Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit plutôt d’un homme qui engendra dix tribus arabes ; six d’entre elles se dirigèrent vers le Yémen tandis que quatre s’orientèrent vers le Châm. Ceux qui se tournèrent vers le Châm sont : Lakhm, Juthâm, Ghassân et ‘Âmila. Quant à ceux qui prirent la route du Yémen, il s’agit de l’Azd, des Ash‘ariyyûn, de Himyar, de Kindah, de Madhhij et d’Anmâr.

Un homme demanda alors : « Ô Messager d’Allah, qui sont les Anmâr ? » Il répondit : « Parmi eux se trouvent Khath‘am et Bajîlah. » Ce propos est également rapporté d’Ibn ‘Abbâs d’après le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue.

Abû ‘Isâ (at-Tirmidhî) dit : « Ce hadith est bon et singulier (ḥasan gharîb). » Ibn Kathîr et Abû ‘Amr ont lu l’expression « li-Saba’ » sans déclinaison, la considérant comme le nom d’une tribu ; c’est aussi l’avis d’Abû ‘Ubayd, qui s’appuie sur le fait que le verset suivant dit : « dans leurs demeures ». An-Nahhâs objecte : « Si la chose était ainsi, il aurait fallu dire : “dans ses demeures (fî masâkinihâ).” » Un éclairage supplémentaire sur ce point a déjà été donné dans la sourate « an-Naml ».

Le poète, tenant compte de la déclinaison, a dit :
« Les buveurs, ainsi que Taym, sur les hauteurs de Saba’,
Le cuir des buffles leur a meurtri la nuque. »

Un autre, ne déclinant pas le mot, a dit :
« Issus de Saba’, habitants de Ma’rib, quand
Ils dressèrent, pour contenir son torrent, la digue de l’Arim. »

Qunbul, Abû Ḥanîfah et al-Jahdarî ont lu : « li-Sabaْ » en maintenant le hamza muet.

L’expression « dans leurs demeures » est, dans la lecture de la majorité, au pluriel ; c’est le choix d’Abû ‘Ubayd et d’Abû Ḥâtim, car ils possédaient de nombreuses demeures et non une seule. Ibrâhîm, Ḥamzah et Ḥafṣ ont lu « maskanihim » au singulier tout en ouvrant la lettre kāf ; tandis que Yaḥyâ, al-A‘mash et al-Kisâ’î l’ont également lu au singulier mais en brisant (cassan t) le kāf.

An-Nahhâs dit : « La forme indéclinée est ici plus explicite, car elle réunit la concordance de la formulation et du sens. Lorsque je dis “maskanihim”, deux interprétations se présentent : la première — qu’il s’agit d’un singulier employé pour désigner le collectif ; la seconde — qu’il s’agit d’un nom verbal qui ne se met ni au duel ni au pluriel, comme dans la parole d’Allah — Exalté soit-Il : “Allah a scellé leurs cœurs, leur ouïe et leur vue” (Al-Baqarah, 7), où le terme “ouïe” reste au singulier ; de même dans “un emplacement de véridicité” (Al-Qamar, 55). Le mot “maskan”, à l’instar de “masjid”, échappe à l’analogie ; on ne le trouve que par transmission (samā‘). »

« Un signe » constitue le nom de « kâna », c’est-à-dire un indice attestant de la Puissance d’Allah — Très-Haut : ils ont bien un Créateur qui les a créés. Même si toutes les créatures s’unissaient pour faire surgir d’un simple morceau de bois un fruit, elles en seraient incapables ; elles ne sauraient reproduire la diversité des espèces, des couleurs, des saveurs, des senteurs et des fleurs des fruits. Tout cela prouve qu’ils ne peuvent être que l’œuvre d’un Savant Tout-Puissant.

« Deux jardins » : il est permis

وَلَكِنَّهُ رَجُلٌ وَلَدَ عَشَرَةً مِنَ الْعَرَبِ فَتَيَامَنَ مِنْهُمْ سِتَّةٌ وَتَشَاءَمَ مِنْهُمْ أَرْبَعَةٌ. فَأَمَّا الَّذِينَ تَشَاءَمُوا فَلَخْمُ وَجُذَامُ وَغَسَّانُ وَعَامِلَةُ. وَأَمَّا الَّذِينَ تَيَامَنُوا فَالْأَزْدُ وَالْأَشْعَرِيُّونَ وَحِمْيَرُ وَكِنْدَةُ وَمَذْحِجُ وَأَنْمَارُ. فَقَالَ رَجُلٌ: يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا أَنْمَارُ؟ قَالَ: (الَّذِينَ مِنْهُمْ خَثْعَمُ وَبَجِيلَةُ) . وَرُوِيَ هَذَا عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. قَالَ أَبُو عِيسَى: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ غَرِيبٌ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَأَبُو عَمْرٍو " لِسَبَأَ" بِغَيْرِ صَرْفٍ، جَعَلَهُ اسْمًا لِلْقَبِيلَةِ، وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ، وَاسْتَدَلَّ عَلَى أَنَّهُ اسْمُ قَبِيلَةٍ بِأَنَّ بَعْدَهُ " فِي مَسَاكِنِهِمْ" . النَّحَّاسُ: وَلَوْ كَانَ كَمَا قَالَ لَكَانَ فِي مَسَاكِنِهَا. وَقَدْ مَضَى فِي " النَّمْلِ" «١» زِيَادَةُ بَيَانٍ لِهَذَا الْمَعْنَى. وَقَالَ الشَّاعِرُ فِي الصَّرْفِ: الْوَارِدُونَ وَتَيْمٌ فِي ذرى سبإ ... قد عض أعناقهم جلد الجواميس وَقَالَ آخَرُ فِي غَيْرِ الصَّرْفِ: مِنْ سَبَأَ الْحَاضِرِينَ مَأْرِبَ إِذْ ... يَبْنُونَ مِنْ دُونِ سَيْلِهَا الْعَرِمَا وَقَرَأَ قُنْبُلُ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَالْجَحْدَرِيُّ " لِسَبَأْ" بِإِسْكَانِ الْهَمْزَةِ. " فِي مَسَاكِنِهِمْ" قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ عَلَى الْجَمْعِ، وَهِيَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ وَأَبِي حَاتِمٍ، لِأَنَّ لَهُمْ مَسَاكِنَ كَثِيرَةً وَلَيْسَ بِمَسْكَنٍ وَاحِدٍ. وَقَرَأَ إِبْرَاهِيمُ وَحَمْزَةُ وَحَفْصٌ " مَسْكَنِهِمْ" مُوَحَّدًا، إِلَّا أَنَّهُمْ فَتَحُوا الْكَافَ. وَقَرَأَ يَحْيَى وَالْأَعْمَشُ وَالْكِسَائِيُّ مُوَحَّدًا كَذَلِكَ، إِلَّا أَنَّهُمْ كَسَرُوا الْكَافَ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَالسَّاكِنُ فِي هَذَا أَبْيَنُ، لِأَنَّهُ يَجْمَعُ اللَّفْظَ وَالْمَعْنَى، فَإِذَا قُلْتُ " مَسْكَنِهِمْ" كَانَ فِيهِ تَقْدِيرَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنْ يَكُونَ وَاحِدًا يُؤَدِّي عَنِ الْجَمْعِ. وَالْآخَرُ- أَنْ يَكُونَ مَصْدَرًا لَا يُثَنَّى وَلَا يُجْمَعُ، كَمَا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " خَتَمَ اللَّهُ عَلى قُلُوبِهِمْ وَعَلى سَمْعِهِمْ وَعَلى أَبْصارِهِمْ" «٢» [البقرة: ٧] فجاء بالسمع موحدا. وكذا " مَقْعَدِ صِدْقٍ" «٣» [القمر: ٥٥] وَ " مَسْكِنٌ" مِثْلُ مَسْجِدٍ، خَارِجٌ عَنِ الْقِيَاسِ، وَلَا يُوجَدُ مِثْلُهُ إِلَّا سَمَاعًا. " آيَةٌ" اسْمُ كَانَ، أَيْ عَلَامَةٌ دَالَّةٌ عَلَى قُدْرَةِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَى أَنَّ لَهُمْ خَالِقًا خَلَقَهُمْ، وَأَنَّ كُلَّ الْخَلَائِقِ لَوِ اجْتَمَعُوا عَلَى أَنْ يُخْرِجُوا مِنَ الْخَشَبَةِ ثَمَرَةً لَمْ يُمْكِنْهُمْ ذَلِكَ، وَلَمْ يَهْتَدُوا إِلَى اخْتِلَافِ أَجْنَاسِ الثِّمَارِ وَأَلْوَانِهَا وَطُعُومِهَا وَرَوَائِحِهَا وَأَزْهَارِهَا، وَفِي ذَلِكَ مَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهَا لَا تَكُونُ إِلَّا مِنْ عَالِمٍ قَادِرٍ. (جَنَّتانِ) يجوز
(١). راجع ج ١٣ ص (١٨١) (٢). راجع ج ١ ص (١٨٥) (٣). راجع ج ١٧ ص ١٤٩ [ ..... ]

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