Parole du Très-Haut :
« Nous n’avons envoyé aucun avertisseur dans une cité sans que ses notables fortunés ne disent : “Nous mécroyons en ce avec quoi vous avez été envoyés.” »
Qatâda explique : il s’agit de ses riches, de ses chefs, de ses tyrans ; les meneurs du mal face aux messagers.
« Et ils dirent : “Nous sommes plus abondants en biens et en enfants.” »
C’est-à-dire : « Nous avons été préférés à vous par la richesse et la descendance ; si votre Seigneur n’était pas satisfait de notre religion et de notre condition, Il ne nous aurait pas accordé ces faveurs. »
« Et nous ne serons pas châtiés. »
Ils veulent dire : celui à qui l’on fait du bien n’est pas châtié.
Allah réfuta donc leur parole et l’argument qu’ils tiraient de leur opulence, et Il dit à Son Prophète – que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui – :
« Dis : “Mon Seigneur étend la subsistance à qui Il veut – c’est-à-dire qu’Il l’élargit – et la restreint – Il la réduit –. » Autrement dit, c’est Allah qui établit des différences entre Ses serviteurs quant aux moyens de subsistance, afin de les mettre à l’épreuve ; rien de cela n’indique ce qu’il en sera des fins dernières. L’aisance matérielle ici-bas ne prouve nullement le bonheur dans l’Au-delà ; ne pensez donc pas que vos biens et vos enfants vous serviront de quelque secours demain.
« Mais la plupart des gens ne savent pas » – faute de réflexion.
Puis, pour insister, Il dit :
« Et ni vos biens ni vos enfants ne sont de nature à vous rapprocher de Nous d’une proche proximité. »
Mujâhid dit : c’est-à-dire « d’une proximité effective ». Le terme « zulfa » signifie la proximité.
Al-Akhfash : c’est l’idée d’« izlâf », un nom d’action ; on comprendrait alors : « … qui vous rapprochent de Nous d’un rapprochement. »
Al-Farâ’ estime que « allatî » vaut pour les biens et les enfants à la fois. Il a encore une autre opinion, adoptée par Abû Isḥâq az-Zajjâj : le sens serait : « Et vos biens ne sont pas ce qui vous rapproche de Nous, ni vos enfants ce qui vous rapproche de Nous d’une proche proximité », l’apodose de la première proposition ayant été omise parce que la seconde la rend évidente.
Al-Farâ’ appuie cela par le vers :
« Nous, de ce que nous possédons, et toi, de ce que tu possèdes, sommes satisfaits ; mais les avis divergent. »
En dehors de la récitation coranique, on pourrait dire « billatayni, billatî, billawatî, billadhayni, billadhîna » pour les enfants seulement ; le sens est : ni vos richesses ne vous élèvent chez Nous en rang, ni ne vous rapprochent réellement.
« Exception faite de celui qui croit et accomplit une œuvre vertueuse. »
Sa‘îd ibn Jubayr dit : c’est-à-dire : sauf celui qui croit et fait le bien ; ses biens et ses enfants ne lui nuiront pas en ce bas-monde.
Al-Layth rapporte de Ṭâwûs qu’il disait : « Ô Allah ! Accorde-moi la foi et les bonnes œuvres, et épargne-moi l’argent et les enfants, car j’ai entendu dans Ta révélation : “Ni vos biens ni vos enfants ne sont ce qui vous rapproche de Nous d’une proche proximité, si ce n’est celui qui croit et fait le bien.” »
Je (l’auteur) dis : La parole de Ṭâwûs appelle à l’examen. Le sens – et Allah sait mieux – est : « Éloigne-moi des biens et des enfants qui poussent à la révolte, ou de ceux qui sont dépourvus de tout bien. » Car une fortune licite et un enfant vertueux pour un homme vertueux : quelle excellente chose ! – et cela a déjà été exposé dans la sourate Âl ‘Imrân.