Sourate Saba’ (34) : verset 46
Dis : « Je ne vous exhorte qu’à une seule chose : que vous vous leviez pour Allah, deux par deux et individuellement, puis que vous méditiez : votre compagnon n’est nullement atteint de folie ; il n’est pour vous qu’un avertisseur précédant un châtiment sévère. » (46)
Paroles du Très-Haut :
« Dis : Je ne vous exhorte qu’à une seule chose » – Il parachève ici l’argument contre les polythéistes. Autrement dit, dis-leur, ô Muhammad :
« Je ne vous exhorte » : je vous rappelle et vous mets en garde contre la funeste issue de l’état dans lequel vous persistez.
« À une seule chose » : par une parole unique qui renferme tout le discours et implique la négation du polythéisme afin d’établir l’Unicité de la Divinité.
Mujâhid a dit : il s’agit de « Lâ ilâha illâ Allâh » ; telle est aussi l’opinion d’Ibn ‘Abbâs et d’as-Suddî.
Selon un autre propos de Mujâhid : il s’agit de l’obéissance à Allah.
D’autres ont dit : du Coran, car il regroupe l’ensemble des exhortations.
D’autres encore : il faut comprendre « par un seul trait », que le verset explicite ensuite :
« Que vous vous leviez pour Allah, deux par deux et individuellement ».
Ainsi, la particule « an » se trouve soit en position de complément, en apposition à « unique », soit au nominatif après un sujet sous-entendu – c’est-à-dire : cette chose unique, c’est que vous vous leviez. Pour az-Zajjâj, elle est à l’accusatif, au sens de « afin que vous vous leviez ». Ce « lever » signifie se mobiliser à la recherche de la vérité, non le simple fait de se mettre debout ; on dit par exemple : « Un tel s’est levé pour telle affaire », c’est-à-dire pour la Face d’Allah et dans la quête de Sa proximité. De même – Exalté soit-Il – a dit : « … et que vous vous leviez en équité pour les orphelins » (an-Nisâ’ : 127).
« Deux par deux et individuellement » signifie : seuls ou réunis, selon as-Suddî. On a également dit : seul avec son opinion ou en consultant autrui ; c’est un propos transmis. Al-Qutaybî a dit : en débattant avec un tiers ou en réfléchissant en soi-même ; toutes ces explications sont proches. Une quatrième interprétation, rapportée par al-Mâwardî, veut que « deux par deux » désigne l’œuvre du jour et « individuellement » celle de la nuit, car, de jour, l’on est assisté, tandis que, de nuit, l’on est seul.
D’autres ont avancé qu’Allah a dit « deux par deux et individuellement » parce que l’intellect est la preuve d’Allah auprès des serviteurs ; plus l’intellect d’un homme est complet, plus sa part auprès d’Allah est grande. Lorsqu’ils sont seuls, ils n’ont qu’une seule réflexion ; lorsqu’ils sont deux, leurs deux intelligences se font face et il leur apparaît de la science ce qui se trouve multiplié par rapport à la réflexion solitaire – Allah est plus savant.
« Puis que vous méditiez : votre compagnon n’est nullement atteint de folie »
Selon Abû Hâtim et Ibn al-Anbârî, on s’arrête (au niveau de la récitation) sur « puis que vous méditiez ».
D’autres disent qu’il ne s’agit pas d’un arrêt, car le sens est : ensuite réfléchissez : avez-vous jamais éprouvé votre compagnon en le trouvant menteur, ou lui avez-vous constaté quelque folie, ou dans ses états