« Puis Nous avons fait hériter le Livre à ceux que Nous avons élus parmi Nos serviteurs : il en est qui sont injustes envers eux-mêmes, d’autres qui suivent une voie moyenne, et d’autres encore qui, par la permission d’Allah, devancent dans les œuvres de bien. »
Il dit : « Le devancier arrive alors et entre au Paradis sans aucun compte ; quant au modéré, on lui fera un compte aisé ; quant à celui qui s’est fait du tort à lui-même, il sera retenu sur la place (du Jugement), admonesté et blâmé, puis il entrera au Paradis. Ce sont eux qui diront : “Louange à Allah qui a écarté de nous la tristesse ! Notre Seigneur est certes Pardonneur, Très-Reconnaissant.” »
Dans une autre version : « Quant à ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes, ils seront longuement retenus sur l’esplanade du Rassemblement, puis c’est la miséricorde d’Allah qui les accueillera ; ce sont eux qui diront : “Louange à Allah qui a écarté de nous la tristesse ! Notre Seigneur est certes Pardonneur, Très-Reconnaissant… et jamais la lassitude ne nous touchera en son sein.” »
On a dit encore : il s’agit de celui dont l’expiation est prélevée sur place, c’est-à-dire que ses péchés sont effacés par ce qu’il subit comme soucis et chagrins, conformément à la parole du Très-Haut : « Quiconque commet un mal en sera rétribué » (an-Nisâ’ 4/123), c’est-à-dire dans le bas-monde.
Ath-Tha‘labî a déclaré : « Cette interprétation est la plus conforme au sens apparent, car Il a dit : “Des jardins d’Éden qu’ils habiteront”, et : “ceux que Nous avons élus parmi Nos serviteurs” ; or le mécréant et l’hypocrite n’ont pas été élus. »
Je dis : tel est bien l’avis correct. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « L’exemple de l’hypocrite qui récite le Coran est celui du basilic : son parfum est agréable, mais son goût est amer. » Il a donc informé que l’hypocrite le récite, tandis que le Très-Vrai — exalté soit-Il — a annoncé que l’hypocrite se trouve au plus bas tréfonds du Feu ; or, de nos jours, nombre de mécréants, de Juifs et de Chrétiens le récitent.
Mâlik a dit : « Il se peut que récite le Coran celui qui n’a aucun bien en lui. »
Le terme « an-naṣb » signifie la fatigue, et « al-lughūb » l’épuisement.
(Sourate Fâtir, v. 36-37)
« Quant à ceux qui ont mécru, ils auront le Feu de la Géhenne ; on ne les fera pas mourir pour qu’ils meurent, et on ne leur allégera rien de son châtiment. Ainsi rétribuons-Nous tout négateur obstiné. (36)
Et ils pousseront des cris de détresse en son sein : “Notre Seigneur ! Fais-nous sortir et nous accomplirons des œuvres vertueuses, autres que celles que nous faisions.” — “Ne vous avons-Nous pas accordé une vie assez longue pour que celui qui devait se rappeler se rappelât ? L’avertisseur ne vous est-il pas venu ? Goûtez donc ! Les injustes n’auront point de secoureur.” (37)»