Il les a ainsi démentis d’une manière plus élégante que par une simple déclaration explicite de mensonge.
Sens visé : « C’est vous qui êtes égarés, lorsque vous avez associé à Celui qui vous pourvoit de subsistance, depuis les cieux et la terre. »
« أَوْ إِيَّاكُمْ – ou vous » est coordonné au nom de « إِنَّ – certes ». Si l’on avait coordonné sur la position syntaxique elle-même, on aurait dit : « أَوْ أَنْتُمْ – ou bien vous », et l’expression « لَعَلى هُدىً – assurément sur la bonne voie » ne concernerait alors que le premier terme, à l’exclusion du second.
Lorsque l’on dit : « أَوْ إِيَّاكُمْ », l’expression est prioritairement rapportée au second terme, l’idée ayant été omise pour le premier. Il est toutefois permis qu’elle se rapporte au premier, et c’est l’opinion retenue par al-Mubarrad.
Il ajoute : l’expression a le sens de la parole d’un homme clairvoyant à son interlocuteur lorsqu’il veut souligner la vérité de la menace et la force de son argumentation manifeste : « L’un de nous est un menteur », alors que le locuteur sait pertinemment où se trouve la vérité ; tout comme on dit : « Je ferai telle chose, tu feras telle chose, et l’un de nous se trompe », tout en sachant que l’erreur vient de l’autre. De la même façon, l’énoncé divin :
« Et certes nous, ou bien vous, sommes soit sur la bonne voie, soit dans un égarement manifeste ».
Chez les grammairiens de Baṣra, la particule « أَوْ – ou » conserve ici sa valeur originelle ; elle n’exprime pas le doute, mais répond à l’usage arabe dans ce genre de contexte, lorsque le narrateur ne souhaite pas préciser, bien qu’il connaisse la réalité du propos.
Abû ʿUbaydah et al-Farrâ’ estiment, quant à eux, que « أَوْ » a ici le sens de la conjonction « وَ – et ». On comprend alors : « Et certes, nous sommes sur la bonne voie, tandis que vous êtes, vous, dans un égarement manifeste. »
Jarîr a dit :
« As-Thalabah des cavaliers, ou bien Rîyâḥ ; tu les as comparés à Tuḥayyah et aux Rabâb »(1)
– il entend par là : As-Thalabah et Rîyâḥ.
Un autre poète a dit :
« Lorsque la guerre s’enflamma entre nous, nous avons envisagé Rîyâḥ ou bien Rizzâm. »
Parole du Très-Haut (34 : 25) :
« Dis : Vous ne serez pas interrogés au sujet de ce que nous avons commis, et nous ne serons pas interrogés au sujet de ce que vous faites. »
Explication :
« …de ce que nous avons commis » : c’est-à-dire ce que nous avons acquis. – « …et nous ne serons pas interrogés » non plus « au sujet de ce que vous faites ». Autrement dit : l’unique but de l’appel que je vous adresse est votre propre bien ; votre mécréance ne me cause aucun tort. C’est semblable à la parole : « À vous votre religion, et à moi la mienne » (Sourate al-Kâfirûn, v. 6).
Allah rétribuera tout le monde. Ce verset constitue une disposition de trêve et de non-affrontement ; il a été abrogé par le « verset du sabre ». D’aucuns ont dit qu’il a été révélé avant ce dernier.
Parole du Très-Haut (34 : 26) :
« Dis : Notre Seigneur nous rassemblera, puis Il tranchera entre nous en toute vérité ; et c’est Lui le Juge Suprême, l’Omniscient. »
(1) Lecture du dîwân et du Kitâb de Sîbawayh : « …wa-l-khashâbâ – …et aux Khachâb. »