Parole du Très-Haut :
« Et, certes, Iblîs a fait se réaliser contre eux ce qu’il avait présumé. »
Ce passage comporte quatre variantes de lecture :
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Abû Jaʿfar, Shaybah, Nâfiʿ, Abû ʿAmr, Ibn Kathîr, Ibn ʿÂmir – et, d’après un récit, Mujâhid – récitent :
« wa-laqad ṣadaqa ʿalayhim » (صَدَقَ) en allégeant (sans redoublement), avec « Iblîsu » au nominatif et « ẓannahu » à l’accusatif, c’est-à-dire : dans ce qu’il avait supposé.Az-Zajjâj dit : le mot est ici à valeur de masdar ; autrement dit : « Il a confirmé à leur sujet une présomption qu’il avait », la forme étant accusative en tant que masdar ou, selon d’autres, circonstancielle.
Abû ʿAlî commente : « ẓannahu » est mis à l’accusatif parce qu’il est complément d’objet : « Il a confirmé la présomption qu’il avait formulée quand il déclara : ‟Je me tiendrai pour eux sur Ta voie droite” (al-Aʿrâf, 16) et ‟Je les égarerai tous, sans exception” (al-Ḥijr, 39). » Le verbe « ṣadaqa » peut, en arabe, régir un complément direct ; on dit : « ṣadaqa al-ḥadîtha », c-à-d. « il a dit la vérité dans son récit ».
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Ibn ʿAbbâs, Yaḥyâ ibn Wathṭâb, al-Aʿmash, ʿÂṣim, Ḥamzah et al-Kisâʾî récitent : « ṣaddaqa » (صَدَّقَ) avec redoublement de la deuxième consonne, et « ẓannahu » à l’accusatif, le verbe s’exerçant sur lui. Mujâhid explique : « Il forma une opinion ; celle-ci se réalisa ; il a donc confirmé son opinion. »
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Jaʿfar ibn Muḥammad et Abû al-Hajhaj lisent : « ṣadaqa ʿalayhim » (صَدَقَ) en allégeant, « Iblîsa » à l’accusatif et « ẓannuhu » au nominatif. Abû Ḥâtim estime que cette lecture n’a pas, selon lui, de fondement valable – Allah sait mieux. Al-Farrâʾ, toutefois, l’a admise, et Az-Zajjâj l’a également mentionnée, prenant « ẓannu » comme sujet du verbe « ṣaddaqa » et « Iblîsa » comme objet ; le sens devient alors : « La présomption qu’Iblîs avait conçue à leur sujet l’a poussé à agir, et cette présomption s’est réalisée. » L’expression « ʿalá » se rattache ici au verbe « ṣaddaqa », comme dans : « Je t’ai donné raison quant à ce que je pensais de toi » ; elle ne peut se rapporter au mot « ẓann », car, en arabe, un élément de la subordonnée ne peut précéder le terme relatif auquel il se rattache.
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Quatrième lecture : « wa-laqad ṣaddaqa ʿalayhim Iblîsu ẓannuhu » avec « Iblîsu » et « ẓannu » au nominatif, le verbe étant sans redoublement. Ici, « ẓannuhu » est pris comme badal ishtimâl (remplacement par ce qui est inclus) de « Iblîsu ».
Interprétations :
– On a dit qu’il s’agit des gens de Sabaʾ : ils devinrent mécréants, altérèrent et changèrent la religion après avoir été musulmans, à l’exception d’un groupe d’entre eux qui crut à leurs messagers.
– D’autres ont soutenu qu’il s’agit d’une portée générale : Iblîs a vu son opinion confirmée à l’égard de l’ensemble des humains, hormis ceux qui obéissent à Allah – ainsi l’a expliqué Mujâhid.
Al-Ḥasan rapporte : lorsque Adam – paix sur lui – fut descendu du Paradis avec Ḥawwâʾ et qu’Iblîs fut également précipité, celui-ci déclara : « Après avoir atteint ce que j’ai atteint des deux parents, leur descendance sera d’autant plus faible ! » Ce fut l’opinion qu’il forma, et Allah révéla alors : « Et Iblîs a bel et bien confirmé contre eux ce qu’il avait présumé. »
Ibn ʿAbbâs dit : Iblîs déclara : « J’ai été créé de feu alors qu’Adam a été créé d’argile. »