Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Par crainte des dangers de la route, lorsqu’il trouvait de quoi se nourrir et la sécurité, le voyageur ne s’imposait plus d’efforts pénibles et s’arrêtait où bon lui semblait.

« Parcourez-la » (سِيرُوا فِيهَا) : autrement dit, « Nous leur avons dit : parcourez cet itinéraire ». Il s’agit d’un ordre de faculté ; ils pouvaient donc s’y déplacer jusqu’à leurs destinations, chaque fois qu’ils le désiraient, en toute sûreté. Cet impératif a ici valeur d’énoncé, l’expression « Nous avons dit » étant sous-entendue.

« Des nuits et des jours » (لَيالِيَ وَأَيَّامًا) : deux compléments circonstanciels de temps ; « en sécurité » (آمِنِينَ) est exprimé au cas de l’état. L’usage de l’indéfini dans « des nuits et des jours » signale la brièveté de leurs trajets : ils n’avaient pas besoin de longs voyages, puisqu’ils trouvaient à portée tout ce dont ils avaient besoin.

Qatâdah a dit : « Ils marchaient sans peur, sans faim ni soif ; ils parcouraient une distance de quatre mois dans une sécurité telle que nul ne molestait autrui ; même si un homme rencontrait l’assassin de son père, il ne le toucherait pas. »

Puis vient la Parole du Très-Haut (Saba’ 34 : 19) :
« Ils dirent : “Seigneur, allonge la distance entre nos étapes.” Ils se firent du tort à eux-mêmes ; Nous fîmes d’eux un sujet de récits et Nous les dispersâmes totalement ; il y a certes en cela des signes pour tout serviteur extrêmement patient et reconnaissant. »

Commentaire :
« Ils dirent : ‘Seigneur, éloigne [la distance] entre nos étapes’ » : lorsque, par vanité et rébellion, ils se lassèrent du confort, incapables de supporter la prospérité, ils souhaitèrent des voyages longs et pénibles pour gagner leur subsistance. Cela rappelle la parole des Enfants d’Israël : « Invoque pour nous ton Seigneur afin qu’Il fasse sortir pour nous de ce que la terre fait pousser : ses légumes… » (al-Baqarah, 2 : 61), ou encore la supplication d’al-Naḍr b. al-Hârith : « Ô Allah, si ceci est la vérité venant de Toi, alors fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel » (al-Anfâl, 8 : 32). Allah – glorifié et exalté soit-Il – exauça sa parole : il fut tué le jour de Badr, passé au fil de l’épée, exécuté sur place. De la même manière, ces gens-là furent dispersés dans le monde, déchirés de toutes parts ; des étendues sauvages et des déserts furent placés entre eux et la Syrie, qu’ils ne pouvaient traverser qu’à dos de montures, emportant provisions et vivres.

La lecture majoritaire vocalise « Rabbana » à l’accusatif, car il s’agit d’un vocatif annexé ; il se trouve décliné comme objet direct, le sens étant : « Je T’appelle, je T’invoque. » Quant au verbe « bâʿid », ils y demandent l’éloignement entre leurs étapes.

Ibn Kathîr, Abû ʿAmr, Ibn Muḥayṣin et Hishâm d’après Ibn ʿÂmir ont récité : « Rabbana » (de même) « baʿʿid » (avec redoublement), dérivé de la racine « tabʿîd » (éloignement).

Al-Naḥḥâs dit : « bâʿid » et « baʿʿid » ont le même sens, comme on dit « qârib » et « qarrib » (rapproche-toi/rapproche). Abû Ṣâliḥ, Muḥammad b. al-Ḥanafiyyah, Abû l-ʿÂliyah et Naṣr b. ʿĀṣim l’ont également récité ainsi.

وَلِخَوْفِ الطَّرِيقِ، فَإِذَا وَجَدَ الزَّادَ وَالْأَمْنَ لَمْ يَحْمِلْ عَلَى نَفْسِهِ الْمَشَقَّةَ وَنَزَلَ أَيْنَمَا أَرَادَ. (سِيرُوا فِيها) أَيْ وَقُلْنَا لَهُمْ سِيرُوا فِيهَا، أَيْ فِي هَذِهِ الْمَسَافَةِ فَهُوَ أَمْرُ تَمْكِينٍ، أَيْ كَانُوا يَسِيرُونَ فِيهَا إِلَى مَقَاصِدِهِمْ إِذَا أَرَادُوا آمِنِينَ، فَهُوَ أَمْرٌ بِمَعْنَى الْخَبَرِ، وَفِيهِ إضمار القول. (لَيالِيَ وَأَيَّاماً) ظَرْفَانِ " آمِنِينَ" نُصِبَ عَلَى الْحَالِ. وَقَالَ: " لَيالِيَ وَأَيَّاماً" بِلَفْظِ النَّكِرَةِ تَنْبِيهًا عَلَى قِصَرِ أَسْفَارِهِمْ، أَيْ كَانُوا لَا يَحْتَاجُونَ إِلَى طُولِ السَّفَرِ لِوُجُودِ مَا يَحْتَاجُونَ إِلَيْهِ. قَالَ قَتَادَةُ: كَانُوا يَسِيرُونَ غَيْرَ خَائِفِينَ وَلَا جِيَاعٍ وَلَا ظِمَاءٍ، وَكَانُوا يَسِيرُونَ مَسِيرَةَ أَرْبَعَةِ أَشْهُرٍ فِي أَمَانٍ لَا يُحَرِّكُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا، وَلَوْ لَقِيَ الرَّجُلُ قاتل أبيه لا يحركه. [[سورة سبإ (٣٤) : آية ١٩]] فَقالُوا رَبَّنا باعِدْ بَيْنَ أَسْفارِنا وَظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ فَجَعَلْناهُمْ أَحادِيثَ وَمَزَّقْناهُمْ كُلَّ مُمَزَّقٍ إِنَّ فِي ذلِكَ لَآياتٍ لِكُلِّ صَبَّارٍ شَكُورٍ (١٩) قوله تعالى: (فَقالُوا رَبَّنا باعِدْ بَيْنَ أَسْفارِنا) لَمَّا بَطِرُوا وَطَغَوْا وَسَئِمُوا الرَّاحَةَ وَلَمْ يَصْبِرُوا عَلَى الْعَافِيَةِ تَمَنَّوْا طُولَ الْأَسْفَارِ وَالْكَدْحَ فِي الْمَعِيشَةِ، كَقَوْلِ بَنِي إِسْرَائِيلَ: " فَادْعُ لَنا رَبَّكَ يُخْرِجْ لَنا مِمَّا تُنْبِتُ الْأَرْضُ مِنْ بَقْلِها" «١» [البقرة: ٦١] الْآيَةَ. وَكَالنَّضْرِ بْنِ الْحَارِثِ حِينَ قَالَ: " اللَّهُمَّ إِنْ كانَ هَذَا هُوَ الْحَقَّ مِنْ عِنْدِكَ فَأَمْطِرْ عَلَيْنا حِجارَةً مِنَ السَّماءِ" «٢» [الأنفال: ٣٢] فَأَجَابَهُ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى، وَقُتِلَ يَوْمَ بَدْرٍ بِالسَّيْفِ صَبْرًا «٣» ، فَكَذَلِكَ هَؤُلَاءِ تَبَدَّدُوا فِي الدُّنْيَا وَمُزِّقُوا كُلَّ مُمَزَّقٍ، وَجُعِلَ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ الشَّامِ فَلَوَاتٌ وَمَفَاوِزُ يَرْكَبُونَ فِيهَا الرَّوَاحِلَ وَيَتَزَوَّدُونَ الْأَزْوَادَ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " رَبَّنا" بِالنَّصْبِ عَلَى أَنَّهُ نِدَاءٌ مُضَافٌ، وَهُوَ مَنْصُوبٌ لِأَنَّهُ مَفْعُولٌ بِهِ، لِأَنَّ مَعْنَاهُ: نَادَيْتُ وَدَعَوْتُ. " باعِدْ" سَأَلُوا الْمُبَاعَدَةَ فِي أَسْفَارِهِمْ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَأَبُو عَمْرٍو وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَهِشَامٌ عَنِ ابْنِ عَامِرٍ: " رَبَّنا" كَذَلِكَ عَلَى الدُّعَاءِ " بَعِّدْ" مِنَ التَّبْعِيدِ. النَّحَّاسُ: وَبَاعِدْ وَبَعِّدْ وَاحِدٌ فِي الْمَعْنَى، كَمَا تَقُولُ: قَارِبْ وقرب. وقرا أبو صالح ومحمد بن الحنفية وأبو العالية ونصر بن عاصم
(١). راجع ج ١ ص ٤٢٢ فما بعد. (٢). راجع ج ٨ ص (٣٩٨) (٣). يقال للرجل إذا شدت يداه ورجلاه أو أمسكه رجل آخر حتى يضرب عنقه أو حبس على القتل حتى يقتل: قتل صبرا. [ ..... ]

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