Il a explicité la règle (la Sunna) qu’Il avait mentionnée : « N’ont-ils donc pas vu ce que Nous avons fait s’abattre sur les ‘Âd, les Thamûd, les gens de Madyan et leurs semblables lorsqu’ils traitèrent les messagers de menteurs ? » Qu’ils méditent donc cela en contemplant, de leurs propres yeux, les vestiges de leurs demeures et de leurs maisons, ainsi qu’en considérant ce qu’ils ont entendu, transmis de façon récurrente, au sujet de ce qui leur est arrivé. N’y a-t-il donc pas là un enseignement et une preuve pour eux ? Ils ne sont ni meilleurs ni plus puissants que ces peuples-là ; bien au contraire, ces derniers étaient plus forts.
La preuve en est la parole du Très-Haut : « Ils étaient pourtant plus vigoureux qu’eux en puissance, et rien, ni dans les cieux ni sur la terre, ne saurait réduire Allah à l’impuissance » ; c’est-à-dire que lorsqu’Il veut infliger un châtiment à un peuple, rien ne peut L’en empêcher. « Il est, certes, Omniscient, Tout-Puissant. »
[Sourate Fâtir (35), verset 45]
Et si Allah sanctionnait les hommes pour ce qu’ils ont acquis, Il ne laisserait pas sur la surface de la terre la moindre créature vivante ; mais Il les ajourne jusqu’à un terme fixé. Puis, lorsque leur terme arrivera, Allah sera, certes, Clairvoyant à l’égard de Ses serviteurs. (v. 45)
Le Très-Haut dit : « Et si Allah sanctionnait les hommes pour ce qu’ils ont acquis », c’est-à-dire pour leurs péchés. « Il ne laisserait pas sur la surface de la terre la moindre créature. » Ibn Mas‘ûd a dit : Il vise ici l’ensemble des êtres animés, tout ce qui se déplace et rampe. Qatâdah a dit : cela est effectivement arrivé à l’époque de Noé, sur lui la paix. Al-Kalbî a dit : par « créature », Il désigne les djinns et les humains, à l’exclusion des autres, car eux seuls sont doués de raison et donc responsables. Ibn Jarîr, l’Akhfash et al-Husayn ibn al-Fadl ont dit : ici, le terme « créature » ne vise que les hommes. Je [l’auteur] dis : la première opinion est la plus évidente, car elle vient d’un grand Compagnon.
Ibn Mas‘ûd a rapporté : « Le scarabée a failli être châtié dans son trou à cause du péché du fils d’Âdam. »
Yahyâ ibn Abî Kathîr relate qu’un homme ordonna le bien et interdit le mal ; un autre lui dit alors : « Occupe-toi de toi-même, car le injuste ne nuit qu’à lui-même. » Abû Hurayrah répliqua : « Tu mens, par Celui en dehors duquel il n’y a point de divinité ! Par Celui qui tient mon âme en Sa main, la houbara meurt d’inanition dans son nid à cause de l’injustice de l’injuste. »
Ath-Thumâlî et Yahyâ ibn Sallâm ont dit, à propos de ce verset : « Allah retient la pluie, alors tout périt. » Il a déjà été rapporté dans la Sourate « al-Baqarah » un propos semblable de ‘Ikrimah et de Mujâhid, en commentaire de « et les maudissent ceux qui maudissent » (1) : il s’agit des insectes et des bêtes qui sont frappés par la sécheresse à cause des péchés des savants pervers qui dissimulent [la vérité], et ces créatures les maudissent. Nous avons évoqué là-bas le hadith de al-Barâ’.
(1) Les insectes et les bêtes les maudissent lorsqu’ils sont touchés par la sécheresse due aux péchés des savants dissimulateurs.