Ibn ʿAbbâs et al-Ḍaḥḥâk (qu’Allâh les agrée) ont dit : « Le terme tanâwush signifie le retour ; autrement dit, ils demanderont à revenir dans ce bas-monde afin de croire, mais cela est tout à fait hors de portée ! » Le poète a d’ailleurs dit :
« Il espère que Mayy reviendra vers moi,
mais aucun chemin ne conduit à son rapprochement. »
Al-Suddî a déclaré : « Il s’agit du repentir ; ils le solliciteront alors qu’il est désormais lointain, car le repentir n’est accepté que dans la vie d’ici-bas. »
On a également dit que tanâwush signifie « saisir, atteindre ». Ibn al-Sikkît explique : « Lorsqu’un homme empoigne quelqu’un en lui prenant la tête et la barbe, on dit : nâshahu yanûshuhu nawshan (il l’a saisi). » Et il a récité :
« Elle puise l’eau du bassin d’un mouvement élevé,
une longue gorgée qui lui permet de traverser les steppes désertiques. »
Autrement dit, elle atteint l’eau du bassin par-dessus, boit abondamment et, grâce à cette gorgée, parcourt les vastes déserts sans plus avoir besoin d’autre eau.
Il ajoute : de là vient le terme munâwashah dans le combat, lorsque les deux troupes se rapprochent ; on qualifie aussi un homme de nawûsh, c’est-à-dire puissant et prompt à frapper. Tanâwush signifie donc « saisir », et inti(y)âsh a le même sens. Le poète de rajaz dit encore :
« Elle saisissait le cou d’une ferme saisie. »
Au sujet de la parole du Très-Haut : « Et comment pourraient-ils obtenir le tanâwush d’un lieu éloigné ? » [Sabaʾ, 52], le sens est : comment pourraient-ils atteindre la foi dans l’Au-delà alors qu’ils ont mécru dans la vie d’ici-bas ?
Abû ʿAmr, al-Kisâʾî, al-Aʿmash et Ḥamzah le récitent avec hamzah : « al-tanâʾush ».
Al-Naḥḥâs rapporte qu’Abû ʿUbaydah trouvait cette lecture improbable, car avec la hamzah tanâʾush signifie « éloignement » ; dès lors, comment comprendre : « d’où leur viendrait l’éloignement depuis un lieu distant ? »
Abû Jaʿfar réplique : cette lecture est recevable et correcte ; la langue arabe lui donne deux explications acceptables, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de lui appliquer cette interprétation forcée. La première veut que la forme initiale soit sans hamzah, puis que la wāw ait été hamzée en raison de la faiblesse de sa voyelle ; c’est fréquent en arabe. Ainsi lit-on dans le muṣḥaf unanimement transmis : « wa-idhâ ar-rusulu uqqitat » (al-Mursalât, 11), alors que l’origine est « wuqqitat », dérivé de waqt (temps). De même, le pluriel de dâr est adʾur.
La seconde explication, rapportée par Abû Isḥâq, est qu’il est dérivé de an-naʾîsh, qui désigne un mouvement lent ; autrement dit : d’où pourrait leur venir le moindre mouvement vers ce qui est déjà fort éloigné ? On dit en effet : « naʾashtu l-shayʾ », c’est-à-dire : je l’ai saisi.