Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le port des prescriptions religieuses, du fait de la récompense et du châtiment qui y sont attachés, signifie que l’obligation légale est une charge devant laquelle les cieux, la terre et les montagnes devraient normalement défaillir, alors que l’homme en a été investi ; or, s’il raisissait convenablement, il constaterait qu’il est, à cet égard, grandement injuste et profondément ignorant.

Cela correspond à la parole du Très-Haut : « Si Nous avions fait descendre ce Coran sur une montagne… » [Al-Hashr, 21], puis : « Tels sont les exemples que Nous proposons aux gens. » [ibid.]

Al-Qaffâl a dit : Dès lors qu’il est établi que le Très-Haut emploie des paraboles et que des récits nous parviennent, qui ne peuvent être compris qu’au moyen d’une comparaison, il nous incombe de les interpréter comme tels.

D’autres ont soutenu que le verset relève de la métaphore : si l’on compare la lourdeur du dépôt à la force des cieux, de la terre et des montagnes, on voit qu’ils ne sauraient le supporter ; s’ils avaient pu parler, ils l’auraient refusé et en auraient éprouvé de la crainte. C’est cette réalité que traduit la parole divine : « Nous avons proposé le dépôt… »

Ainsi dit-on : « J’ai présenté la charge au chameau et il l’a refusée », voulant dire que j’ai mis en balance la force de l’animal et le poids du fardeau et constaté son insuffisance.

On a également affirmé : « Nous avons proposé » signifie que Nous avons opposé le dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes ; ces entités se révélèrent trop faibles pour lui, tandis que le dépôt l’emporta sur elles par sa pesanteur.

Il a encore été dit que la proposition du dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes provient d’Adam – paix sur lui. En effet, lorsque Allah Très-haut l’établit comme lieutenant parmi sa descendance, le plaça en position d’autorité sur tout ce qui peuple la terre – cheptel, oiseaux et bêtes sauvages –, et conclut avec lui un pacte fait d’ordres et d’interdits, de licites et d’illicites, Adam l’accepta et s’y conforma sans relâche. Quand il sentit sa mort prochaine, il demanda à Allah de lui faire connaître celui qu’Il instituerait après lui et à qui Il confierait ce même dépôt. Il reçut alors l’ordre de le proposer aux cieux, selon la condition qui lui avait été imposée : récompense en cas d’obéissance, châtiment en cas de désobéissance. Les cieux refusèrent de l’accepter, par crainte du châtiment divin. Il lui fut ensuite commandé de le soumettre à la terre et à toutes les montagnes, mais elles le déclinèrent également. Enfin, il reçut l’ordre de le présenter à ses enfants ; il le leur proposa, et ils l’acceptèrent avec la même condition, sans redouter ce que redoutèrent les cieux, la terre et les montagnes.

« Il s’est montré, en cela, grandement injuste à l’égard de lui-même et profondément ignorant quant à l’issue de la charge qu’il a endossée pour son Seigneur. »

At-Tirmidhî al-Hakîm Abû ‘Abd Allâh Muḥammad ibn ‘Alî a déclaré : « Je m’étonne de celui qui rapporte cette histoire ; d’où la tient-il ? Si nous examinons les traditions, nous les trouvons contraires à son propos ; si nous nous arrêtons à l’apparence du texte, nous le trouvons contraire à ce qu’il avance ; et si nous en approfondissons le sens intérieur, nous le trouvons loin de ses dires ! En vérité, il a répété la mention du “dépôt” sans en préciser la nature, sinon par une allusion selon laquelle il aurait investi l’homme d’autorité sur…»

تَقَلُّدُ الشَّرَائِعِ، لِمَا فِيهَا مِنَ الثَّوَابِ وَالْعِقَابِ، أَيْ أَنَّ التَّكْلِيفَ أَمْرٌ حَقُّهُ أَنْ تَعْجِزَ عَنْهُ السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ وَالْجِبَالُ، وَقَدْ كُلِّفَهُ الْإِنْسَانُ وَهُوَ ظَلُومٌ جَهُولٌ لَوْ عَقَلَ. وَهَذَا كَقَوْلِهِ: " لَوْ أَنْزَلْنا هذَا «١» الْقُرْآنَ عَلى جَبَلٍ" [الحشر: ٢١] - ثم قال: - " وَتِلْكَ الْأَمْثالُ نَضْرِبُها لِلنَّاسِ" [الحشر: ٢١] . قَالَ الْقَفَّالُ: فَإِذَا تَقَرَّرَ فِي أَنَّهُ تَعَالَى يَضْرِبُ الْأَمْثَالَ، وَوَرَدَ عَلَيْنَا مِنَ الْخَبَرِ مَا لَا يَخْرُجُ إِلَّا عَلَى ضَرْبِ الْمَثَلِ، وَجَبَ حَمْلُهُ عَلَيْهِ. وَقَالَ قَوْمٌ: إِنَّ الْآيَةَ مِنَ الْمَجَازِ، أَيْ إِنَّا إِذَا قَايَسْنَا ثِقَلَ الْأَمَانَةِ بِقُوَّةِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَالْجِبَالِ، رَأَيْنَا أَنَّهَا لَا تُطِيقُهَا، وَأَنَّهَا لَوْ تَكَلَّمَتْ لَأَبَتْ وَأَشْفَقَتْ، فَعَبَّرَ عَنْ هَذَا الْمَعْنَى بِقَوْلِهِ. " إِنَّا عَرَضْنَا الْأَمانَةَ" الْآيَةَ. وَهَذَا كَمَا تَقُولُ: عَرَضْتُ الْحِمْلَ عَلَى الْبَعِيرِ فَأَبَاهُ، وَأَنْتَ تُرِيدُ قَايَسْتُ، قُوَّتَهُ بِثِقَلِ الْحِمْلِ، فَرَأَيْتُ أَنَّهَا تَقْصُرُ عَنْهُ. وَقِيلَ: " عَرَضْنَا" بمعنى عارضنا الامامة بِالسَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَالْجِبَالِ فَضَعُفَتْ هَذِهِ الْأَشْيَاءُ عَنِ الْأَمَانَةِ، وَرَجَحَتِ الْأَمَانَةُ بِثِقَلِهَا عَلَيْهَا. وَقِيلَ: إِنَّ عَرْضَ الْأَمَانَةِ عَلَى السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَالْجِبَالِ، إِنَّمَا كَانَ مِنْ آدَمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ. وَذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لَمَّا اسْتَخْلَفَهُ عَلَى ذُرِّيَّتِهِ، وَسَلَّطَهُ عَلَى جَمِيعِ مَا فِي الْأَرْضِ مِنَ الْأَنْعَامِ وَالطَّيْرِ وَالْوَحْشِ، وَعَهِدَ إِلَيْهِ عَهْدًا أَمَرَهُ فِيهِ وَنَهَاهُ وَحَرَّمَ وَأَحَلَّ، فَقَبِلَهُ وَلَمْ يَزَلْ عَامِلًا بِهِ. فَلَمَّا أَنْ حَضَرَتْهُ الْوَفَاةُ سَأَلَ اللَّهَ أَنْ يُعْلِمَهُ مَنْ يَسْتَخْلِفُ بَعْدَهُ، وَيُقَلِّدُهُ مِنَ الْأَمَانَةِ مَا تَقَلَّدَهُ، فَأَمَرَهُ أَنْ يَعْرِضَ ذَلِكَ عَلَى السَّمَاوَاتِ بِالشَّرْطِ الَّذِي أُخِذَ عَلَيْهِ مِنَ الثَّوَابِ إِنْ أَطَاعَ وَمِنَ الْعِقَابِ إِنْ عَصَى، فَأَبَيْنَ أَنْ يَقْبَلْنَهُ شَفَقًا «٢» مِنْ عَذَابِ اللَّهِ. ثُمَّ أَمَرَهُ أَنْ يَعْرِضَ ذَلِكَ عَلَى الْأَرْضِ وَالْجِبَالِ كُلِّهَا فَأَبَيَاهُ. ثُمَّ أَمَرَهُ أَنْ يَعْرِضَ ذَلِكَ عَلَى وَلَدِهِ فَعَرَضَهُ عَلَيْهِ فَقَبِلَهُ بِالشَّرْطِ، وَلَمْ يَهَبْ مِنْهُ مَا تَهَيَّبَتِ السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ وَالْجِبَالُ. " إِنَّهُ كانَ ظَلُوماً" لِنَفْسِهِ " جَهُولًا" بِعَاقِبَةِ مَا تَقَلَّدَ لِرَبِّهِ. قَالَ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ أَبُو عَبْدِ اللَّهِ مُحَمَّدُ بْنُ عَلِيٍّ: عَجِبْتُ مِنْ هَذَا الْقَائِلِ مِنْ أَيْنَ أَتَى بِهَذِهِ الْقِصَّةِ! فَإِنْ نَظَرْنَا إِلَى الْآثَارِ وَجَدْنَاهَا بِخِلَافِ مَا قَالَ، وَإِنْ نَظَرْنَا إِلَى ظَاهِرِهِ وَجَدْنَاهُ بِخِلَافِ مَا قَالَ، وَإِنْ نَظَرْنَا إِلَى بَاطِنِهِ وَجَدْنَاهُ بَعِيدًا مِمَّا قَالَ! وَذَلِكَ أَنَّهُ رَدَّدَ ذِكْرَ الْأَمَانَةِ وَلَمْ يَذْكُرْ مَا الْأَمَانَةُ، إِلَّا أَنَّهُ يُومِئُ فِي مَقَالَتِهِ إِلَى أَنَّهُ سَلَّطَهُ عَلَى
(١). راجع ج ١٨ ص ٤٤. (٢). الشفق والإشفاق: الخوف.

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