Sourate Al-Ahzâb (33) : versets 60 à 62
60. Si les hypocrites, ceux qui portent une maladie dans leur cœur, et les colporteurs de rumeurs dans la cité ne cessent [leurs agissements], Nous te pousserons à sévir contre eux ; alors ils ne demeureront plus auprès de toi que bien peu de temps ;
61. maudits partout où ils seront trouvés ; on les saisira et on les mettra à mort d’une mise à mort impitoyable ;
62. telle est la tradition d’Allah à l’égard de ceux qui ont vécu auparavant, et tu ne trouveras jamais le moindre changement dans la tradition d’Allah.
Il s’y trouve cinq questions.
Première question – Parole du Très-Haut : « Si les hypocrites… » etc.
Les exégètes s’accordent à dire que les trois descriptions visent une seule et même catégorie de gens. Sufyân ibn Saʿîd rapporta, d’après Manṣûr, d’après Abû Razîn : « Les hypocrites, ceux dont le cœur est malade et les alarmistes de Médine ne constituent qu’un seul groupe ; ils cumulent en réalité tous ces traits. » La conjonction « wa » (et) y est alors purement stylistique, comme dans le vers suivant :
« Vers le roi généreux, fils d’al-Humâm, – le lion du bataillon au cœur du rassemblement. »
On veut dire : « vers le roi généreux, fils d’al-Humâm, lion du bataillon », sans que l’ajout du « wa » change le sens. Cette question a déjà été évoquée dans la sourate « Al-Baqarah ».
D’autres ont dit qu’il y avait, parmi eux, un groupe qui propageait les rumeurs, un groupe qui suivait les femmes par perversion, et un groupe qui semait le doute parmi les musulmans.
ʿIkrima et Shahr ibn Ḥawshab expliquent : « ceux dont le cœur est malade » sont ceux dont le cœur est entaché de fornication.
Ṭâwûs dit : ce verset a été révélé au sujet des femmes.
Salama ibn Kuhayl rapporte qu’il a été révélé au sujet des auteurs de turpitudes ; l’idée générale demeure proche.
Il a aussi été avancé que « les hypocrites » et « ceux dont le cœur est malade » ne sont qu’une seule catégorie, désignée par deux expressions ; la preuve en est l’ouverture de la sourate Al-Baqarah relative aux hypocrites.
Quant aux « alarmistes de la cité », il s’agissait de gens qui rapportaient aux croyants des nouvelles de leurs ennemis propres à les attrister ; lorsque les détachements du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – partaient, ils affirmaient : « Ils ont été tués ou vaincus » ou encore : « L’ennemi s’avance vers vous », ainsi que l’ont rapporté Qatâdah et d’autres.
On a également dit qu’ils déclaraient : « Les gens de la Ṣuffah sont des célibataires, ce sont eux qui cherchent à approcher les femmes. »
D’autres enfin ont soutenu qu’il s’agissait de certains musulmans colportant sciemment des informations mensongères par amour de la discorde. Il y eut, en effet, parmi les protagonistes du récit de la Calomnie, des musulmans qui s’y engagèrent par goût du