Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

ʿÎsâ ibn ʿUmar a récité l’expression : « ʿAllâm al-ghuyûb » en la considérant comme une apposition, c’est-à-dire : « Dis : certes, mon Seigneur, l’Omniscient de l’invisible, fait éclater la vérité », selon al-Zajjâj. Le nominatif y est justifié de deux manières : soit par sa position syntaxique, laquelle requiert le nominatif, soit comme apposition au terme sous-entendu dépendant du verbe « yaqdhifu ».

Al-Naḥḥâs ajoute deux autres explications pour le nominatif : il peut s’agir d’un second prédicat venant après un premier, ou bien du prédicat d’un sujet sous-entendu. Al-Farrâ’ prétend que, dans ce genre de construction, le nominatif est plus fréquent dans la langue des Arabes lorsqu’il suit un prédicat introduit par « inna », à l’image du verset : « إِنَّ ذَلِكَ لَحَقٌّ تَخَاصُمُ أَهْلِ النَّارِ » (Ṣâd, 64).

Le mot « al-ghuyûb » a, en outre, été récité selon les trois vocalisations : al-ghuyûb (sur le modèle de buyût), al-ghuyūb (u/ū), et al-ghayûb (sur le modèle de ṣabūr) ; ce dernier renvoie à ce qui est extrêmement caché et dissimulé.

(49) « Dis : la Vérité est venue, et le faux ne peut rien inaugurer ni revenir. »

Selon Saʿîd d’après Qatâdah, « la Vérité » désigne le Coran. Al-Naḥḥâs précise : le sens est : « est venu le détenteur de la Vérité », c’est-à-dire le Livre renfermant preuves et arguments décisifs.

« Le faux ne peut rien inaugurer ni revenir » : Qatâdah explique que « le faux » vise Satan ; il n’est capable de créer personne, ni de recommencer quoi que ce soit. Ici, « mâ » est une négation ; toutefois, elle peut aussi être interrogative : « Qu’est-il donc resté au faux pour qu’il l’inaugure ou le renouvelle ? », c’est-à-dire qu’il ne subsiste absolument rien, comme dans l’expression : « Vois-tu pour eux la moindre survivance ? » (Al-Ḥâqqah, 8).

(50) « Dis : Si je m’égare, je ne m’égare qu’à mon propre détriment ; et si je me guide, c’est grâce à ce que mon Seigneur me révèle ; Il est, en vérité, Celui qui entend tout, le Tout-Proche. »

Les mécréants disaient au Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – : « Tu as abandonné la religion de tes pères et tu t’es fourvoyé. » Il lui fut ordonné de répondre : « Si je m’égare comme vous le prétendez, je ne porte préjudice qu’à moi-même. » La lecture la plus courante est « ḍalaltu » avec lâm ouverte. Yahyâ ibn Waththâb, entre autres, lit « ḍilaltu » (lâm cassée) et prononce « aḍallu » avec ḍâd ouverte. « Ḍalâl » et « ḍalâlah » sont l’antonyme de « rushd » (la droiture). Ainsi, « je me serai égaré (ḍalaltu) » ne lèse que moi-même.

وَقَرَأَ عِيسَى بْنُ عُمَرَ " عَلَّامُ الْغُيُوبِ" عَلَى أَنَّهُ بَدَلٌ، أَيْ قُلْ إِنَّ رَبِّي عَلَّامُ الْغُيُوبِ يَقْذِفُ بِالْحَقِّ. قَالَ الزَّجَّاجُ. وَالرَّفْعُ مِنْ وَجْهَيْنِ عَلَى الْمَوْضِعِ، لِأَنَّ الْمَوْضِعَ مَوْضِعُ رَفْعٍ، أَوْ عَلَى الْبَدَلِ مِمَّا فِي يَقْذِفُ. النَّحَّاسُ: وَفِي الرَّفْعِ وَجْهَانِ آخَرَانِ: يَكُونُ خَبَرًا بَعْدَ خَبَرٍ، وَيَكُونُ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَأٍ. وَزَعَمَ الْفَرَّاءُ أَنَّ الرَّفْعَ فِي مِثْلِ هَذَا أَكْثَرُ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ إِذَا أَتَى بَعْدَ خَبَرِ " إِنَّ" وَمِثْلُهُ " إِنَّ ذلِكَ لَحَقٌّ تَخاصُمُ أَهْلِ «١» النَّارِ" [ص: ٦٤] وقرى: " الْغُيُوبِ" بِالْحَرَكَاتِ الثَّلَاثِ، فَالْغُيُوبُ كَالْبُيُوتِ «٢» ، وَالْغَيُوبُ كَالصَّبُورِ، وهو الامر الذي غاب وخفي جدا. [[سورة سبإ (٣٤) : آية ٤٩]] قُلْ جاءَ الْحَقُّ وَما يُبْدِئُ الْباطِلُ وَما يُعِيدُ (٤٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلْ جاءَ الْحَقُّ) قَالَ سَعِيدٌ عَنْ قَتَادَةَ: يُرِيدُ الْقُرْآنَ. النَّحَّاسُ: وَالتَّقْدِيرُ جَاءَ صَاحِبُ الْحَقِّ أَيِ الْكِتَابِ الَّذِي فِيهِ الْبَرَاهِينُ وَالْحُجَجُ. (وَما يُبْدِئُ الْباطِلُ) قَالَ قَتَادَةُ: الشَّيْطَانُ، أَيْ مَا يَخْلُقُ الشَّيْطَانُ أَحَدًا (وَما يُعِيدُ) فَ "- مَا" نَفْيٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ استفهاما بمعنى أي شي، أي جاء الحق فأي شي بقي للباطل حتى يعيده ويبديه أي فلم يبق منه شي، كقوله: " فَهَلْ تَرى لَهُمْ مِنْ باقِيَةٍ" «٣» [الحاقة: ٨] أي لا ترى. [[سورة سبإ (٣٤) : آية ٥٠]] قُلْ إِنْ ضَلَلْتُ فَإِنَّما أَضِلُّ عَلى نَفْسِي وَإِنِ اهْتَدَيْتُ فَبِما يُوحِي إِلَيَّ رَبِّي إِنَّهُ سَمِيعٌ قَرِيبٌ (٥٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلْ إِنْ ضَلَلْتُ فَإِنَّما أَضِلُّ عَلى نَفْسِي) وَذَلِكَ أَنَّ الْكُفَّارَ قَالُوا تَرَكْتَ دِينَ آبَائِكَ فَضَلَلْتَ. فَقَالَ لَهُ: قُلْ يَا مُحَمَّدُ إِنْ ضَلَلْتُ كَمَا تَزْعُمُونَ فَإِنَّمَا أَضِلُّ عَلَى نَفْسِي. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " ضَلَلْتُ" بِفَتْحِ اللَّامِ. وَقَرَأَ يَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَغَيْرُهُ: " قُلْ إِنْ ضَلِلْتُ" بِكَسْرِ اللَّامِ وَفَتْحِ الضَّادِ مِنْ " أَضَلُّ" ، وَالضَّلَالُ وَالضَّلَالَةُ ضِدُّ الرَّشَادِ. وَقَدْ ضللت (بفتح اللام) أضل
(١). راجع ج ١٥ ص ٢٢٥. (٢). عبارة روح المعاني: ( ... الغيوب (بالكسر) كالبيوت (. وعبارة البحر) ... أما الضم فجمع غيب، وأما الكسر فكذلك استثقلوا ضمتين والواو فكسروا لتناسب الكسر مع الياء والضمة التي على الياء مع الواو وأما الفتح فمفعول للمبالغة كالصبور. (٣). راجع ج ١٨ ص ٢١٦.

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