Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Paroles du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui :

« N’entrez dans l’eau qu’en étant ceints d’un pagne, car l’eau possède un “habitant”. »

Le Qâḍî ‘Iyâḍ déclare : « Ce ḥadîth est jugé faible par les savants. »

J’ajoute : il demeure toutefois recommandé de se couvrir, conformément au récit rapporté par Isrâ’îl, d’après ‘Abd al-A‘lá : al-Ḥasan ibn ‘Alî entra dans un bassin tout en gardant sur lui un manteau qu’il avait drapé autour de sa taille. Lorsqu’il en sortit, on l’interrogea ; il répondit : « Je me suis couvert à cause de Celui qui me voit alors que je ne Le vois pas, c’est-à-dire mon Seigneur, ainsi que les anges. »

Objection : comment Mûsâ — sur lui la paix — a-t-il pu appeler la pierre comme on s’adresse à un être doué de raison ? Réponse : parce que la pierre se comporta alors comme un être raisonnable. Le mot « Ḥajar » est un vocatif singulier dont la particule d’appel est sous-entendue, tout comme, dans la Parole du Très-Haut : « Yûsuf ! Détourne-toi de cela » (Yûsuf, 29). Quant à « thawbî » (mon vêtement), il est à l’accusatif sur un verbe elliptique ; on comprend : « Rends-moi mon vêtement » ou « Laisse mon vêtement », le verbe étant supprimé parce que le contexte le fait ressortir.

Parole d’Allah :
« … et il était, auprès d’Allah, honoré (wajîhan). »

C’est-à-dire : éminent. Chez les Arabes, al-wajîh désigne celui qui possède un rang élevé et une haute position. Il est rapporté que, lorsque Mûsâ demandait quelque chose à Allah, Il la lui accordait. Ibn Mas‘ûd lisait : « … et il était un serviteur d’Allah. » Certains ont dit que « wajîhan » signifie : Allah lui a parlé directement.

Abû Bakr al-Anbârî écrit, dans son Kitâb ar-Radd : « Celui qui critique le Coran prétend que les musulmans auraient déformé le verset en lisant : “et il était, auprès d’Allah, honoré”, alors que, d’après lui, la bonne lecture serait : “et il était un serviteur d’Allah, honoré.” Cette prétention trahit la faiblesse de son argument, la pauvreté de sa compréhension et la maigreur de son savoir. Car, si l’on retenait sa lecture — “et il était un serviteur” — on réduirait l’éloge adressé à Mûsâ. En effet, le terme “honoré” peut s’appliquer à la considération qu’il reçoit tant dans ce monde, auprès des gens de son époque, que dans l’au-delà ; on ne saurait restreindre l’éloge. Or, s’il n’avait été honoré qu’auprès des hommes, cela relèverait simplement d’une faveur divine sans constituer, en soi, une louange. Lorsque le Très-Haut précise : “… et il était, auprès d’Allah, honoré”, il lui confère donc la plus haute distinction et la plus grande élévation, car la véritable honorabilité est celle qui est auprès d’Allah. Quiconque altère ce terme prive alors le Prophète d’Allah du plus noble des éloges et de la plus sublime des louanges.

(Sourate al-Aḥzâb 33, versets 70-71)
Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah et prononcez une parole droite ; Il améliorera vos œuvres et vous pardonnera vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son Messager remportera certes un succès immense.

قوله صلى الله ليه وَسَلَّمَ: (لَا تَدْخُلُوا الْمَاءَ إِلَّا بِمِئْزَرٍ فَإِنَّ لِلْمَاءِ عَامِرًا) . قَالَ الْقَاضِي عِيَاضٌ: وَهُوَ ضَعِيفٌ عِنْدَ أَهْلِ الْعِلْمِ. قُلْتُ: أَمَّا إِنَّهُ يُسْتَحَبُّ التَّسَتُّرُ لِمَا رَوَاهُ إِسْرَائِيلُ عَنْ عَبْدِ الْأَعْلَى أَنَّ الْحَسَنَ بْنَ عَلِيٍّ دَخَلَ غَدِيرًا وَعَلَيْهِ بُرْدٌ لَهُ مُتَوَشِّحًا بِهِ، فَلَمَّا خَرَجَ قِيلَ لَهُ، قَالَ: إِنَّمَا تَسَتَّرْتُ مِمَّنْ يَرَانِي وَلَا أَرَاهُ، يَعْنِي مِنْ رَبِّي وَالْمَلَائِكَةِ. فَإِنْ قِيلَ: كَيْفَ نَادَى مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ الْحَجَرَ نِدَاءَ مَنْ يَعْقِلُ؟ قِيلَ: لِأَنَّهُ صَدَرَ عَنِ الْحَجَرِ فِعْلُ مَنْ يَعْقِلُ. وَ " حَجَرُ" مُنَادًى مُفْرَدٌ مَحْذُوفُ حَرْفِ النِّدَاءِ، كَمَا قَالَ تَعَالَى: " يُوسُفُ أَعْرِضْ عَنْ هذا" «١» [يوسف: ٢٩] . وَ " ثَوْبِي" مَنْصُوبٌ بِفِعْلٍ مُضْمَرٍ، التَّقْدِيرُ: أَعْطِنِي ثَوْبِي، أَوِ اتْرُكْ ثَوْبِي، فَحُذِفَ الْفِعْلُ لِدَلَالَةِ الحال عليه. قوله تعالى: (وَكانَ عِنْدَ اللَّهِ وَجِيهاً) أَيْ عَظِيمًا. وَالْوَجِيهُ عِنْدَ الْعَرَبِ: الْعَظِيمُ الْقَدْرِ الرَّفِيعُ الْمَنْزِلَةِ. وَيُرْوَى أَنَّهُ كَانَ إِذَا سَأَلَ اللَّهَ شَيْئًا أَعْطَاهُ إِيَّاهُ. وَقَرَأَ ابْنُ مَسْعُودٍ: " وَكَانَ عَبْدًا لِلَّهِ" . وَقِيلَ: مَعْنَى " وَجِيهاً" أَيْ كَلَّمَهُ تَكْلِيمًا. قَالَ أَبُو بَكْرٍ الْأَنْبَارِيُّ فِي (كِتَابِ الرَّدِّ) : زَعَمَ مَنْ طَعَنَ فِي الْقُرْآنِ أَنَّ الْمُسْلِمِينَ صَحَّفُوا " وَكانَ عِنْدَ اللَّهِ وَجِيهاً" وَأَنَّ الصَّوَابَ عِنْدَهُ " وَكَانَ عَبْدًا لِلَّهِ وَجِيهًا" وَذَلِكَ يَدُلُّ عَلَى ضَعْفِ مَقْصِدِهِ وَنُقْصَانِ فَهْمِهِ وَقِلَّةِ عِلْمِهِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْآيَةَ لَوْ حُمِلَتْ عَلَى قَوْلِهِ وَقُرِئَتْ: " وَكَانَ عَبْدًا" نَقَصَ الثَّنَاءَ عَلَى مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ، وَذَلِكَ أَنَّ " وَجِيهاً" يَكُونُ عِنْدَ أَهْلِ الدُّنْيَا وَعِنْدَ أَهْلِ زَمَانِهِ وَعِنْدَ أَهْلِ الْآخِرَةِ، فَلَا يُوقَفُ عَلَى مَكَانِ الْمَدْحِ، لِأَنَّهُ إِنْ كَانَ وَجِيهًا عِنْدَ بَنِي الدُّنْيَا كَانَ ذَلِكَ إِنْعَامًا مِنَ اللَّهِ عَلَيْهِ لَا يَبِينُ عَلَيْهِ مَعَهُ ثَنَاءٌ مِنَ اللَّهِ. فَلَمَّا أَوْضَحَ اللَّهُ تَعَالَى مَوْضِعَ الْمَدْحِ بِقَوْلِهِ: " وَكانَ عِنْدَ اللَّهِ وَجِيهاً" اسْتَحَقَّ الشَّرَفَ وَأَعْظَمَ الرِّفْعَةِ بِأَنَّ الْوَجَاهَةَ عِنْدَ اللَّهِ، فَمَنْ غَيَّرَ اللفظة صَرَفَ عَنْ نَبِيِّ اللَّهِ أَفْخَرَ الثَّنَاءِ وَأَعْظَمَ المدح. [سورة الأحزاب (٣٣) : الآيات ٧٠ الى ٧١] يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَقُولُوا قَوْلاً سَدِيداً (٧٠) يُصْلِحْ لَكُمْ أَعْمالَكُمْ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَمَنْ يُطِعِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَقَدْ فازَ فَوْزاً عَظِيماً (٧١)
(١). راجع ج ٩ ص ١٧٥.

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