Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les djinns ne connaissent pas l’Inconnu (al-ghayb). Pourtant, ils prétendaient détenir certaines informations relevant de l’invisible et savoir ce que recèlerait le lendemain.

Lorsque Sulaymân – paix sur lui – sentit sa fin proche, il revêtit son linceul, se parfuma de hanût, entra dans le miḥrâb, se mit debout en prière, s’appuya sur son bâton, installé sur son trône, puis il rendit l’âme. Les djinns n’en eurent aucun soupçon avant qu’une année entière ne s’écoulât et que la construction de la mosquée ne fût achevée.

Abû Ja‘far an-Naḥḥâs a dit : « C’est là l’explication la plus satisfaisante du verset, et le ḥadith marfû‘ en confirme l’authenticité. »

Ibrâhîm b. Ṭahmân rapporte, d’après ‘Aṭâ’ b. as-Sâ’ib, d’après Sa‘îd b. Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :
« Lorsque le Prophète de Dieu Sulaymân b. Dâwûd (عليهما السلام) se tenait en prière, il arrivait qu’un arbre pousse devant lui. Il l’interrogeait : “Quel est ton nom ?” Si l’arbre devait servir à être planté, il était planté ; si c’était pour un remède, on consignait son usage.
Un jour, tandis qu’il priait, un arbre surgit devant lui. – “Quel est ton nom ?” – “Al-Kharnûbah”, répondit-il. – “Et pour quoi es-tu créé ?” demanda-t-il. – “Pour la ruine de cette Maison”, lui fut-il répondu.
Sulaymân dit alors : “Ô Allah, fais que ma mort soit cachée aux djinns jusqu’à ce que les hommes sachent que les djinns ne connaissent pas l’Inconnu.” Il tailla alors l’arbre et en fit un bâton, sur lequel il s’appuya durant une année sans qu’ils ne se doutent de rien ; puis le bâton s’effondra et l’on sut ainsi que les djinns ne connaissent pas l’Inconnu. On calcula ensuite la durée et l’on trouva qu’elle correspondait à une année. »

Dans la récitation d’Ibn Mas‘ûd et d’Ibn ‘Abbâs on lit : « … les humains comprirent que si les djinns avaient eu connaissance du ghayb… ».
Ya‘qûb, d’après la transmission de Ruways, lit : « … il fut rendu évident aux djinns… » (voix passive).
Nâfi‘ et Abû ‘Amr lisent « ta’kulu minsâtahu » avec un alif entre le sîn et le tâ’ sans hamza, tandis que les autres lecteurs maintiennent la hamza ouverte à la place de l’alif ; les deux formes sont admises, Ibn Dhakwân ayant toutefois amuï la hamza pour l’alléger.

Le poète, omettant la hamza, a dit :
« Lorsque, dans ta vieillesse, tu te traînes appuyé sur le bâton,
les plaisirs et les amours se sont déjà éloignés de toi. »

Un autre, qui garde la hamza ouverte, a dit :
« Nous avons frappé son visage d’un bâton,
et il en devint vil et humilié. »

Un autre encore a scandé :
« Est-ce donc pour une corde – que périsse ton père ! – que tu l’as frappé
d’un bâton, alors que ta corde en avait déjà entraîné d’autres ? »

Et un dernier, qui assourdit la hamza, a dit :
« Et le vieillard s’est levé de son appui,
tel un vieillard se redressant pour s’appuyer sur son bâton. »

الْجِنَّ لَا يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ. وَكَانَتِ الْجِنُّ تُخْبِرُ أَنَّهُمْ يَعْلَمُونَ مِنَ الْغَيْبِ أَشْيَاءَ، وَأَنَّهُمْ يَعْلَمُونَ مَا فِي غَدٍ، ثُمَّ لَبِسَ كَفَنَهِ وَتَحَنَّطَ وَدَخَلَ الْمِحْرَابَ وَقَامَ يُصَلِّي وَاتَّكَأَ عَلَى عَصَاهُ عَلَى كُرْسِيِّهِ، فَمَاتَ وَلَمْ تَعْلَمِ الْجِنُّ إِلَى أَنْ مَضَتْ سَنَةٌ وَتَمَّ بِنَاءُ الْمَسْجِدِ. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ النَّحَّاسُ: وَهَذَا أَحْسَنُ مَا قِيلَ فِي الْآيَةِ، وَيَدُلُّ عَلَى صِحَّتِهِ الْحَدِيثُ الْمَرْفُوعُ، رَوَى إِبْرَاهِيمُ بْنُ طَهْمَانَ عَنْ عَطَاءِ بْنِ السَّائِبِ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (كان نبي الله سليمان بن دواد عَلَيْهِمَا السَّلَامُ إِذَا صَلَّى رَأَى شَجَرَةً نَابِتَةً بَيْنَ يَدَيْهِ فَيَسْأَلُهَا مَا اسْمُكِ؟ فَإِنْ كَانَتْ لِغَرْسٍ غُرِسَتْ وَإِنْ كَانَتْ لِدَوَاءٍ كُتِبَتْ، فَبَيْنَمَا هُوَ يُصَلِّي ذَاتَ يَوْمٍ إِذَا شَجَرَةٌ نَابِتَةٌ بَيْنَ يَدَيْهِ قَالَ مَا اسْمُكِ؟ قَالَتْ: الْخَرْنُوبَةُ، فقال: لاي شي أَنْتِ؟ فَقَالَتْ: لِخَرَابِ هَذَا الْبَيْتِ، فَقَالَ: اللَّهُمَّ عَمِّ عَنِ الْجِنِّ مَوْتِي حَتَّى تَعْلَمَ الْإِنْسُ أَنَّ الْجِنَّ لَا يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ، فَنَحَتَهَا عَصًا فَتَوَكَّأَ عَلَيْهَا حَوْلًا لَا يَعْلَمُونَ فَسَقَطَتْ، فَعَلِمَ الْإِنْسُ أَنَّ الْجِنَّ لَا يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ فَنَظَرُوا مِقْدَارَ ذَلِكَ فَوَجَدُوهُ سَنَةً. وَفِي قِرَاءَةِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ " تَبَيَّنَتِ الْإِنْسُ أَنْ لَوْ كَانَ الْجِنُّ يَعْلَمُونَ الْغَيْبَ" . وَقَرَأَ يَعْقُوبُ فِي رِوَايَةِ رُوَيْسٍ " تَبَيَّنَتِ الْجِنُّ" غَيْرَ مُسَمَّى الْفَاعِلُ. وَنَافِعٌ وَأَبُو عَمْرٍو " تَأْكُلُ مِنْسَاتَهُ" بِأَلِفٍ بَيْنَ السِّينِ وَالتَّاءِ مِنْ غَيْرِ هَمْزٍ. وَالْبَاقُونَ بِهَمْزَةٍ مَفْتُوحَةٍ مَوْضِعَ الْأَلِفِ، لُغَتَانِ، إِلَّا أَنَّ ابْنَ ذَكْوَانَ أَسْكَنَ الْهَمْزَةَ تَخْفِيفًا، قَالَ الشَّاعِرُ فِي تَرْكِ الْهَمْزَةِ: إِذَا دَبَبْتَ عَلَى الْمِنْسَاةِ مِنْ كِبَرٍ ... فَقَدْ تَبَاعَدَ عَنْكَ اللَّهْوُ وَالْغَزَلُ وَقَالَ آخَرُ فَهَمَزَ وَفَتَحَ: ضَرَبْنَا بِمِنْسَأَةٍ وَجْهَهُ ... فَصَارَ بِذَاكَ مَهِينًا ذَلِيلًا وَقَالَ آخَرُ: أَمِنْ أَجْلِ حَبْلٍ لَا أَبَاكَ ضَرَبْتَهُ ... بِمِنْسَأَةٍ قَدْ جَرَّ حَبْلُكَ أَحْبُلَا وَقَالَ آخَرُ فَسَكَّنَ هَمْزَهَا: وَقَائِمٌ قَدْ قَامَ مِنْ تُكَأْتِهْ ... كَقَوْمَةِ الشَّيْخِ إِلَى منسأته

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