Par son écho, les oiseaux tournaient autour de lui, au-dessus de sa tête. L’écho des montagnes que les gens entendent remonte à ce jour-là et demeure jusqu’à cette heure. Il fut ainsi soutenu par l’assistance des montagnes et des oiseaux, afin de ne pas connaître de lassitude (1) ; et, lorsque la lassitude s’installait, il s’animait – c’est-à-dire se levait et se mettait en mouvement – et retrouvait sa vigueur grâce à l’appui des montagnes et des oiseaux. Il avait reçu une voix telle que les bêtes sauvages descendaient des montagnes, se pressant les unes contre les autres, charmées par la beauté de sa voix, et que l’eau courante cessait de s’écouler, demeurant immobile pour écouter sa voix.
« et les oiseaux » se lit au nominatif selon Ibn Abî Isḥâq, Naṣr d’après ‘Āṣim, Ibn Hurmuz et Maslama b. ‘Abd al-Malik, par coordination avec le mot « les montagnes » ou avec le pronom sous-entendu dans « ô montagnes, faites écho ». Cette lecture est rendue harmonieuse par la séparation introduite par la particule « ma‘a – avec ». Les autres lecteurs la prononcent à l’accusatif, par coordination avec le lieu du vocatif « ô montagnes », c’est-à-dire : Nous avons appelé les montagnes et les oiseaux, comme l’explique Sîbawayh. Pour Abû ‘Amr b. al-‘Alâ’, on sous-entend un verbe : « et Nous lui avons soumis les oiseaux ».
Al-Kisâ’î dit : c’est une coordination, c’est-à-dire : « et Nous lui avons accordé les oiseaux », sur le modèle de « Nous avons certes accordé à Dâwud une faveur ». An-Naḥḥâs ajoute : il est également possible qu’il s’agisse d’un complément d’accompagnement, comme on dit : « l’eau et la planche sont à niveau ». J’ai entendu az-Zajjâj autoriser : « Je me suis levé, ainsi que Zayd » ; le sens est alors : « fais écho avec lui et avec les oiseaux ».
« Nous avons assoupli pour lui le fer ». Ibn ‘Abbâs dit : il devenait pour lui semblable à la cire. Al-Ḥasan : tel de la pâte ; il le façonnait donc sans feu. As-Suddi : le fer, dans sa main, était comme de l’argile humide, de la pâte ou de la cire ; il le tournait à son gré, sans le mettre au feu ni le frapper du marteau – propos également rapporté par Muqâtil. Il achevait une cuirasse en une partie du jour ou de la nuit, et son prix atteignait mille dirhams.
On a dit aussi qu’il reçut une force lui permettant de plier le fer. La raison en est que Dâwud – sur lui la paix – lorsqu’il fut établi roi des Enfants d’Israël, rencontra un ange qu’il prit pour un homme. Dâwud, caché, était sorti pour s’informer discrètement sur lui-même et sur sa conduite parmi les Enfants d’Israël. Il demanda alors à cet être qui s’était présenté à lui :
« Que dis-tu de ce roi, Dâwud ? » L’ange répondit : « Excellent serviteur, n’était une seule chose en lui. » Dâwud dit : « Et qu’est-ce donc ? » Il répondit : « Il tire sa subsistance du Trésor public ; s’il se nourrissait du produit de son propre travail, ses mérites seraient parfaits. »
Dâwud revint alors et invoqua Allah pour qu’Il lui enseigne un métier et le lui facilite. Allah lui enseigna l’art de fabriquer des armures, comme Il l’a indiqué – Exalté soit-Il – dans la sourate Al-Anbiyâ’. Il assouplit pour lui le fer, et il se mit à fabriquer des cuirasses ; il en réalisait une en l’espace d’un jour et d’une nuit, pour une valeur d’un millier de dirhams, au point d’en amasser en grand nombre et de voir ses ressources s’étendre.
(1) C’est-à-dire un moment de faiblesse ou de relâchement.