Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Son origine vient du verbe : « nasaʾtu al-ghanama », c’est-à-dire : je repoussai le troupeau et le fis avancer. Le bâton reçut donc ce nom parce qu’on s’en sert pour repousser et conduire les choses.

Tarfah dit :
« Solide comme les planches du cercueil, je l’ai fait avancer…
Sur un sentier uni, tel le dos d’un manteau rayé. »
Il y a, dans ce vers, la suppression de la hamza.

An-Naḥḥās commente : l’étymologie montre pourtant que le mot comporte une hamza, puisqu’il dérive de « nasaʾtuhu », c’est-à-dire : je l’ai retardé et poussé. Le terme « mansaʾah » (bâton) désigne donc l’instrument avec lequel on fait avancer ou reculer une chose.

Mujāhid et ʿIkrimah ont dit : c’est le bâton ; puis ils ont récité « minsātahu », en remplaçant la hamza par un alif.

Objection : remplacer la hamza est extrêmement défectueux et ne se tolère en poésie qu’à titre très rare et exceptionnel ; or Abū ʿAmr ibn al-ʿAlāʾ, qui adopte cette lecture, ne saurait l’ignorer, d’autant plus que les Médinois lisent ainsi.

Réponse : les Arabes ont effectivement employé, dans ce mot précis, la substitution et l’ont prononcé de la sorte, comme on rencontre le remplacement ailleurs, sans qu’on puisse en faire une règle générale ; Abū ʿAmr alla même jusqu’à dire : « J’ignore d’où cela vient, si ce n’est qu’il n’y a pas de hamza, car ce qui comporte une hamza peut la perdre, tandis que ce qui n’en a pas ne peut, en aucun cas, en recevoir. »

Al-Mahdawī : Celui qui lit avec une hamza soukūn est dans une voie rare et lointaine, car la tāʾ marbūṭah n’est précédée que d’une voyelle ou d’un alif. Il se peut toutefois que la voyelle ouverte ait été rendue muette par allègement ; il se peut aussi qu’après avoir remplacé la hamza par un alif, en dehors de toute règle, on ait retourné cet alif en hamza, comme dans leurs dires « al-ʿaʾlim » et « al-khaʾtim ».

On rapporte de Saʿīd ibn Jubayr la forme « min … saʾtihi », le premier mot étant séparé, le second comportant une hamza et une tāʾ kasrah. On a dit que cela vient de « siʾatu al-qaws » (le revers de l’arc) chez ceux qui la font porter la hamza. On relève en effet la hamza de « siyatu » chez Ruʾbah.

Al-Jawharī dit : « Siyatu al-qaws » est la partie recourbée de ses deux extrémités ; le pluriel est « siyāt », le hāʾ tenant lieu du wāw, et l’adjectif dérivé est « siyawiyy ».

Abū ʿUbaydah ajoute : Ruʾbah mettait la hamza à « siyatu al-qaws », tandis que le reste des Arabes ne la hamzait pas.

Au sujet de la « bête de la terre », deux avis existent. Le premier : il s’agit de la termite (al-aradah), ainsi l’ont dit Ibn ʿAbbās, Mujāhid et d’autres. On a aussi récité « dābbatu al-araḍ », avec ouverture du rāʾ ; c’est, dit al-Māwardī, le pluriel de « aradah ». Le second avis : c’est un insecte qui ronge les baguettes.

Al-Jawharī explique : « Al-aradah » (avec voyelles) est un petit insecte qui mange le bois. On dit : « urida al-khashabah, tuʾraḍu arḍan » (avec soukūn) : le bois est atteint par les termites ; il est alors « maʾrūḍ » quand il a été rongé.

وَأَصْلُهَا مِنْ: نَسَأْتُ الْغَنَمَ أَيْ زَجَرْتُهَا وَسُقْتُهَا، فَسُمِّيَتِ الْعَصَا بِذَلِكَ لِأَنَّهُ يُزْجَرُ بِهَا الشَّيْءُ وَيُسَاقُ. وَقَالَ طَرَفَةُ: أَمُونٍ كَأَلْوَاحِ الْإِرَانِ نَسَأْتُهَا ... عَلَى لَاحِبٍ كَأَنَّهُ ظَهْرُ بُرْجُدِ «١» فَسَكَّنَ هَمْزَهَا. قَالَ النَّحَّاسُ: وَاشْتِقَاقُهَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّهَا مَهْمُوزَةٌ، لِأَنَّهَا مُشْتَقَّةٌ مِنْ نَسَأْتُهُ أَيْ أَخَّرْتُهُ وَدَفَعْتُهُ فَقِيلَ لَهَا مِنْسَأَةٌ لِأَنَّهَا يُدْفَعُ بِهَا الشَّيْءُ وَيُؤَخَّرُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ وَعِكْرِمَةُ : هِيَ الْعَصَا، ثُمَّ قَرَأَ " مِنْسَاتَهُ" أَبْدَلَ مِنَ الْهَمْزَةِ أَلِفًا، فَإِنْ قِيلَ: الْبَدَلُ مِنَ الْهَمْزَةِ قَبِيحٌ جِدًّا وَإِنَّمَا يَجُوزُ فِي الشِّعْرِ عَلَى بُعْدٍ وَشُذُوذٍ، وَأَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ لَا يَغِيبُ عَنْهُ مِثْلُ هَذَا لَا سِيَّمَا وَأَهْلُ الْمَدِينَةِ عَلَى هَذِهِ الْقِرَاءَةِ. فَالْجَوَابُ عَلَى هَذَا أَنَّ الْعَرَبَ اسْتَعْمَلَتْ فِي هَذِهِ الْكَلِمَةِ الْبَدَلَ وَنَطَقُوا بِهَا هَكَذَا كَمَا يَقَعُ الْبَدَلُ فِي غَيْرِ هَذَا وَلَا يقاس عليه حتى قال أبو عمور: وَلَسْتُ أَدْرِي مِمَّنْ هُوَ إِلَّا أَنَّهَا غَيْرُ مَهْمُوزَةٍ لِأَنَّ مَا كَانَ مَهْمُوزًا فَقَدْ يُتْرَكُ هَمْزُهُ وَمَا لَمْ يَكُنْ مَهْمُوزًا لَمْ يَجُزْ هَمْزُهُ بِوَجْهٍ. الْمَهْدَوِيُّ: وَمَنْ قَرَأَ بِهَمْزَةٍ سَاكِنَةٍ فَهُوَ شَاذٌّ بَعِيدٌ، لِأَنَّ هَاءَ التَّأْنِيثِ لَا يَكُونُ مَا قَبْلَهَا إِلَّا مُتَحَرِّكًا أَوْ أَلِفًا، لَكِنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مَا سُكِّنَ مِنَ الْمَفْتُوحِ اسْتِخْفَافًا، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ لَمَّا أَبْدَلَ الْهَمْزَةَ أَلِفًا عَلَى غَيْرِ قِيَاسٍ قَلَبَ الْأَلِفَ هَمْزَةً كَمَا قَلَبُوهَا فِي قَوْلِهِمُ الْعَأْلِمُ وَالْخَأْتِمُ، وروي عن صعيد بْنِ جُبَيْرٍ " مِنْ" مَفْصُولَةً " سَأَتِهِ" مَهْمُوزَةً مَكْسُورَةَ التَّاءِ، فَقِيلَ: إِنَّهُ مِنْ سِئَةِ الْقَوْسِ فِي لغة من همزها، وقد روي همزسية الْقَوْسِ عَنْ رُؤْبَةَ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: سِيَةُ الْقَوْسِ مَا عُطِفَ مِنْ طَرَفَيْهَا، وَالْجَمْعُ سِيَاتٌ، وَالْهَاءُ عوض من الْوَاوِ، وَالنِّسْبَةُ إِلَيْهَا سِيَوِيٌّ. قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: كَانَ رُؤْبَةُ يَهْمِزُ " سِيَةَ الْقَوْسِ" وَسَائِرُ الْعَرَبِ لَا يَهْمِزُونَهَا. وَفِي دَابَّةِ الْأَرْضِ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- أنها أرضة، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَغَيْرُهُمَا. وَقَدْ قُرِئَ " دَابَّةُ الْأَرَضِ" بِفَتْحِ الرَّاءِ، وَهُوَ «٢» جَمْعُ الْأَرَضَةِ، ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ. الثَّانِي- أَنَّهَا دَابَّةٌ تَأْكُلُ الْعِيدَانَ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالْأَرَضَةُ (بِالتَّحْرِيكِ) : دُوَيِّبَةٌ تَأْكُلُ الْخَشَبَ، يُقَالُ: أُرِضَتِ الْخَشَبَةُ تُؤْرَضُ أَرْضًا (بِالتَّسْكِينِ) فَهِيَ مأروضة إذا أكلتها.
(١). الأمون: التي يؤمن عثارها. والاران: تابوت الموتى. واللاحب: الطريق الواضح والبرجد: كساء مخطط (٢). في نسخ الأصل: (وهو واحد).

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