Quant au propriétaire de brebis, il immolait chaque jour une brebis, si bien qu’ils se mirent à dilapider rapidement leurs biens. Alors la tribu de Thaqîf – réputée la plus sensée des Arabes – s’écria : « Ô gens ! Préservez vos biens, car Celui qui est au ciel n’est pas mort et ce phénomène ne relève pas d’une désagrégation de l’univers. Ne voyez-vous pas vos repères parmi les étoiles, le soleil, la lune, la nuit et le jour, tels qu’ils sont ? »
Iblîs déclara alors : « Il s’est produit aujourd’hui sur la terre un événement. Apportez-moi de la poussière de chaque contrée. » Ils la lui apportèrent ; il se mit à la flairer et, lorsqu’il sentit la poussière de La Mecque, il dit : « C’est d’ici que provient l’événement. » Ils prêtèrent l’oreille, et voici que le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – venait d’être envoyé.
Ce sens a déjà été rapporté, sous une forme marfû‘ et abrégée, dans la sourate al-Hijr ; il en va de même de la mention de leur lapidation par les bolides enflammés et de leur brûlure par ceux-ci, dont l’explication viendra, si Allah le veut, dans la sourate al-Jinn.
On a également affirmé qu’ils sont épouvantés par la survenue de l’Heure.
Al-Kalbî et Kaʿb ont dit : Il s’écoula entre ‘Issâ et Muhammad – sur eux la paix – un intervalle de cinq cent cinquante ans durant lequel aucun messager ne fut envoyé. Lorsque Allah – Très-Haut – envoya Muhammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –, Il s’adressa à Jibrîl pour la mission. Les anges, entendant la Parole, crurent que l’Heure s’était levée et furent foudroyés par ce qu’ils avaient entendu. Quand Jibrîl descendit, il traversa chaque ciel, leva le voile qui les couvrait ; les anges y relevèrent la tête et se dirent les uns aux autres : « Qu’a donc dit votre Seigneur ? » Ils ne surent pas ce qu’Il avait dit, mais ils proclamèrent : « Il a dit la Vérité ; Il est le Très-Haut, le Très-Grand. » En effet, l’envoi de Muhammad – sur lui la paix – compte, pour les habitants des cieux, parmi les signes annonciateurs de l’Heure.
Ad-Dahhâk a dit : Les anges « muʿaqqibât » qui se relaient auprès des habitants de la terre pour consigner leurs œuvres sont envoyés par le Seigneur – Béni et Exalté soit-Il. Lorsqu’ils redescendent, on entend un fracas retentissant ; les anges situés au-dessous d’eux s’imaginent qu’il s’agit d’un ordre concernant l’Heure ; ils se prosternent et sont foudroyés jusqu’à ce qu’ils apprennent qu’il ne s’agissait pas d’une affaire liée à l’Heure.
Ceci est un avertissement d’Allah – Très-Haut – et une information : les anges, malgré leur élection et leur rang éminent, ne peuvent intercéder pour quiconque avant d’y être autorisés ; lorsqu’ils reçoivent la permission et entendent la Parole, ils sont foudroyés – telle est leur condition. Comment alors vos idoles pourraient-elles intercéder, ou comment vous-mêmes espérez-vous une intercession alors que vous ne reconnaissez même pas la Résurrection ?
Al-Hasan, Ibn Zayd et Mujâhid ont dit : « … jusqu’à ce que l’effroi soit ôté des cœurs des polythéistes. » Ils ont également déclaré : « Cela se produira dans l’au-delà, au moment où la mort descend, afin que la preuve soit établie contre eux. Les anges leur diront : “Qu’a dit votre Seigneur, dans la vie d’ici-bas ?” Ils répondront : “Il a dit la Vérité ; Il est le Très-Haut, le Très-Grand”, et ils reconnaîtront alors la vérité. »