[Sourate Fâtir (35) : verset 2]
« Ce qu’Allah ouvre aux hommes comme miséricorde, nul ne peut la retenir ; et ce qu’Il retient, nul ne peut ensuite l’envoyer. Et c’est Lui le Tout-Puissant, le Très-Sage. » (2)
Les grammairiens ont admis, hors contexte coranique, la tournure : « فَلَا مُمْسِكَ لَهُ » en accord avec la forme de « ما », et « لَهَا » en fonction du sens. Ils ont également autorisé : « وَمَا يُمْسِكْ فَلَا مُرْسِلَ لَهَا », ainsi que « مَا يَفْتَحُ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِنْ رَحْمَةٍ » (au nominatif), où « ما » a le sens de « ce/celle qui ». Autrement dit : les messagers ont été envoyés par miséricorde pour les hommes, et nul autre qu’Allah n’a le pouvoir de les dépêcher.
On a dit aussi : ce qu’Il leur apporte comme pluie ou subsistance, personne n’est capable de le retenir ; et ce qu’Il retient de cela, personne n’est capable de l’envoyer. D’aucuns ont ajouté qu’il s’agit de l’invocation (ad-duʿâʾ) ; c’est l’avis d’ad-Dahhâk. Ibn ʿAbbâs dit : il s’agit du repentir. D’autres parlent d’assistance et de guidée.
Je dis : le terme « miséricorde » englobe tout cela, car il est employé au singulier indéfini pour indiquer la généralité et l’imprécision ; il inclut donc toute forme de miséricorde, par substitution, et la parole est générale pour tout ce qui a été mentionné.
Dans le Muwaṭṭaʾ de Mâlik, il est rapporté qu’Abû Hurayra, lorsqu’il se levait le matin après que les gens eurent été arrosés par la pluie, disait : « Nous avons été arrosés grâce à la constellation de al-Fath », puis il récitait ce verset : « Ce qu’Allah ouvre aux hommes comme miséricorde, nul ne peut la retenir. »
« Et c’est Lui le Tout-Puissant, le Très-Sage » : explication mentionnée précédemment.
[Sourate Fâtir (35) : verset 3]
« Ô hommes ! Rappelez-vous la grâce d’Allah sur vous. Y a-t-il un créateur, en dehors d’Allah, qui vous pourvoie du ciel et de la terre ? Il n’est de divinité que Lui ; comment donc êtes-vous détournés ? » (3)
Sa parole – qu’Il soit exalté : « Ô hommes ! Rappelez-vous la grâce d’Allah sur vous » signifie que ce rappel appelle à la gratitude.
« Y a-t-il un créateur autre qu’Allah ? »
Pour le mot « غَيْرُ » trois cas sont possibles : le nominatif, l’accusatif et le génitif.
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Le nominatif, pour deux raisons :
a) Dans le sens : « Y a-t-il un créateur sinon Allah ? », c’est-à-dire : « Il n’y a de créateur qu’Allah. »
b) Qu’il serve d’épithète conforme à la position syntaxique, car le sens est : « Y a-t-il un créateur autre qu’Allah ? », et « min » est ici surabondante. -
L’accusatif s’explique comme une exception négative.