« par lui », c’est-à-dire par l’eau, qui est une réalité unique alors que les fruits, eux, sont variés.
« Et, parmi les montagnes, il existe des bandes (judad) blanches et rouges, dont les couleurs diffèrent ». Le terme judad est le pluriel de juddah ; il désigne des strates ou des veines de couleur différente, quand bien même l’ensemble serait constitué de roche ou de terre.
Al-Akhfaš dit : « Si le mot était le pluriel de jadîd (nouveau), on aurait dit judud (avec ḍamma sur le jîm et sur le dâl), à l’image de sarîr / surur. »
Et Zuheyr a dit :
« Tel quelqu’un au visage très brun, porteur de judad…
Maigre, puis, après l’été, il paît nu. »
On a également dit que judad signifie « morceaux », tiré du verbe jaddadtu ash-shay’a, « j’ai taillé la chose », ainsi que le rapporte Ibn Baḥr.
Al-Jauharî déclare : « La juddah est la raie qui se trouve sur le dos de l’âne et qui diffère de la couleur de son pelage ; juddah signifie aussi « sentier », et son pluriel est judad. » Le Très-Haut dit en effet : « Et parmi les montagnes il y a des judad blanches et rouges, dont les couleurs varient », c’est-à-dire des bandes qui contrastent avec la couleur générale de la montagne.
De là l’expression : « Un tel a emprunté une juddah dans l’affaire », lorsqu’il adopte un avis particulier. De même, l’on dit d’« un manteau muǧaddad » qu’il comporte des raies de couleurs diverses.
Az-Zamaḫšarî rapporte que az-Zuhrî lisait « judud » (avec ḍamma), pluriel de jadîdah ; on dit en effet : jadîdah, judud et jadâʾid, comme safînah, sufun et safâʾin. Cette dernière forme a été retenue pour expliquer le vers d’Abî Ḏuʾayb :
« Le sombre sommet possède quatre jadâʾid »,
et l’on a également transmis « judad » (avec deux fatḥa), qui désigne alors le « chemin clair et apparent » ; il l’a substitué aux strates et lignes distinctes, séparées les unes des autres.
« Et parmi les hommes et les bêtes » – on a également récité « wa-d-dawābi » avec gémination allégée. Cette atténuation est comparable à la lecture de ceux qui récitent « wa-la ḍ-ḍāllîn », car, dans les deux cas, on a voulu éviter la rencontre de deux consonnes muettes : on vocalise donc la première ici et l’on élide la seconde là, explique az-Zamaḫšarî.
« Et parmi les bestiaux, leurs couleurs diffèrent » : il s’y trouve du rouge, du blanc, du noir et d’autres teintes encore – autant de signes attestant l’existence d’un Créateur doté de volonté.
Il dit ensuite : « …dont les couleurs diffèrent » ; Il a employé le pronom au masculin par égard pour la particule min, indique al-Muʾarrij. Abû Bakr ibn ʿAyyâš précise : le pronom renvoie à un « mâ » sous-entendu ; le sens est : « Parmi les hommes, parmi les bêtes et parmi les bestiaux, il est, de ceux-là, ce dont les couleurs diffèrent : blanc, rouge ou noir. »
« Et des corbeaux d’un noir profond (gharābîbu sūd) » : Abû ʿUbaydah dit : le gharbîb désigne ce qui est d’un noir intense. Dans la phrase, il y a antéposition et postposition ; le sens est : « Et parmi les montagnes… »