Seconde question –
La parole du Très-Haut : « et des statues » ; « tamâthîl » est le pluriel de « timthâl ». Ce terme désigne toute représentation façonnée à l’image d’un être, animé ou inanimé.
On a dit qu’il s’agissait de statues faites de verre, de cuivre ou de marbre, représentant des objets qui n’étaient pas des êtres vivants. Il fut rapporté qu’elles incarnaient les figures des prophètes et des savants ; on les plaçait dans les mosquées afin que les fidèles les contemplent et redoublent ainsi de piété et d’efforts dans l’adoration.
Le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — a dit : « Lorsque mourait parmi eux un homme vertueux, ils bâtissaient une mosquée sur sa tombe et y exécutaient ces images. » C’est-à-dire : pour se rappeler leur dévotion et s’employer plus assidûment au culte. Cela prouve que la représentation figurée était licite à cette époque et que cette permission fut abrogée par la Loi de Muḥammad — ﷺ —, comme on l’expliquera plus amplement dans la sourate Nûḥ — sur lui la paix.
On a également avancé que ces statues étaient des talismans : Sulaymân ‑paix sur lui- les faisait réaliser et interdisait à tout sculpteur de dépasser l’endroit où elles étaient érigées, si bien que personne ne le franchissait. Il faisait dresser, à tel endroit, une effigie de mouche, de moustique ou de crocodile et ordonnait qu’on n’allât pas au-delà ; nul ne transgressait tant que ces statues demeuraient. Le singulier de « tamâthîl » est « timthâl » (avec la voyelle kasra sur le t). Le poète a dit :
« Combien de jours et de nuits ai-je passés à m’égayer
Avec une compagne pareille au trait d’un timthâl ! »
On a encore prétendu que ces statues étaient des hommes moulés en cuivre ; Sulaymân demanda à son Seigneur d’y insuffler l’âme pour qu’ils combattent dans le chemin d’Allâh sans que les armes puissent les atteindre. On dit qu’Isfandiyâr était l’un d’eux ; Allâh est plus savant. Il est rapporté qu’ils façonnèrent pour Sulaymân deux lions au pied de son trône et deux aigles au-dessus ; lorsqu’il voulait monter, les lions déployaient leurs pattes ; lorsqu’il s’asseyait, les aigles ouvraient leurs ailes.
Troisième question –
Makkî rapporte dans son ouvrage « Al-Hidâya » qu’un groupe tient la représentation figurée pour permise et s’appuie, pour cela, sur ce verset. Ibn ʿAṭiyya dit : « C’est une erreur ; je ne connais aucun des imams du savoir qui l’autorise. »
Je (l’auteur) dis : ce que Makkî a rapporté avait déjà été mentionné par An-Naḥḥâs avant lui. An-Naḥḥâs a dit : « Certains soutiennent que la confection d’images est permise en raison de ce verset et parce qu’Allâh, exalté soit-Il, a parlé du Messie. » D’autres affirment : « L’interdiction en a été authentiquement établie par le Prophète — ﷺ —, ainsi que la menace à l’encontre de celui qui les fabrique ou les adopte ; Allâh, exalté soit-Il, a donc abrogé par cela ce qui était licite auparavant. La sagesse en cela réside dans le fait qu’il fut envoyé — sur lui la paix — alors que les images étaient adorées ; il convenait donc de les faire disparaître. »