Ad-Dahhâk et d’autres ont dit : « l’Homme » désigne Adam ; il prit sur lui l’Amanah et il ne s’écoula même pas un jour avant qu’il ne commît la désobéissance qui le fit expulser du Paradis.
Selon Ibn ‘Abbâs, Allâh – Très-Haut – lui dit : « Vas-tu assumer cette Amanah avec tout ce qu’elle comporte ? » – « Et que contient-elle ? », demanda-t-il. – « Si tu agis bien, tu seras rétribué ; si tu agis mal, tu seras châtié. » Il répondit : « Je l’assumerai avec tout ce qu’elle comporte, entre mes oreilles et mon épaule. » Allâh – Exalté soit-Il – lui dit alors : « Je t’assisterai ; J’ai placé pour ta vue un voile : ferme-la à ce qui ne t’est pas licite. J’ai fait pour ta pudeur un vêtement : ne le découvre qu’à ce que Je t’ai rendu licite. »
D’autres ont dit : « L’Homme » renvoie à l’ensemble de l’espèce humaine, et cela est pertinent du fait du caractère général de l’Amanah, comme nous l’avons rappelé plus haut.
As-Suddî a avancé que « l’Homme » désigne Qâbîl (Caïn). – Allâh est plus Savant.
« Afin qu’Allâh châtie les hypocrites et les hypocrites femmes… » : la préposition lâm de « liyu‘adhdhiba » se rattache au verbe « ḥamala » ; il porta l’Amanah de sorte qu’Allâh punisse le désobéissant et récompense l’obéissant ; il s’agit donc d’une lâm de causalité, car le châtiment est la conséquence du port de l’Amanah. D’autres la rattachent à « ‘araḍnâ » : Nous avons présenté l’Amanah à la création, puis Nous l’avons confiée à l’homme afin que se manifeste l’association du polythéiste et l’hypocrisie de l’hypocrite – et qu’Allâh les châtie – ainsi que la foi du croyant – et qu’Allâh le récompense.
« Et qu’Allâh accepte le repentir… » : al-Ḥasan la lit au nominatif, la détachant de la période précédente, c’est-à-dire : Allâh se tourne vers eux dans Sa miséricorde en toute situation.
« Et Allâh est Pardonneur, Miséricordieux » : c’est une seconde prédication du verbe « kâna » ; il se peut aussi que ce soit un adjectif de « Ghafûr » ou un état circonstanciel du pronom latent. – Allâh sait parfaitement ce qui est juste.
[Surat Saba’]
La sourate Saba’ est mecquoise d’après l’unanimité, à l’exception d’un seul verset qui fait l’objet d’une divergence : Sa parole : « Et ceux à qui le savoir a été donné voient… ».
Une faction a dit qu’il est mecquois, et que les « gens du savoir » sont les croyants parmi les Compagnons du Prophète (que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui) ; c’est l’avis d’Ibn ‘Abbâs.
Une autre faction a dit qu’il est médinois, et que les croyants visés sont ceux qui ont embrassé l’islam à Médine, tel ‘Abd-Allâh b. Salâm et d’autres ; c’est l’opinion de Muqâtil.
Quant à Qatâdah, il dit : il s’agit de la communauté de Muhammad (que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui), tous ceux qui croient en lui, quels qu’ils soient.
La sourate compte cinquante-quatre versets.