Il était le plus accompli d’entre eux dans sa constitution morale et le plus harmonieux dans son apparence corporelle, et rien de ce qu’ils lui imputaient ne l’atteignait. Tel est le sens de la parole du Très-Haut : «Allah l’innocenta de ce qu’ils avaient avancé».
Al-Bukhârî et Muslim ont rapporté ce hadith dans ce sens.
Le texte de Muslim est le suivant :
Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : «Les Fils d’Israël se baignaient nus, chacun regardant la nudité de l’autre, tandis que Mûsâ — sur lui la paix — se baignait seul. Ils dirent : “Par Allah, si Mûsâ refuse de se baigner avec nous, c’est bien parce qu’il souffre d’une hernie.” Un jour, il alla se baigner, déposa son vêtement sur un rocher, et le rocher s’enfuit avec son vêtement. Mûsâ — sur lui la paix — se lança alors à sa poursuite en disant : ‘Mon vêtement, ô rocher ! mon vêtement, ô rocher !’ jusqu’à ce que les Fils d’Israël vissent la nudité de Mûsâ et dirent : ‘Par Allah, Mûsâ n’a rien de répréhensible.’ Le rocher s’arrêta alors; il reprit son vêtement et se mit à frapper le rocher.»
Abû Hurayrah ajouta : «Par Allah, il y a sur ce rocher les traces — six ou sept marques — des coups que Mûsâ lui porta.» Telle est la première version.
On rapporte d’Ibn ‘Abbâs, d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib — qu’Allah les agrée — qu’il dit : «Ils nuisirent à Mûsâ en prétendant qu’il avait tué Hârûn. Mûsâ et Hârûn étaient sortis de la plaine du Tîh vers une montagne; Hârûn y mourut. Lorsque Mûsâ revint, les Fils d’Israël lui dirent : ‘Tu l’as tué, lui qui était plus doux et plus aimé de nous que toi.’ Ils le blessèrent ainsi. Allah — Très-Haut — ordonna alors aux anges de porter (le corps d’Hârûn); ils tournèrent avec lui au-dessus des Fils d’Israël, lesquels virent un signe éclatant attestant la véracité de Mûsâ, car on n’y trouvait aucune trace d’assassinat.
Il a été également rapporté que les anges annoncèrent eux-mêmes la mort de Hârûn et que nul, hormis un rapace, ne connut l’emplacement de sa tombe; Allah le rendit sourd et muet. Hârûn mourut avant Mûsâ dans le désert, et Mûsâ décéda deux mois avant la fin de la période d’errance.
Al-Qushayrî rapporte d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée — qu’Allah — Exalté soit-Il — redonna la vie à Hârûn, lequel informa son peuple que Mûsâ ne l’avait point tué, puis il mourut de nouveau.
Certains ont encore avancé que l’offense faite à Mûsâ consistait dans le fait qu’on l’accusa de sorcellerie et de folie. L’avis correct demeure le premier, tout en admettant qu’ils aient proféré l’ensemble de ces accusations, Allah l’ayant innocenté de toutes.
Question juridique :
Le fait que Mûsâ — sur lui la paix — ait déposé son vêtement sur un rocher et soit entré dans l’eau nu constitue une preuve de la licéité de cet acte; tel est l’avis de la majorité des savants. Ibn Abî Laylâ l’a interdit en se fondant sur un hadith non authentique, à savoir que