Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – étant présent, Marwân lui dit : « Je voulais seulement que nous constations ta place ; désormais nous l’avons vue. Qu’Allah t’en fasse voir ! », puis il proféra une parole ignoble.
Usâma lui répliqua : « Tu m’as offensé ; tu es vraiment grossier et porté à la grossièreté. J’ai entendu le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – dire :
« En vérité, Allah – Très-haut – déteste l’obscène qui s’obstine dans l’obscénité. »
Considère donc la différence entre les deux actes et mesure celle qui sépare les deux hommes : les Banû Umayya ont nui au Prophète – que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui – dans la personne de ceux qu’il aimait, et ils l’ont contredit au sujet de ses êtres chers.
Sa parole – Très-haut – : « Qu’Allah les maudisse » signifie : qu’ils soient écartés de tout bien. Dans la langue, la malédiction (la‘n) désigne l’éloignement ; de là vient le terme li‘ân. Quant à Sa parole : « et Il leur a préparé un châtiment avilissant », son sens a déjà été exposé ailleurs. Louange à Allah, Seigneur des mondes.
Sourate Al-Ahzâb (33), verset 58 :
« Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils l’aient mérité se chargent assurément d’une calomnie et d’un péché manifeste. »
Nuire aux croyants et aux croyantes se fait également par des actes et par des paroles odieuses : calomnies, mensonges éhontés et forgés de toutes pièces. Ce verset ressemble à celui de la sourate An-Nisâ’ :
« Quiconque commet une faute ou un péché puis l’impute à un innocent se charge d’une calomnie et d’un péché manifeste. » (An-Nisâ’, 112) – exactement comme Il l’énonce ici.
Il a été dit que fait partie de l’offense le fait de le railler pour une lignée blâmée, un métier méprisable ou toute chose qui lui pèserait lorsqu’il l’entend, car, dans l’absolu, lui nuire est illicite. Allah – Très-haut – a distingué entre l’offense qui Lui est faite, celle faite à Son Messager et celle faite aux croyants : la première constitue de la mécréance, la seconde un grand péché. A propos de l’offense aux croyants, Il a dit : « ils se chargent d’une calomnie et d’un péché manifeste », comme nous l’avons expliqué.
Il est rapporté que ‘Umar ibn al-Khattâb dit à Ubayy ibn Ka‘b : « J’ai récité la nuit dernière ce verset et j’en ai été saisi d’effroi :
“Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils l’aient mérité…”,
par Allah, je les frappe et les réprimande. » Ubayy lui répondit : « Ô Commandeur des croyants, tu n’es pas de ceux-là ; tu es plutôt un éducateur et un redresseur. »
On a dit encore que la raison de la révélation de ce verset fut que ‘Umar aperçut une jeune fille des Ansâr, la frappa, trouvant répréhensible l’ornement qu’il vit sur elle. Sa famille sortit alors et nuisit à ‘Umar verbalement ; Allah révéla ce verset.
D’autres ont affirmé qu’il fut révélé au sujet de ‘Alî – qu’Allah l’agrée –, car les hypocrites lui faisaient du tort et mentaient à son encontre.