« Si tu agis mal, Je te châtierai. »
Il répondit : « J’en assume la responsabilité, ô Seigneur. »
Mujâhid dit : « Il ne s’écoula, entre l’instant où il s’en chargea et celui où il fut expulsé du Paradis, qu’un laps de temps équivalant à l’intervalle qui sépare la prière de Ẓuhr de celle de ‘Aṣr. »
‘Alî b. Ṭalḥah rapporte d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « Nous avons proposé le dépôt (al-amânah) aux cieux, à la terre et aux montagnes… », qu’il s’agit des obligations religieuses (al-farâ’iḍ). Allâh – Puissant et Majestueux – les présenta aux cieux, à la terre et aux montagnes ; s’ils s’en acquittaient, Il les récompenserait, et s’ils les négligeaient, Il les châtierait. Ils refusèrent par crainte – non par désobéissance –, par vénération pour la religion d’Allâh – Exalté soit-Il – de peur de ne pas s’en acquitter. Puis Il la proposa à Âdam, qui l’accepta avec tout ce qu’elle contenait.
An-Naḥḥâs dit : « Tel est l’avis adopté par l’ensemble des exégètes. »
On a également dit : Lorsque la mort d’Âdam – paix sur lui – se fit proche, il reçut l’ordre de proposer le dépôt aux créatures ; il le leur proposa et seuls ses descendants l’acceptèrent.
D’autres ont soutenu que ce dépôt est ce qu’Allâh – Très-Haut – a déposé dans les cieux, la terre, les montagnes et les créatures comme signes de Sa seigneurie, afin qu’ils les manifestent ; ils les manifestèrent, hormis l’homme qui les dissimula et les renia, selon certains théologiens.
Le terme « Nous avons proposé (ʿaraḍnâ) » signifie : « Nous avons rendu apparent », comme lorsque l’on dit : « J’ai présenté l’esclave à la vente. » Le sens est : Nous avons exposé le dépôt ainsi que sa négligence aux habitants des cieux et de la terre – anges, hommes et djinns – « et ils refusèrent de le porter », c’est-à-dire de porter son fardeau, comme le dit le Très-Haut : « Ils porteront assurément leurs charges et d’autres charges avec les leurs » (al-ʿAnkabût, 13).
« Et l’homme s’en est chargé. » Al-Ḥasan a dit : il s’agit du mécréant et de l’hypocrite. « Il est vraiment très injuste (ẓalûm) envers lui-même, profondément ignorant (jahûl) » de son Seigneur. Suivant cette explication, il s’agit d’une figure de style, à l’instar de : « Interroge la ville » (Yûsuf, 82).
Une autre réponse prend le passage dans son sens littéral : le dépôt – c’est-à-dire la récompense et le châtiment – fut exposé aux cieux, à la terre et aux montagnes ; Il le leur fit voir, mais elles refusèrent d’en porter la charge, en eurent frayeur et dirent : « Nous ne recherchons ni récompense ni châtiment ; voilà une affaire que nous ne pouvons assumer. Nous T’écoutons et nous T’obéissons dans ce que Tu nous as ordonné et pour quoi Tu nous as asservies », selon al-Ḥasan et d’autres.
Les savants ont déclaré : il est évident que les corps inanimés ne comprennent ni ne répondent ; il faut donc admettre, selon la dernière explication, qu’ils furent dotés de vie pour l’occasion. Cette proposition fut une présentation laissant le choix, non une obligation, tandis que celle faite à l’homme est contraignante.
Al-Qaffâl et d’autres ont dit : le « proposer » mentionné dans ce verset est une parabole ; autrement dit, si les cieux et la terre, malgré l’immensité de leurs dimensions, étaient susceptibles d’être astreints à des charges, elles les trouveraient lourdes à porter