En dehors d’Allah, les avez-vous donc adorés parce qu’ils posséderaient une part dans la création des cieux, ou bien auraient-ils créé quelque chose de la terre ?
(« Ou bien leur avons-Nous donné un Livre ») : c’est-à-dire : disposent-ils d’un écrit que Nous leur aurions fait descendre qui sanctionnerait l’association ? Ce passage constitue une réfutation adressée à quiconque adore autre qu’Allah – exalté soit-Il –, car ils ne trouveront dans aucun Livre révélé l’ordre qu’Allah Très-Haut ait prescrit d’adorer autre que Lui.
(« … de sorte qu’ils s’appuieraient sur une preuve évidente émanant de ce Livre »).
Ibn Kathîr, Abou ‘Amr, Hamza et Hafs, d’après ‘Âsim, ont lu : « ‘alâ bayyinatin » (au singulier), tandis que les autres lecteurs ont choisi le pluriel. Les deux lectures sont proches quant au sens, cependant la forme plurielle est mieux, car celui qui lit « ‘alâ bayyinatin » soit s’écarte de la majorité, soit l’emploie selon la langue de celui qui dit : « Jâ’anî Talhat », en s’arrêtant sur le tâ’ – dialecte rare et marginal, selon an-Nahas. Abou Hâtim et Abou ‘Ubayd estiment également que le pluriel est préférable, parce qu’il concorde avec l’orthographe : dans le muṣḥaf ‘uthmânien on lit « bayyinât » avec alif et tâ’.
(« Mais les injustes ne se font entre eux que des promesses trompeuses ») : autrement dit des chimères qui les séduisent, à l’image des notables disant aux gens de condition inférieure : « Ces idoles vous seront utiles et vous rapprocheront [d’Allah]. » Il a aussi été dit que c’est Satan qui fait cette promesse aux polythéistes ; ou encore qu’il leur assure qu’ils triompheront de leurs adversaires.
[ sourate Fâtir (35), verset 41 ]
« Certes, Allah soutient les cieux et la terre pour qu’ils ne disparaissent point ; et s’ils venaient à disparaître, nul, après Lui, ne saurait les soutenir. Il est, en vérité, Doux et Pardonneur. » (41)
Parole du Très-Haut : « Certes, Allah soutient les cieux et la terre pour qu’ils ne disparaissent pas. » Après avoir démontré que leurs divinités sont incapables de créer quoi que ce soit des cieux et de la terre, Il montre que le Créateur et le Soutien de ces deux mondes est Allah. Rien de nouveau n’existe si ce n’est par Son acte de création, et rien ne subsiste si ce n’est grâce à Sa pérennité. La particule « an » (أن) se trouve ici à l’accusatif avec le sens : « par crainte qu’ils ne disparaissent », ou : « afin qu’ils ne disparaissent pas » ; on peut aussi la rapporter au sens général, car il s’agit de dire qu’Allah empêche les cieux et la terre de disparaître – point n’est donc besoin d’élider quoi que ce soit, ainsi qu’en atteste l’avis de az-Zajjâj.
(« Et si tous deux venaient à disparaître, nul, après Lui, ne pourrait les soutenir »). Al-Farrâ’ dit : c’est-à-dire : même s’ils disparaissaient, personne ne pourrait les retenir. La particule « in » (إن) prend ici le sens de « mâ » (ما : « ne… pas »). Il ajoute : c’est comme dans Sa parole : « Et si Nous envoyons un vent et qu’ils le voient jauni, ils persisteront après cela dans la mécréance. » (ar-Rûm, 51).
Et l’on a dit encore : il s’agit bel et bien ici de la disparition effective des deux [cieux et terre].