Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ad-Dahhâk a lu le mot « yusʿidu » en donnant la ḍamma à la lettre yâ’. La majorité des récitateurs ont lu « al-kalimu », pluriel de kalimah, tandis qu’Abû ‘Abd ar-Raḥmân a récité « al-kalâmu ».

Je dis : dans ce cas « al-kalâm » peut être employé au sens de « al-kalim », et inversement. C’est sur cette permutation que s’appuie la parole d’Abû l-Qâsim : « Les parties du kalâm sont au nombre de trois. » Il a donc placé le terme kalâm à la place de kalim, – et Allah sait mieux.

Quant à l’expression : « wa-l-‘amalu ṣ-ṣāliḥu yarfaʿuhu » (et l’œuvre vertueuse l’élève), Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et d’autres ont dit : « c’est-à-dire : l’œuvre vertueuse élève la bonne parole. » Dans le ḥadîth il est rapporté : « Allah n’accepte une parole qu’avec une action, n’accepte ni parole ni action qu’avec une intention, et n’accepte parole, action et intention que si elles sont conformes à la Sunna. »

Ibn ‘Abbâs a dit : « Lorsque le serviteur mentionne Allah, prononce une bonne parole et s’acquitte de ses obligations, sa parole monte avec son œuvre ; mais si ses paroles ne s’accordent pas avec son action, elles restent suspendues. »

Ibn ‘Aṭiyyah commente : « Cette affirmation est réfutée par la croyance des gens de la Sunna et n’est pas authentiquement rapportée d’Ibn ‘Abbâs. La vérité est que le pécheur qui délaisse les obligations, s’il se souvient d’Allah et prononce une bonne parole, celle-ci lui est quand même inscrite et agréée ; il aura ses bonnes actions et portera ses mauvaises, et Allah – Très-Haut – accepte de quiconque se prémunit contre l’association. De plus, la bonne parole est en elle-même une œuvre pieuse.

« La parole de ceux qui disent que l’action est ce qui élève les paroles ne tient que si l’on interprète qu’elle accroît leur élévation et leur valeur quand elle leur est adjointe, de même que l’auteur d’œuvres – prière, jeûne, etc. – voit ses actes s’anoblir lorsqu’ils sont entrecoupés de bonnes paroles et de mention d’Allah. Ainsi l’énoncé : “et l’œuvre vertueuse l’élève” constitue une exhortation, un rappel et une incitation aux actions. Quant aux paroles qui sont des actes en elles-mêmes, comme l’attestation de l’unicité ou la glorification, elles sont acceptées.

Ibn al-‘Arabî a dit : « Le fait qu’une personne évoque Allah, si cela n’est pas accompagné d’une œuvre vertueuse, ne lui profite pas ; celui dont les actes contredisent les paroles voit celles-ci se retourner contre lui. »

La précision de cette question est la suivante : si l’action est posée comme condition ou comme élément lié à l’agrément de la parole, il n’y a pas d’acceptation sans elle ; mais si elle n’en est pas la condition, sa bonne parole est inscrite pour lui, sa mauvaise action est inscrite contre lui, puis un équilibre est opéré entre les deux, et Allah décide ensuite du salut, du gain ou de la perte.

Je dis : la remarque d’Ibn al-‘Arabî est fondée, et il apparaît que l’œuvre vertueuse est une condition pour l’acceptation de la bonne parole. Il est rapporté dans les traditions que, lorsque le serviteur dit : « Lâ ilâha illâ-Llah » avec une intention sincère, les anges se penchent pour observer

وَقَرَأَ الضَّحَّاكُ " يُصْعِدُ" بِضَمِّ الْيَاءِ. وَقَرَأَ. جُمْهُورُ النَّاسِ " الْكَلِمُ" جَمْعُ كَلِمَةٍ. وَقَرَأَ أَبُو عَبْدِ الرَّحْمَنِ " الْكَلَامُ" . قُلْتُ: فَالْكَلَامُ عَلَى هَذَا قَدْ يُطْلَقُ بِمَعْنَى الْكَلِمِ وَبِالْعَكْسِ، وَعَلَيْهِ يُخَرَّجُ قَوْلُ أَبِي الْقَاسِمِ: أَقْسَامُ الْكَلَامِ ثَلَاثَةٌ، فَوَضَعَ الْكَلَامَ مَوْضِعَ الْكَلِمِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. " وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُهُ" قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَغَيْرُهُمَا: الْمَعْنَى وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُ الْكَلِمَ الطَّيِّبَ. وَفِي الْحَدِيثِ (لَا يَقْبَلُ اللَّهُ قَوْلًا إِلَّا بِعَمَلٍ، وَلَا يَقْبَلُ قَوْلًا وَعَمَلًا إِلَّا بِنِيَّةٍ، وَلَا يَقْبَلُ قَوْلًا وَعَمَلًا وَنِيَّةً إِلَّا بِإِصَابَةِ السُّنَّةِ) . قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فَإِذَا ذَكَرَ الْعَبْدُ اللَّهَ وَقَالَ كَلَامًا طَيِّبًا وَأَدَّى فَرَائِضَهُ، ارْتَفَعَ قَوْلُهُ مَعَ عَمَلِهِ وإذا قال ابن قَوْلُهُ عَلَى عَمَلِهِ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَهَذَا قَوْلٌ يَرُدُّهُ مُعْتَقَدُ أَهْلِ السُّنَّةِ وَلَا يَصِحُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَالْحَقُّ أَنَّ الْعَاصِيَ التَّارِكَ لِلْفَرَائِضِ إِذَا ذَكَرَ اللَّهَ وَقَالَ كَلَامًا طَيِّبًا فَإِنَّهُ مَكْتُوبٌ لَهُ مُتَقَبَّلٌ مِنْهُ، وَلَهُ حَسَنَاتُهُ وَعَلَيْهِ سَيِّئَاتُهُ، وَاللَّهُ تَعَالَى يَتَقَبَّلُ مِنْ كُلِّ مَنِ اتَّقَى الشِّرْكَ. وَأَيْضًا فَإِنَّ الْكَلَامَ الطَّيِّبَ عَمَلٌ صَالِحٌ، وَإِنَّمَا يَسْتَقِيمُ قَوْلُ مَنْ يَقُولُ: إِنَّ الْعَمَلَ هُوَ الرَّافِعُ لِلْكَلِمِ، بِأَنْ يُتَأَوَّلَ أَنَّهُ يَزِيدُهُ فِي رَفْعِهِ وَحُسْنِ مَوْقِعِهِ إِذَا تَعَاضَدَ مَعَهُ. كَمَا أَنَّ صَاحِبَ الْأَعْمَالِ مِنْ صَلَاةٍ وَصِيَامٍ وَغَيْرِ ذَلِكَ، إِذَا تَخَلَّلَ أَعْمَالَهُ كَلِمٌ طَيِّبٌ وَذِكْرُ اللَّهِ تَعَالَى كَانَتِ الْأَعْمَالُ أشرف، فيكون قول: " وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُهُ" مَوْعِظَةً وَتَذْكِرَةً وَحَضًّا عَلَى الْأَعْمَالِ. وَأَمَّا الْأَقْوَالُ الَّتِي هِيَ أَعْمَالٌ فِي نُفُوسِهَا، كَالتَّوْحِيدِ وَالتَّسْبِيحِ فَمَقْبُولَةٌ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: " إِنَّ كَلَامَ الْمَرْءِ بِذِكْرِ اللَّهِ إِنْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ عَمَلٌ صَالِحٌ لَمْ يَنْفَعْ، لِأَنَّ مَنْ خَالَفَ قَوْلُهُ فِعْلَهُ فَهُوَ وَبَالٌ عَلَيْهِ. وَتَحْقِيقُ هَذَا: أَنَّ الْعَمَلَ إِذَا وَقَعَ شَرْطًا فِي قَبُولِ الْقَوْلِ أَوْ مُرْتَبِطًا، فَإِنَّهُ لَا قَبُولَ لَهُ إِلَّا بِهِ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ شَرْطًا فِيهِ فَإِنَّ كَلِمَهُ الطَّيِّبَ يُكْتَبُ لَهُ، وَعَمَلَهُ السَّيِّئَ يُكْتَبُ عَلَيْهِ، وَتَقَعُ الْمُوَازَنَةُ بَيْنَهُمَا، ثُمَّ يَحْكُمُ اللَّهُ بِالْفَوْزِ وَالرِّبْحِ وَالْخُسْرَانِ" . قُلْتُ: مَا قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ تَحْقِيقٌ. وَالظَّاهِرُ أَنَّ الْعَمَلَ الصَّالِحَ شَرْطٌ فِي قَبُولِ الْقَوْلِ الطَّيِّبِ. وَقَدْ جَاءَ فِي الْآثَارِ (أَنَّ الْعَبْدَ إِذَا قَالَ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ بِنِيَّةٍ صَادِقَةٍ نظرت الملائكة

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