jusqu’à son acte ; si l’acte concorde avec sa parole, tous deux s’élèvent ensemble. Mais si son acte lui est contraire, sa parole reste en suspens jusqu’à ce qu’il se repente de son acte. Ainsi, c’est l’œuvre vertueuse qui élève la bonne parole vers Allah ; le pronom « le/ l’ » dans « il l’élève » renvoie à la bonne parole. Tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs, Shahr b. Hawshab, Saʿîd b. Jubayr, Mujâhid, Qatâdah, Abû l-ʿÂliyah et al-Dahhâk.
Si l’on tient que « la bonne parole » désigne l’unicité (at-tawḥîd), alors c’est elle qui élève l’œuvre pieuse, car aucune œuvre n’est acceptée sans foi ni tawḥîd ; autrement dit, c’est la bonne parole qui élève l’œuvre vertueuse, le pronom renvoyant alors à l’œuvre même.
On rapporte encore de Shahr b. Hawshab qu’il a dit : « La bonne parole » c’est le Coran ; « et l’œuvre vertueuse l’élève », c’est-à-dire (elle élève) le Coran.
D’autres ont dit : le pronom revient à Allah — Majesté et Puissance à Lui —, c’est-à-dire qu’Allah élève l’œuvre vertueuse au-dessus de la bonne parole, parce que l’acte constitue la concrétisation de la parole et que l’auteur de l’acte se fatigue davantage que le simple locuteur. C’est là la réalité du discours, car Allah est l’Exaltateur et l’Abaisseur ; ces deux derniers avis sont figurés, mais licites.
An-Naḥḥâs dit : l’avis premier est le plus digne d’être retenu et le plus correct, compte tenu du rang de ceux qui l’ont émis, et parce qu’il est le mieux fondé en arabe ; en effet, les lecteurs s’accordent pour ériger « al-ʿamal » au nominatif. Si le sens avait été : « et l’œuvre vertueuse, Allah l’élève » ou « et l’œuvre vertueuse, la bonne parole l’élève », l’option aurait alors été l’accusatif ; or nous ne connaissons personne qui l’ait ainsi lu, si ce n’est une variante rapportée de ʿÎsâ b. ʿUmar disant que certains ont récité : « wal-ʿamala ṣ-ṣāliḥa yarfaʿuhu llâhu ».
On a encore dit : l’œuvre vertueuse élève son auteur, c’est-à-dire celui qui recherche l’honneur et sait que celui-ci ne s’obtient que d’Allah — qu’Il soit exalté — ; propos rapporté par al-Qushayrî.
Deuxième point : on rapporta devant Ibn ʿAbbâs que le chien interrompt la prière ; il récita alors ce verset : « Vers Lui monte la bonne parole, et l’œuvre vertueuse l’élève. » Il s’agit là d’un raisonnement par le texte général conformément à la méthode des Anciens, lesquels se fondent sur la généralité ; quiconque entre en prière dans ses conditions n’en est distrait par rien, sauf preuve établie — analogue à celle qui a institué la prière — tirée du Coran, de la Sunna ou du consensus. Ceux qui estiment que quelque chose l’interrompt se sont appuyés sur la parole du Prophète — paix et salut sur lui : « La prière est coupée par la femme, l’âne et le chien noir. » Je dis : « Qu’en est-il du chien noir par rapport au chien blanc ou roux ? » Il répondit : « Le noir est un démon. » Ḥadîth rapporté par Muslim.