Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-muʿammar : autrement dit, l’inscription des œuvres et des termes de vie n’est en rien impossible pour Lui.

La lecture communément reçue rend le verbe « yunqaṣu » avec la voyelle ḍamma sur le yāʾ et fatḥa sur le qāf. Un autre groupe de lecteurs, parmi lesquels Yaʿqūb, le prononcent « yunaqaṣu », avec fatḥa sur le yāʾ et ḍamma sur le qāf ; le sens en est : « il n’est retranché absolument rien de sa durée de vie ». On dit : « naqaṣa š-šay’u binafsih » (la chose a diminué d’elle-même) et « naqaṣahu ġayruhu » (quelqu’un l’a diminuée) ; de même « zāda binafsih » et « zādahu ġayruhu » : le verbe peut être transitif ou intransitif.

Al-Aʿraj et az-Zuhrī ont récité « min ʿumrihi » avec allègement (sukūn) du mīm, alors que les autres la prononcent avec ḍamma ; ce sont deux formes dialectales, telles « suḥq » et « suḥuq ».

Le terme « yasīr » veut dire que le décompte des vies longues ou brèves n’est nullement difficile pour Lui, et rien ne Lui échappe. Le mot vient de la racine « yasar » ; si tu en faisais un prénom propre, il se déclinerait puisque sa morphologie est celle de « faʿīl ».

[Verset 12 – Sûrat Fâṭir]
« Les deux mers ne sauraient être semblables : celle-ci est douce, agréable à boire, tandis que celle-là est salée, extrêmement amère. De chacune vous mangez une chair fraîche, et vous en extrayez un ornement que vous portez. Tu y vois les vaisseaux fendre les flots afin que vous recherchiez de Sa grâce ; peut-être serez-vous reconnaissants. » (35 : 12)

Parole du Très-Haut : « Les deux mers ne sauraient être semblables … » – ce verset comporte quatre questions.

Premièrement : Ibn ʿAbbâs dit que « furât » signifie « douce », et « ujâj » « amère ».

Ṭalḥa a récité : « hâdhâ maliḥ ujâj » en ouvrant la mīm et en cassant la lâm, sans alif. Quant au terme « māliḥ », il désigne ce dans quoi l’on met du sel.

ʿĪsâ et Ibn Abī Isḥâq ont lu « sayyiġ šarâbuhu », à la manière de « sayyid » ou « mayyit » ; il n’y a pas de divergence sur le fait que l’un comme l’autre proviennent des deux mers. Ce point a déjà été traité dans la sûrat an-Naḥl.

Deuxièmement : à propos de « et vous en extrayez un ornement que vous portez », l’avis d’Abū Isḥāq est que l’ornement n’est tiré que de la mer salée ; l’emploi du duel se comprend parce que les deux eaux se mêlent. D’autres ont dit que les coquillages contenant l’ornement – perles et autres – sont recueillis dans des lieux où se trouvent à la fois de l’eau douce et de l’eau salée, comme les sources ; on peut donc dire qu’il provient des deux, car la mer contient des sources douces et, dans la zone de leur rencontre, naît le perle grâce au mélange.

Et l’on a dit :

المعمر. أَيْ كِتَابَةَ الْأَعْمَالِ وَالْآجَالِ غَيْرُ مُتَعَذَّرٍ عَلَيْهِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " يُنْقَصُ" بِضَمِّ الْيَاءِ وَفَتْحِ الْقَافِ وَقَرَأَتْ فِرْقَةٌ مِنْهُمْ يَعْقُوبُ " يُنْقَصُ" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَضَمِّ الْقَافِ، أَيْ لَا يَنْقُصُ مِنْ عُمُرِهِ شي. يُقَالُ، نَقَصَ الشَّيْءُ بِنَفْسِهِ وَنَقَصَهُ غَيْرُهُ، وَزَادَ بِنَفْسِهِ وَزَادَهُ غَيْرُهُ، مُتَعَدٍّ وَلَازِمٌ. وَقَرَأَ الْأَعْرَجُ وَالزُّهْرِيُّ " مِنْ عُمُرِهِ" بِتَخْفِيفِ الْمِيمِ وَضَمَّهَا الْبَاقُونَ. وَهُمَا لُغَتَانِ مِثْلُ السُّحْقِ وَالسُّحُقِ. وَ " يَسِيرٌ" أَيْ إِحْصَاءُ طَوِيلِ الْأَعْمَارِ وَقَصِيرِهَا لَا يَتَعَذَّرُ عليه شي منها ولا يعزب. والفضل مِنْهُ: يَسَرَ وَلَوْ سَمَّيْتَ بِهِ إِنْسَانًا انْصَرَفَ، لأنه فعيل. [[سورة فاطر (٣٥) : آية ١٢]] وَما يَسْتَوِي الْبَحْرانِ هَذَا عَذْبٌ فُراتٌ سائِغٌ شَرابُهُ وَهذا مِلْحٌ أُجاجٌ وَمِنْ كُلٍّ تَأْكُلُونَ لَحْماً طَرِيًّا وَتَسْتَخْرِجُونَ حِلْيَةً تَلْبَسُونَها وَتَرَى الْفُلْكَ فِيهِ مَواخِرَ لِتَبْتَغُوا مِنْ فَضْلِهِ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ (١٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما يَسْتَوِي الْبَحْرانِ هَذَا عَذْبٌ فُراتٌ) فيه أربه مَسَائِلَ: الْأُولَى: قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " فُراتٌ" حُلْوٌ، و " أُجاجٌ" مُرٌّ. وَقَرَأَ طَلْحَةُ: " هَذَا مَلِحَ أُجَاجٌ" بِفَتْحِ الْمِيمِ وَكَسْرِ اللَّامِ بِغَيْرِ أَلِفٍ. وَأَمَّا الْمَالِحُ فَهُوَ الَّذِي يُجْعَلُ فِيهِ الْمِلْحُ. وَقَرَأَ عِيسَى وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ " سَيِّغٌ شَرَابُهُ" مِثْلَ سَيِّدٍ وميت. لَا اخْتِلَافَ فِي أَنَّهُ مِنْهُمَا جَمِيعًا. وَقَدْ مَضَى فِي " النَّحْلِ" الْكَلَامُ فِيهِ. الثَّانِيَةُ قَوْلُهُ تَعَالَى (وَتَسْتَخْرِجُونَ حِلْيَةً تَلْبَسُونَها) مَذْهَبُ أَبِي إِسْحَاقَ أَنَّ الْحِلْيَةَ إِنَّمَا تُسْتَخْرَجُ مِنَ الْمِلْحِ، فَقِيلَ مِنْهُمَا لِأَنَّهُمَا مُخْتَلِطَانِ. وَقَالَ غَيْرُهُ: إِنَّمَا تُسْتَخْرَجُ الْأَصْدَافُ الَّتِي فِيهَا الْحِلْيَةُ مِنَ الدُّرِّ وَغَيْرِهِ مِنَ الْمَوَاضِعِ الَّتِي فِيهَا الْعَذْبُ وَالْمِلْحُ نَحْوِ الْعُيُونِ، فَهُوَ مَأْخُوذٌ مِنْهُمَا، لِأَنَّ فِي الْبَحْرِ عُيُونًا عَذْبَةً، وَبَيْنَهُمَا يَخْرُجُ اللُّؤْلُؤُ عِنْدَ التَّمَازُجِ. وقيل:

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