Il – exalté soit-Il – veut dire : Il se peut que cette permission (de plaider) leur soit accordée dans le bas-monde afin d’intercéder pour certaines gens, comme il se peut qu’elle le soit dans l’Au-delà. Le propos comporte une ellipse : « L’intercession n’est d’aucune utilité auprès de Lui si ce n’est pour celui à qui Il l’a accordée ; celui-ci est alors saisi de frayeur devant l’autorisation qui lui parvient, par révérence pour la parole d’Allah ». Puis, lorsque la frayeur se dissipe de leurs cœurs, ils répondent en se soumettant.
On a également dit : cette frayeur atteint aujourd’hui les anges à chaque décret que le Seigneur – Très-haut – ordonne ; autrement dit, l’intercession ne profite que par l’entremise des anges qui, aujourd’hui encore, sont saisis de crainte et obéissants à Allah – exalté soit-Il –, à l’exclusion des êtres inanimés et des démons.
Dans le Ṣaḥīḥ de l’Imam at-Tirmidhî, il est rapporté d’après Abû Hurayrah – qu’Allah l’agrée – que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Lorsque Allah décide d’une affaire dans le ciel, les anges frappent de leurs ailes par soumission à Sa parole, tel le bruit d’une chaîne sur une dalle de pierre lisse. Puis, lorsque la frayeur est ôtée de leurs cœurs, ils se disent : “Qu’a donc dit votre Seigneur ?” – ils répondent : “La Vérité, et c’est Lui le Très-Haut, le Très-Grand.” – et les démons se tiennent les uns au-dessus des autres… » Hadith jugé bon et authentique.
An-Nawwâs ibn Samʿân rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Lorsque Allah veut révéler un ordre, Il transmet la Révélation ; les cieux sont alors secoués d’un fort tremblement ou frisson, par crainte d’Allah – Très-haut. Lorsque les habitants des cieux l’entendent, ils s’évanouissent et tombent prosternés devant Allah. Le premier à relever la tête est Jibrîl (Gabriel) ; Allah lui adresse alors la part de Révélation qu’Il veut. Gabriel passe ensuite auprès des anges ; chaque fois qu’il traverse un ciel, ses anges lui demandent : “Qu’a dit notre Seigneur, ô Gabriel ?” Il répond : “Il a dit la Vérité, et c’est Lui le Très-Haut, le Très-Grand.” Tous répètent alors la même chose, et Gabriel poursuit la Révélation jusqu’au lieu qu’Allah – Très-haut – lui a désigné. »
Al-Bayhaqî rapporte d’après Ibn ʿAbbâs, à propos de la parole du Très-haut : « …jusqu’à ce que la frayeur soit ôtée de leurs cœurs » :
« Chaque clan parmi les djinns avait un poste d’écoute dans le ciel pour surprendre la Révélation. Lorsque celle-ci descendait, on en entendait un bruit semblable au glissement d’une chaîne sur un roc lisse ; aussitôt, les habitants de chaque ciel frappé s’évanouissaient. Quand la frayeur se dissipait de leurs cœurs, ils disaient : “Qu’a dit votre Seigneur ?” – On leur répondait : “La Vérité, et c’est Lui le Très-Haut, le Très-Grand.” Puis ils précisaient : “Il se produira telle chose, telle autre…” Les djinns entendaient ces propos, les transmettaient aux devins, et ceux-ci aux gens : “Il arrivera telle et telle chose cette année”, et l’on constatait effectivement la réalisation de ces événements.
Lorsque Allah envoya Muhammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, les djinns furent repoussés par les étoiles filantes. Les Arabes, ne recevant plus d’informations des djinns, dirent alors : “Les habitants du ciel ont péri !” Celui qui possédait des chameaux se mit à égorger chaque jour un chameau, et celui qui possédait des bovins immolait chaque jour une vache…"