’est Nous qui ressuscitons les morts ; Nous inscrivons ce qu’ils auront avancé et leurs traces ». Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – dit : « Vos traces sont inscrites ! » Ils renoncèrent donc à déménager. At-Tirmidhî dit : « Ce hadith est ḥasan et gharib dans la transmission d’ath-Thawrî. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Jâbir b. ʿAbd-Allâh rapporte que les Banû Salima voulurent se transporter près de la Mosquée et que les terrains y étaient libres. Lorsque cela parvint au Prophète – paix et bénédictions sur lui –, il dit : « Ô Banû Salima, demeurez dans vos demeures, vos traces sont inscrites ; demeurez dans vos demeures, vos traces sont inscrites. » Ils dirent alors : « Il ne nous aurait pas plu d’avoir déménagé. »
Thâbit al-Bunânî relate : « Je marchais avec Anas b. Mâlik vers la prière et j’accélérai le pas ; il me retint. Lorsque la prière fut terminée, il me dit : ‘J’ai marché avec le Prophète – paix et bénédictions sur lui – et j’accélérai ; il me retint. Une fois la prière achevée, il me dit : “Ne sais-tu pas que les traces sont inscrites ?”’ » Ce récit constitue un argument tiré de l’ayah.
Qatâda, Mujâhid et al-Ḥasan ont également déclaré que les « traces » dans ce verset sont les pas.
Aṯ-Thaʿlabî rapporte d’Anas qu’il a dit : « Les traces sont les pas vers la prière du vendredi. » Le singulier de « āthâr » est « athar », on dit aussi « ’athr ».