Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et Il – exalté soit-Il – dit dans ce verset :

« Ceci est clair et explicite : ton chagrin à l’idée qu’ils demeurent dans leur mécréance ne leur sera d’aucun profit, car c’est Allāh qui les a égarés. Ce verset réfute la doctrine des Qadariyya, comme nous l’avons déjà mentionné : “Celui à qui la laideur de son œuvre a été embellie jusqu’à la trouver belle…”, voudrais-tu donc le guider ? Or cela relève d’Allāh et non de toi ; ce qui t’incombe se limite à la transmission du Message. »

Abū Jaʿfar, Shayba et Ibn Muḥayṣin ont lu : « Fa-lā tuḏʰib » – avec ḍamma sur le tāʾ et kasra sur le hāʾ –, et « nafsaka » à l’accusatif comme objet direct ; les deux leçons donnent un sens voisin.

« Ḥasarāt » est au régime de l’accusatif en qualité de complément circonstanciel de cause : « que ton âme ne se consume pas en regrets ».
« ʿAlayhim » est la préposition régissant « tadhhab », comme dans l’expression : « Il est mort d’amour pour elle » ou « il a péri de chagrin pour lui » ; c’est l’explication de ce sur quoi portent les regrets. Il ne peut se rattacher à « ḥasarāt », car un nom verbal ne précède pas normalement son complément. On peut aussi y voir un état circonstanciel : comme si toutes choses étaient devenues regrets à force de désolation, ainsi que le dit Jarīr :
« Elles ont traversé l’ardeur du midi, la chair amaigrie par la marche nocturne,
jusqu’à n’être plus que hanches et poitrines »
– c’est-à-dire : elles sont revenues réduites aux hanches et aux poitrines, il ne demeurait d’elles que ces parties-là.

Et de même l’autre poète :
« Sur leur trace, mon âme se dissipe,
en regrets, et leur souvenir est pour moi maladie. »

Ou bien encore, « ḥasarāt » peut être pris comme un second nom verbal.

[ Sûrat Fāṭir, 35 : 9 ]
« Allāh est Celui qui envoie les vents ; alors ils soulèvent une nuée ; Nous la conduisons vers une contrée morte, puis Nous faisons revivre par elle la terre après sa mort ; ainsi sera la Résurrection. »

Parole du Très-Haut :
« Allāh est Celui qui envoie les vents… »

Les mots mayyit et mayt – de même mayyita et mayta – sont identiques ; tel est l’avis des grammairiens avertis. Muḥammad b. Yazīd dit : « Ceci est l’opinion des grammairiens de Baṣra, sans qu’aucun n’y fasse exception », et il l’appuie par des preuves irréfutables. Il a cité ces vers :
« N’est pas mort celui qui meurt et se repose ; le vrai mort est le mort parmi les vivants.
Est vraiment mort celui qui vit accablé, l’esprit morose, pauvre d’espérance. »
Puis il dit : « Vois-tu donc quelque différence entre mayyit et mayt ? » Et il récita encore :

وقوله في هذه الآية: وَهَذَا ظَاهِرٌ بَيِّنٌ، أَيْ لَا يَنْفَعُ تَأَسُّفُكَ عَلَى مُقَامِهِمْ عَلَى كُفْرِهِمْ، فَإِنَّ اللَّهَ أَضَلَّهُمْ. وَهَذِهِ الْآيَةُ تَرُدُّ عَلَى الْقَدَرِيَّةِ قَوْلَهُمْ عَلَى مَا تَقَدَّمَ، أَيْ أَفَمَنْ زُيِّنَ لَهُ سُوءُ عَمَلِهِ فَرَآهُ حَسَنًا تُرِيدُ أَنْ تَهْدِيَهُ، وَإِنَّمَا ذَلِكَ إِلَى اللَّهِ لَا إِلَيْكَ، وَالَّذِي إِلَيْكَ هُوَ التَّبْلِيغُ. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَشَيْبَةُ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ: " فَلَا تُذْهِبْ" بِضَمِّ التَّاءِ وَكَسْرِ الْهَاءِ " نَفْسُكَ" نَصْبًا عَلَى الْمَفْعُولِ، وَالْمَعْنَيَانِ مُتَقَارِبَانِ. " حَسَراتٍ" مَنْصُوبٌ مَفْعُولٌ مِنْ أَجْلِهِ، أَيْ فَلَا تَذْهَبُ نَفْسُكَ لِلْحَسَرَاتِ. وَ " عَلَيْهِمْ" صِلَةُ " تَذْهَبْ" ، كَمَا تَقُولُ: هَلَكَ عَلَيْهِ حُبًّا وَمَاتَ عَلَيْهِ حُزْنًا. وَهُوَ بَيَانٌ لِلْمُتَحَسَّرِ عَلَيْهِ. وَلَا يَجُوزُ أَنْ يَتَعَلَّقَ بِالْحَسَرَاتِ، لِأَنَّ الْمَصْدَرَ لَا يَتَقَدَّمُ عَلَيْهِ صلته. ويجوز أن يكون حالا كأن كلها صَارَتْ حَسَرَاتٍ لِفَرْطِ التَّحَسُّرِ، كَمَا قَالَ جَرِيرٌ: مشق الهواجر لحمهن مع السرى ... وحتى ذَهَبْنَ كَلَاكِلًا وَصُدُورَا يُرِيدُ: رَجَعْنَ كَلَاكِلًا وَصُدُورًا، أَيْ لَمْ يَبْقَ إِلَّا كَلَاكِلُهَا وَصُدُورُهَا. وَمِنْهُ قول الآخر: فعلى إثرهم تساقط نفسي ... وحسرات وذكرهم لي سقام أو مصدرا. [[سورة فاطر (٣٥) : آية ٩]] وَاللَّهُ الَّذِي أَرْسَلَ الرِّياحَ فَتُثِيرُ سَحاباً فَسُقْناهُ إِلى بَلَدٍ مَيِّتٍ فَأَحْيَيْنا بِهِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِها كَذلِكَ النُّشُورُ (٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَاللَّهُ الَّذِي أَرْسَلَ الرِّياحَ فَتُثِيرُ سَحاباً فَسُقْناهُ إِلى بَلَدٍ مَيِّتٍ" مَيِّتٌ وَمَيْتٌ وَاحِدٌ، وَكَذَا مَيِّتَةٌ وَمَيْتَةٌ، هَذَا قَوْلُ الْحُذَّاقِ مِنَ النَّحْوِيِّينَ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ: هَذَا قَوْلُ الْبَصْرِيِّينَ، وَلَمْ يَسْتَثْنِ أَحَدًا، وَاسْتَدَلَّ عَلَى ذَلِكَ بِدَلَائِلَ قَاطِعَةٍ. وَأَنْشَدَ: ليس من مات فاستراح بميت ... وإنما الميت ميت الأحياء إنما المت من يعيش كئيبا ... وكاسفا بَالُهُ قَلِيلَ الرَّجَاءِ قَالَ: فَهَلْ تَرَى بَيْنَ مَيِّتٍ وَمَيْتٍ فَرْقًا، وَأَنْشَدَ:

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