Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Doux, conciliants, aisés, fils de l’aisance… Inspirés par la noblesse, enfants des gens prospères.

Il dit : « Ils sont unanimes à reconnaître que ‘‘haynûn’’ et ‘‘laynûn’’ renvoient au même sens, tout comme ‘‘mayyit’’ et ‘‘mayt’’, ou ‘‘sayyid’’ et ‘‘sayd’’. »

Il dit encore : l’expression « fa-suqnâ-hu » (« nous le dirigeons ») vient après « وَاللَّهُ الَّذِي أَرْسَلَ الرِّيَاحَ » – « Allah est Celui qui a envoyé les vents » – ; c’est là une forme de variation stylistique dans l’adresse (talwîn al-khiṭâb).

Abû ʿUbaydah a expliqué qu’il aurait fallu dire « fa-tasûqu-hu » (« et elles le conduisent »), puisqu’il est précédé de « فَتُثِيرُ سَحَابًا » – « elles soulèvent un nuage ».

Al-Zamakhsharî commente : Si l’on demande : « Pourquoi le verbe ‘fa-tuthîru’ est-il à l’imparfait tandis que ce qui le précède et le suit ne l’est pas ? » Je réponds : pour décrire sur le vif la scène où les vents mettent le nuage en mouvement, afin de faire revivre à l’esprit cette image splendide qui atteste de la puissance seigneuriale. Ainsi procèdent les Arabes lorsqu’un verbe porte une nuance particulière et se rapporte à un état extraordinaire, qui surprend ou retient l’attention de l’auditeur.

C’est ce qu’illustre Taʾabbata Sharran lorsqu’il dit :
« Parce que j’ai rencontré la goule qui tombait du ciel,
Sur une steppe plate comme une page lisse ;
Je la frappai sans frisson, elle s’affaissa,
Gisant à mes mains et contre ma poitrine. »

Il voulait peindre à son clan la situation où, prétend-il, il fit preuve de bravoure en frappant la goule, comme s’il la leur montrait sous leurs yeux, leur dévoilant l’essence de la scène pour susciter leur étonnement devant son audace face à tout péril et sa fermeté en toute épreuve. De même, la conduite des nuages vers la terre morte étant un signe éclatant de la toute-puissance, le discours passe à « fa-suqnâ » et « aḥyaynâ », délaissant la troisième personne pour une forme plus marquée d’appropriation et plus expressive.

La récitation la plus courante lit « الرِّياحَ » (les vents, au pluriel). Ibn Muḥayṣin, Ibn Kathîr, al-Aʿmash, Yaḥyâ, Ḥamzah et al-Kisâʾî lisent « الرِّيحَ » (le vent, au singulier). L’explication de ce verset a déjà été exposée en détail. Autrement dit : ainsi serez-vous ramenés à la vie après votre mort, c’est la résurrection de l’homme. La particule kāf est sujet : « De même que la revivification des morts – telle est la résurrection des morts. »

D’après Abû Razîn al-ʿUqaylî, il dit : « J’ai demandé : Ô Messager d’Allah, comment Allah fera-t-Il revivre les morts, et quel en est le signe dans Sa création ? » Il répondit : « N’as-tu pas traversé la vallée de ta tribu desséchée, puis l’as-tu revue frémissante de verdure ? » Je dis : « Oui, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Ainsi Allah redonne la vie aux morts, et tels sont Ses signes dans Sa création. » Nous avons déjà cité ce hadith dans la sourate « Al-Aʿrâf » et ailleurs.

هينون لينون أيسار بنو يسر ... وسواس مَكْرُمَةٍ أَبْنَاءُ أَيْسَارِ قَالَ: فَقَدْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ هَيْنُونَ وَلَيْنُونَ وَاحِدٌ، وَكَذَا مَيِّتٌ وَمَيْتٌ، وَسَيِّدٌ وَسَيْدٌ. قَالَ: " فَسُقْناهُ" بَعْدَ أَنْ قَالَ: " وَاللَّهُ الَّذِي أَرْسَلَ الرِّياحَ" وَهُوَ مِنْ بَابِ تَلْوِينِ الْخِطَابِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: سَبِيلُهُ " فَتَسُوقُهُ" ، لِأَنَّهُ قَالَ: " فَتُثِيرُ سَحاباً" . الزَّمَخْشَرِيُّ: فَإِنْ قُلْتَ: لِمَ جَاءَ " فَتُثِيرُ" عَلَى الْمُضَارَعَةِ دُونَ مَا قَبْلَهُ وَمَا بَعْدَهُ؟ قُلْتُ: لِتَحْكِيَ الْحَالَ الَّتِي تَقَعُ فِيهَا إِثَارَةُ الرِّيَاحِ السَّحَابَ، وَتَسْتَحْضِرُ تِلْكَ الصورة البديعة الدالة على القدوة الرَّبَّانِيَّةِ، وَهَكَذَا يَفْعَلُونَ بِفِعْلٍ فِيهِ نَوْعُ تَمْيِيزٍ وَخُصُوصِيَّةٍ بِحَالٍ تُسْتَغْرَبُ، أَوْ تُهِمُّ الْمُخَاطَبَ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ، كَمَا قَالَ تَأَبَّطَ شَرًّا: بِأَنِّي قد لقيت الغول تهوي ... وبسهب كالصحيفة صحصحان فاضربها بلا دهش فخرت ... وصريعا لِلْيَدَيْنِ وَلِلْجِرَانِ لِأَنَّهُ قَصَدَ أَنْ يُصَوِّرَ لِقَوْمِهِ الْحَالَةَ الَّتِي تَشَجَّعَ فِيهَا بِزَعْمِهِ عَلَى ضَرْبِ الْغُولِ، كَأَنَّهُ يُبَصِّرُهُمْ إِيَّاهَا، وَيُطْلِعُهُمْ عَلَى كُنْهِهَا مُشَاهَدَةً لِلتَّعَجُّبِ. مِنْ جُرْأَتِهِ عَلَى كُلِّ هَوْلٍ، وَثَبَاتِهِ عِنْدَ كُلِّ شِدَّةٍ وَكَذَلِكَ سَوْقُ السَّحَابِ إِلَى الْبَلَدِ الْمَيِّتِ، لَمَّا كَانَا مِنَ الدَّلَائِلِ عَلَى الْقُدْرَةِ الْبَاهِرَةِ قِيلَ: " فَسُقْنَا" وَ " أَحْيَيْنَا" مَعْدُولًا بِهِمَا عَنْ لَفْظَةِ الْغَيْبَةِ إِلَى مَا هُوَ أَدْخَلُ فِي الِاخْتِصَاصِ وَأَدَلُّ عَلَيْهِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " الرِّياحَ" . وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ وَابْنُ كَثِيرٍ وَالْأَعْمَشُ وَيَحْيَى وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ " الرِّيحَ" تَوْحِيدًا. وَقَدْ مَضَى بَيَانُ هَذِهِ الْآيَةِ وَالْكَلَامُ فِيهَا مُسْتَوْفًى. أي كذلك تحيون بعد ما مُتُّمْ، مِنْ نَشْرِ الْإِنْسَانِ نُشُورًا. فَالْكَافُ فِي مَحَلِّ الرَّفْعِ، أَيْ مِثْلُ إِحْيَاءِ الْأَمْوَاتِ نَشْرُ الْأَمْوَاتِ. وَعَنْ أَبِي رَزِينٍ الْعُقَيْلِيِّ قَالَ: قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ، كَيْفَ يُحْيِي اللَّهُ الْمَوْتَى، وَمَا آيَةُ ذَلِكَ فِي خَلْقِهِ؟ قَالَ: (أَمَا مَرَرْتَ بِوَادِي أَهْلِكَ مُمْحِلًا ثُمَّ مَرَرْتَ بِهِ يَهْتَزُّ خَضِرًا) قُلْتُ: نَعَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ. قال (فكذلك يحيي الله الموتى وتلك آياته فِي خَلْقِهِ) وَقَدْ ذَكَرْنَا هَذَا الْخَبَرَ فِي " الأعراف" وغيرها

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