Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire : Il vous a créés par couples, si bien que le mâle s’unit à la femelle et que tous deux se perpétuent par la science d’Allah. Il n’est donc ni grossesse ni accouchement dont Allah ne soit parfaitement informé ; rien n’échappe à Son administration. Quant à l’expression : « …de son âge, si ce n’est consigné dans un Livre », Il l’a qualifié de « muʿammar » (long-vivant) en fonction de ce vers quoi il s’achemine.

Saʿîd Ibn Jubayr rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « Il n’est pas de vie prolongée sans que sa durée ne soit inscrite : le nombre d’années, de mois, de jours et d’heures. Puis, dans un autre registre, il est noté : un jour retranché de sa vie, un mois retranché, une année retranchée, jusqu’à l’accomplissement de son terme. »
Il dit encore : « Ce qui est déjà écoulé de son échéance constitue la diminution, et ce qui reste à venir est ce qui lui est allongé ; le pronom se rapporte ici au muʿammar lui-même. »
Et il déclare également : « Son âge est d’abord écrit : tant et tant d’années ; puis, tout en bas, il est inscrit : un jour est parti, deux jours sont partis, jusqu’à la fin. »

Qatâda affirme : « Est muʿammar celui qui atteint soixante ans ; est diminué de son âge celui qui meurt avant soixante ans. »

Al-Farrâ’ interprète la parole : « Et nul âgé auquel il ne soit ôté de sa vie… » d’une autre manière : il s’agit d’un second individu dont on retranche une part de vie, et ce, uniquement dans un Livre céleste. Ainsi, le pronom dans « sa vie » renvoie à un autre que le premier, tout en étant évoqué par le même pronom, comme dans l’expression : « J’ai un dirham et la moitié de celui-ci », c’est-à-dire la moitié d’un autre.

On a également dit : Allah a fixé l’âge de l’homme à cent ans s’il obéit, et à quatre-vingt-dix s’il se montre désobéissant ; l’un ou l’autre est déjà consigné dans le Livre.

Cela rejoint la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui :
« Quiconque désire que sa subsistance soit élargie et que sa trace (sa longévité) soit prolongée, qu’il entretienne les liens de parenté. »
Autrement dit, il est inscrit dans la Tablette préservée : « La durée de vie d’Unetelle est de tant d’années ; s’il maintient les liens du sang, il lui sera ajouté tant d’années. » Dans un autre emplacement de la Tablette, il est également écrit qu’il les maintiendra. Celui qui n’a accès qu’au premier enregistrement, et non au second, peut croire qu’il y a augmentation ou diminution, alors qu’il n’en est rien – sens déjà évoqué à propos de la parole d’Allah : « Allah efface ce qu’Il veut et confirme » (ar-Raʿd, 39). Le pronom, ici encore, renvoie à la durée de vie.

D’autres ont dit : le sens est : « Il n’est pas un vieillard (muʿammar) ; il n’est pas non plus retranché d’un autre de la vie de ce vieillard, si ce n’est dans un Livre », c’est-à-dire par un décret d’Allah, Majesté et Pureté à Lui. Ce sens a été rapporté du Ḍaḥḥâk et préféré par an-Naḥḥâs, qui le juge le plus conforme à l’apparence du Texte révélé ; il en a été rapporté quelque chose d’approchant d’Ibn ʿAbbâs. Le pronom, dans ce cas, peut se rapporter au muʿammar comme à un autre.

أَيْ جَعَلَكُمْ أَزْوَاجًا فَيَتَزَوَّجُ الذَّكَرُ بِالْأُنْثَى فَيَتَنَاسَلَانِ بِعِلْمِ اللَّهِ، فَلَا يَكُونُ حَمْلٌ وَلَا وَضْعٌ إلا والله عالم به، فلا يخرج شي عن تدبيره. عُمُرِهِ إِلَّا فِي كِتَابٍ) سَمَّاهُ مُعَمَّرًا بِمَا هُوَ صَائِرٌ إِلَيْهِ. قَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: " وَما يُعَمَّرُ مِنْ مُعَمَّرٍ" إِلَّا كُتِبَ عُمُرُهُ، كَمْ هُوَ سَنَةً كَمْ هُوَ شَهْرًا كَمْ هُوَ يَوْمًا كَمْ هُوَ سَاعَةً ثُمَّ يُكْتَبُ فِي كِتَابٍ آخَرَ: نَقَصَ مِنْ عُمُرِهِ يَوْمٌ، نَقَصَ شَهْرٌ، نَقَصَ سَنَةٌ، حتى يستوفي أجله. وقال سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ أَيْضًا، قَالَ: فَمَا مَضَى مِنْ أَجَلِهِ فَهُوَ النُّقْصَانُ، وَمَا يُسْتَقْبَلُ فَهُوَ الَّذِي يُعَمَّرُهُ، فَالْهَاءُ عَلَى هَذَا لِلْمُعَمَّرِ. وَعَنْ سَعِيدٍ أَيْضًا: يُكْتَبُ عُمُرُهُ كَذَا وَكَذَا سَنَةٍ ثُمَّ يُكْتَبُ فِي أَسْفَلِ ذَلِكَ: ذَهَبَ يَوْمٌ، ذَهَبَ يَوْمَانِ، حَتَّى يَأْتِيَ عَلَى آخِرِهِ. وَعَنْ قَتَادَةَ: الْمُعَمَّرُ مَنْ بَلَغَ سِتِّينَ سَنَةً، وَالْمَنْقُوصُ مِنْ عُمُرِهِ مَنْ يَمُوتُ قَبْلَ سِتِّينَ سَنَةً. ويذهب الْفَرَّاءِ فِي مَعْنَى " وَما يُعَمَّرُ مِنْ مُعَمَّرٍ" أَيْ مَا يَكُونُ مِنْ عُمُرِهِ " وَلا يُنْقَصُ مِنْ عُمُرِهِ" بمعنى آخَرَ، أَيْ وَلَا يُنْقَصُ الْآخَرُ مِنْ عُمُرِهِ إِلَّا فِي كِتَابٍ. فَالْكِنَايَةُ فِي " عُمُرِهِ" تَرْجِعُ إِلَى آخَرَ غَيْرِ الْأَوَّلِ. وَكَنَّى عَنْهُ بِالْهَاءِ كَأَنَّهُ الْأَوَّلُ، وَمِثْلُهُ قَوْلُكَ: عِنْدِي دِرْهَمٌ وَنِصْفُهُ، أَيْ نِصْفُ آخَرَ. وَقِيلَ: إِنَّ اللَّهَ كَتَبَ عُمُرُ الْإِنْسَانِ مِائَةَ سَنَةٍ إِنْ أَطَاعَ، وَتِسْعِينَ إِنْ عَصَى، فَأَيُّهُمَا بَلَغَ فَهُوَ فِي كِتَابٍ. وَهَذَا مِثْلُ قَوْلِهِ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (مَنْ أحب أن يبسط له في زرقه وَيُنْسَأَ لَهُ فِي أَثَرِهِ فَلْيَصِلْ رَحِمَهُ) أَيْ أَنَّهُ يُكْتَبُ فِي اللَّوْحِ الْمَحْفُوظِ: عُمُرُ فُلَانٍ كَذَا سَنَةٍ، فَإِنْ وَصَلَ رَحِمَهُ زِيدَ فِي عُمُرِهِ كَذَا سَنَةٍ. فَبَيَّنَ ذَلِكَ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ مِنَ اللَّوْحِ الْمَحْفُوظِ، أَنَّهُ سَيَصِلُ رَحِمَهُ فَمَنِ اطَّلَعَ عَلَى الْأَوَّلِ دُونَ الثَّانِي ظَنَّ أَنَّهُ زِيَادَةٌ أَوْ نُقْصَانٌ وَقَدْ مَضَى هَذَا المعنى عند قوله تعالى: " يَمْحُوا اللَّهُ ما يَشاءُ وَيُثْبِتُ" [الرعد: ٣٩] وَالْكِنَايَةُ عَلَى هَذَا تَرْجِعُ إِلَى الْعُمُرِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى وَمَا يُعَمَّرُ مِنْ مُعَمَّرٍ أَيْ هَرِمٍ، وَلَا يُنْقَصُ آخَرُ مِنْ عُمُرِ الْهَرِمِ إِلَّا فِي كِتَابٍ، أَيْ بِقَضَاءٍ مِنَ اللَّهِ جَلَّ وَعَزَّ. رُوِيَ مَعْنَاهُ عَنِ الضَّحَّاكِ وَاخْتَارَهُ النَّحَّاسُ، قَالَ: وَهُوَ أَشْبَهُهَا بِظَاهِرِ التَّنْزِيلِ. وَرُوِيَ نَحْوُهُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. فَالْهَاءُ عَلَى هَذَا يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ لِلْمُعَمَّرِ، وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ لِغَيْرِ

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