Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Différentes appellations du terme « al-ʿArim ».

Mujâhid et Ibn Abî Najîḥ ont dit : « al-ʿArim est une eau rouge qu’Allâh, qu’Il soit exalté, fit s’engouffrer dans la digue ; elle la fissura puis la détruisit. » D’après Ibn ʿAbbâs également, al-ʿArim désigne la pluie torrentielle. Certains ont lu le mot « al-ʿArim » avec la lettre râ muette (al-ʿarm).

Selon al-Ḍaḥḥâk, ces événements eurent lieu durant l’intervalle prophétique compris entre ʿÎsâ et Muḥammad – que la paix soit sur eux deux.

ʿAmr b. Shuraḥbîl a dit : « al-ʿArim signifie al-musan­nâh (la digue) », propos qu’a confirmé al-Jawharî. Il ajoute : « Ce terme n’a pas de singulier dérivé de sa propre racine ; on emploie cependant ʿarimah comme forme au singulier. »

Muḥammad b. Yazîd explique : « al-ʿArim désigne tout ce qui fait barrage entre deux choses ; on l’appelle également al-sikr et c’est le pluriel de ʿirmah. »

Al-Naḥḥâs précise : « Lorsque l’eau de pluie s’accumule entre deux montagnes et qu’une digue (musan­nâh) en bloque la sortie, on parle d’al-ʿArim. La musan­nâh est ce que les Egyptiens nomment al-jisr (la chaussée). Ils ouvraient cette digue à leur convenance ; une fois leurs deux jardins irrigués, ils la refermaient. »

Al-Harawî rapporte : « La musan­nâh est un ouvrage tressé érigé pour retenir la crue et la détourner ; on l’a appelée ainsi parce qu’elle comporte des vannes permettant de réguler l’eau. Il est rapporté encore qu’al-ʿArim est le barrage construit par Balqîs, la souveraine que l’on associe à Sulaymân – sur lui la prière et la paix. Dans la langue des Himyarites on l’appelle musan­nâh ; elle le bâtit en pierre et en bitume, y aménagea trois portes superposées. Le terme est dérivé de al-ʿarâmah, qui signifie la force : on dit d’un homme qu’il est ʿârim, c’est-à-dire vigoureux. »

« J’ai arima l’os », c’est-à-dire je l’ai rongé ; pareillement, « les chameaux arimat l’arbre », c’est-à-dire en ont brouté l’écorce.

Al-ʿurâm (avec ḍamma sur le ʿayn) désigne les lambeaux de chair restant sur l’os ou ce qui reste autour du tronc d’un arbre. « Taʿarramtu l-ʿaẓm » signifie : je l’ai bien rogné. Un « enfant ʿârim, qui manifeste un ʿurâm évident » est un enfant rude et hargneux. On dit encore : ʿarima – yaʿrumu / yaʿrimu – ʿarâmah (avec fatḥa). Al-ʿArim, c’est donc al-ʿÂrim, selon al-Jawharî.

Parole du Très-Haut :
« Nous leur avons substitué à leurs deux jardins deux autres jardins produisant un fruit mêlé de khamṭ. »

Abû ʿAmr a récité : « ukuli khamṭ » (sans tanwîn, en état d’annexion).

Les exégètes ainsi qu’al-Khalîl disent : al-khamṭ est l’arak (Salvadora persica).

Al-Jawharî : al-khamṭ est une variété d’arak dont le fruit est comestible.

Abû ʿUbaydah : c’est tout arbre épineux au goût amer.

Al-Zajjâj : toute plante d’une amertume telle qu’on ne puisse la consommer.

Al-Mubarrad : al-khamṭ désigne tout produit qui s’est altéré au point de ne plus être désiré ; ainsi le lait devient khamṭ lorsqu’il tourne à l’aigre. Selon lui, la lecture la plus correcte est : « dhâwatay ukulin khamṭin » avec tanwîn ; khamṭin est alors l’épithète de « ukul » ou son substitut, le terme désignant lui-même le khamṭ. Quant à l’annexion (lecture sans tanwîn), elle n’est admissible que si

أَسْمَاءِ الْفَأْرِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ وَابْنُ أَبِي نَجِيحٍ: الْعَرِمِ مَاءٌ أَحْمَرُ أَرْسَلَهُ اللَّهُ تَعَالَى فِي السَّدِّ فَشَقَّهُ وَهَدَمَهُ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا أَنَّ الْعَرِمِ الْمَطَرُ الشَّدِيدُ. وَقِيلَ الْعَرْمِ بِسُكُونِ الرَّاءِ. وَعَنِ الضَّحَّاكِ كَانُوا فِي الْفَتْرَةِ بَيْنَ عِيسَى وَمُحَمَّدٍ عَلَيْهِمَا السَّلَامُ. وَقَالَ عَمْرُو بْنُ شُرَحْبِيلَ: الْعَرِمِ الْمُسَنَّاةُ، وَقَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ، قَالَ: وَلَا وَاحِدَ لَهَا مِنْ لَفْظِهَا، وَيُقَالُ وَاحِدُهَا عَرِمَةٌ. وقال محمد بن يزيد: العرم كل شي حَاجِزٌ بَيْنَ شَيْئَيْنِ، وَهُوَ الَّذِي يُسَمَّى السِّكْرُ، وَهُوَ جَمْعُ عِرْمَةٍ. النَّحَّاسُ: وَمَا يَجْتَمِعُ مِنْ مَطَرٍ بَيْنَ جَبَلَيْنِ وَفِي وَجْهِهِ مُسَنَّاةٌ فَهُوَ الْعَرِمُ، وَالْمُسَنَّاةُ هِيَ الَّتِي يُسَمِّيهَا أَهْلُ مِصْرَ الْجِسْرَ «١» ، فَكَانُوا يَفْتَحُونَهَا إِذَا شَاءُوا فَإِذَا رُوِيَتْ جَنَّتَاهُمْ سَدُّوهَا. قَالَ الْهَرَوِيُّ: الْمُسَنَّاةُ الضَّفِيرَةُ تُبْنَى لِلسَّيْلِ تَرُدُّهُ، سُمِّيَتْ مُسَنَّاةً لِأَنَّ فِيهَا مَفَاتِحَ الْمَاءِ. وَرُوِيَ أَنَّ الْعَرِمَ سَدٌّ بَنَتْهُ بِلْقِيسُ صَاحِبَةُ سُلَيْمَانَ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ، وَهُوَ الْمُسَنَّاةُ بِلُغَةِ حِمْيَرَ، بَنَتْهُ بِالصَّخْرِ وَالْقَارِ، وَجَعَلَتْ لَهُ أبوابا ثلاثة ببعضها فَوْقَ بَعْضٍ، وَهُوَ مُشْتَقٌّ مِنَ الْعَرَامَةِ وَهِيَ الشِّدَّةُ، وَمِنْهُ: رَجُلٌ عَارِمٌ، أَيْ شَدِيدٌ، وَعَرَمْتُ الْعَظْمَ أَعْرِمُهُ وَأَعْرُمهُ عَرْمًا إِذَا عَرَقْتُهُ، وَكَذَلِكَ عَرَمَتِ الْإِبِلُ الشَّجَرَ أَيْ نَالَتْ مِنْهُ. وَالْعُرَامُ بِالضَّمِّ: الْعُرَاقُ مِنَ الْعَظْمِ وَالشَّجَرِ. وَتَعَرَّمْتُ الْعَظْمَ تَعَرَّقْتُهُ. وَصَبِيٌّ عَارِمٌ بَيِّنُ الْعُرَامِ (بِالضَّمِّ) أَيْ شَرِسٌ. وَقَدْ عَرِمَ يَعْرُمُ وَيَعْرِمُ عَرَامَةً (بِالْفَتْحِ) . وَالْعَرِمُ الْعَارِمُ، عَنِ الْجَوْهَرِيِّ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَبَدَّلْناهُمْ بِجَنَّتَيْهِمْ جَنَّتَيْنِ ذَواتَيْ أُكُلٍ خَمْطٍ) وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو (أُكُلِ خَمْطٍ) بِغَيْرِ تَنْوِينٍ مُضَافًا. قَالَ أَهْلُ التَّفْسِيرِ وَالْخَلِيلُ: الْخَمْطُ الْأَرَاكُ. الْجَوْهَرِيُّ: الْخَمْطُ ضَرْبٌ مِنَ الْأَرَاكِ لَهُ حَمْلٌ يُؤْكَلُ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: هُوَ كُلُّ شَجَرٍ ذِي شَوْكٍ فِيهِ مَرَارَةٌ. الزَّجَّاجُ: كُلُّ نَبْتٍ فِيهِ مَرَارَةٌ لَا يُمْكِنُ أَكْلُهُ. الْمُبَرِّدُ: الْخَمْطُ كُلُّ مَا تَغَيَّرَ إِلَى مَا لَا يُشْتَهَى. وَاللَّبَنُ خَمْطٌ إِذَا حَمُضَ. وَالْأَوْلَى عِنْدَهُ فِي الْقِرَاءَةِ " ذَواتَيْ أُكُلٍ خَمْطٍ" بِالتَّنْوِينِ عَلَى أَنَّهُ نَعْتٌ لِ "- أُكُلٍ" أَوْ بَدَلٌ مِنْهُ، لِأَنَّ الْأُكُلَ هُوَ الْخَمْطُ بِعَيْنِهِ عِنْدَهُ، فَأَمَّا الْإِضَافَةُ فَبَابُ جَوَازِهَا أن يكون
(١). في ج: (الحبس) والحبس (بكسر الحاء): حجارة أو خشب تبنى في مجرى الماء لتحبسه كي يشرب القوم ويسقوا أموالهم والجمع أحباس.

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