Et il a été rapporté la variante de lecture : « يَشْرُونَ ».
À propos du verset : « وَأَسَرُّوا النَّدامَةَ », on a dit : le regret se révéla dans les replis de leurs visages. Il a aussi été dit : le regret ne se manifeste pas, il demeure dans le cœur ; ce qui apparaît n’est que ce qu’il engendre, ainsi qu’il a déjà été exposé dans les sourates Yûnus et Âl-‘Imrân. D’autres ont expliqué que l’expression de leur regret se trouve dans leur parole : « Ah ! Si seulement nous avions un retour (à la vie), nous serions alors parmi les croyants » (ash-Shu‘arâ’, 102). Une autre opinion veut qu’ils aient gardé leur regret entre eux sans l’exprimer à haute voix, comme il est dit : « Ils se confient leurs propos en secret » (al-Anbiyâ’, 3).
« Nous avons placé des carcans aux cous de ceux qui ont mécru ». Les « aghlâl » (carcans) sont le pluriel de « ghul » ; on dit : « Il a un carcan de fer au cou ». De là, l’expression « ghullun qamilun » qu’on applique à la femme de mauvais caractère ; à l’origine, le carcan était fait de cuir sur lequel poussait du poil et il se remplissait de lentes. On dit encore : « J’ai lié sa main à son cou ; il a été entravé et se trouve donc enchaîné ». On dit également : « Il n’a ni ‘ulla ni ghulla »¹. Le terme « ghull », de même que « ghalla », désigne aussi la brûlure de la soif, tout comme « ghalîl ». On en tire le verbe « gulla ar-rajulu yugallu ghallalan » : l’homme est tenaillé par la soif, passif dont on tait l’agent, selon al-Jawharî.
L’expression signifie : « Nous avons rendu les entraves communes aux suiveurs comme aux suivis » ; selon d’autres, elle vise des gens autres que ces deux groupes. Certains disent encore que le pronom « ceux qui ont mécru » revient à ces derniers. D’autres estiment que la période se termine aux mots : « lorsqu’ils virent le châtiment », puis qu’une nouvelle phrase commence : « Nous avons placé les carcans » pour l’ensemble des mécréants.
« Seront-ils rétribués autrement qu’en fonction de ce qu’ils œuvraient ? » — c’est-à-dire dans ce bas-monde.
Sourate Saba’, versets 34 à 38 :
34. Nous n’avons envoyé dans aucune cité d’avertisseur sans que ses nantis ne disent : « Nous ne croyons pas à ce avec quoi vous avez été envoyés. »
35. Et ils dirent : « Nous sommes plus riches et plus nombreux en enfants, et jamais nous ne serons châtiés. »
36. Dis : « Mon Seigneur étend la subsistance à qui Il veut et la restreint, mais la plupart des gens ne savent pas. »
37. Vos biens ni vos enfants ne sauraient vous rapprocher de Nous d’aucune façon, sauf celui qui a cru et accompli des œuvres pies : ceux-là auront, pour ce qu’ils ont fait, une récompense doublée et ils seront en sécurité dans les demeures élevées.
38. Quant à ceux qui s’emploient, au sujet de Nos signes, à Nous réduire à l’impuissance, ceux-là seront traduits d’urgence vers le châtiment.
¹ Expression proverbiale signifiant qu’il ne possède ni bien ni pouvoir de contrainte.