Paroles du Très-Haut :
« Et les mécréants dirent… » : il s’agit ici des négateurs de Quraych.
« Nous ne croirons jamais à ce Coran ni à ce qui l’a précédé. » Saʿîd rapporte de Qatâdah que l’expression « à ce qui l’a précédé » vise les Écritures et les Prophètes – que la prière et la paix soient sur eux. D’autres ont dit : il s’agit de l’au-delà.
Ibn Jurayj indique que l’auteur de cette parole fut Abû Jahl b. Hishâm.
On rapporte encore que les Gens du Livre dirent aux idolâtres : « La description de Muḥammad se trouve dans notre Écriture ; interrogez-le donc. » Lorsqu’ils le questionnèrent et que ses réponses concordèrent avec les propos des Gens du Livre, les polythéistes déclarèrent : « Nous ne croirons ni à ce Coran ni à ce qui fut révélé avant lui – la Torah et l’Évangile ; en réalité, nous renions l’ensemble. » Or, auparavant, ils consultaient les Gens du Livre et se prévalaient de leurs dires ; cette attitude révéla donc leur contradiction et la faiblesse de leur savoir.
Puis Allah – béni et exalté soit-Il – informa de leur situation future en disant : « Si seulement tu voyais, ô Muḥammad, lorsque les injustes seront arrêtés devant leur Seigneur… » c’est-à-dire détenus sur le lieu du jugement, s’adressant les uns aux autres paroles de reproche et de blâme, eux qui, ici-bas, étaient des intimes s’entraidant. La réponse à l’hypothétique « si » est omise ; sous-entendu : « tu verrais alors une scène effroyable et terrifiante. »
Il mentionna ensuite la teneur de leurs propos mutuels : « Ceux qui furent opprimés » – dans ce monde – parmi les mécréants diront « à ceux qui s’enorgueillissaient » – les chefs et les notables : « N’eût été vous, nous aurions été croyants, » c’est-à-dire : vous nous avez égarés et détournés. L’expression la plus pure est « lawlâ antum » ; certains Arabes disent « lawlâkum », forme relevée par Sîbawayh : « lawlâ » met alors le pronom au génitif, tandis que le nom exprimé qui suit est sujet au nominatif, dont le prédicat est omis. Muḥammad b. Yazîd juge la tournure « lawlâkum » incorrecte, car le pronom vient immédiatement après le nom exprimé ; or, celui-ci étant unanimement au nominatif, le pronom doit l’être également.
« Les orgueilleux diront à ceux qu’ils opprimaient : “Est-ce nous qui vous avons empêchés d’accéder à la guidée après qu’elle vous fut venue ?” » – interrogation à valeur de dénégation : nous ne vous avons ni détournés ni contraints. « Mais vous étiez, vous, des criminels » : des polythéistes obstinés dans la mécréance.
« Et les opprimés diront aux orgueilleux : “Non, c’est votre complot, nuit et jour…” » – Le terme makr, dans la langue arabe, désigne originellement la ruse et la tromperie ; on dit : « maka ra bihi », « il complota contre lui » ; il est « mâkir » ou « makkâr ». Al-Akhfash explique qu’il faut sous-entendre : « Voilà le complot de la nuit et du jour. » Al-Naḥḥâs commente – et Allah sait mieux – : « Plutôt, c’est votre complot au cours de la nuit et du jour », c’est-à-dire vos conciliabules secrets avec nous et vos invitations incessantes à la mécréance qui nous ont conduits à cela. Sufyân ath-Thawrî dit : « Plutôt, ce sont vos actes, nuit et jour. » Qatâdah : « C’est votre complot, nuit et jour, qui nous a détournés » ; ainsi le complot fut attribué à ces deux moments parce qu’il s’y déroulait.