Elle est recommandée, et celui qui l’abandonne dans le tashahhud est répréhensible. Imâm ash-Shâfiʿî s’est singularisé en décrétant que celui qui l’omet durant la prière doit recommencer celle-ci. Quant à Isḥâq, il impose la reprise lorsque l’omission est volontaire, non lorsqu’elle est due à l’oubli.
Abû ʿUmar rapporte : « Ash-Shâfiʿî a dit : si l’on ne prie pas sur le Prophète — qu’Allâh le couvre d’éloges et de paix — lors du dernier tashahhud, après la formule de tashahhud et avant le salâm, la prière doit être répétée. » Il ajouta : « Si on l’a faite avant ce moment, elle n’est pas valable. » Cette opinion est transmise de lui par Ḥarmalah b. Yaḥyâ ; on ne la rencontre quasiment pas attribuée à ash-Shâfiʿî sinon par cette voie. Ḥarmalah compte parmi ses grands disciples, rédacteurs de ses ouvrages. Les adeptes de l’école shâfiʿite l’ont adoptée, s’y sont attachés et ont argumenté en sa faveur, la considérant comme l’expression authentique de son madhhab. At-Ṭaḥâwî prétend toutefois qu’aucun savant en dehors d’ash-Shâfiʿî ne l’a soutenue.
Al-Khaṭṭâbî — qui relève également de l’école shâfiʿite — déclare : « Elle n’est pas obligatoire dans la prière ; tel est l’avis de l’ensemble des juristes, à l’exception d’ash-Shâfiʿî, et je ne lui connais en cela aucun modèle. La preuve qu’elle ne figure pas parmi les obligations du ṣalât est la pratique des pieux prédécesseurs avant ash-Shâfiʿî et leur consensus à ce sujet ; il a d’ailleurs été fortement critiqué pour cette position. Voici le tashahhud d’Ibn Masʿûd — que le Prophète ﷺ lui a enseigné et qu’ash-Shâfiʿî a choisi — il n’y contient pas la prière sur le Prophète ﷺ ; il en est de même de toutes les versions du tashahhud transmises de lui. »
Ibn ʿUmar relate : « Abû Bakr nous enseignait le tashahhud depuis la chaire, comme vous enseignez l’écriture aux enfants dans l’école. ʿUmar l’enseigna également depuis la chaire, et il n’y mentionnait pas la prière sur le Prophète ﷺ. »
Je (l’auteur) dis : l’obligation de la prière sur le Prophète ﷺ dans le ṣalât a néanmoins été défendue par Muḥammad b. al-Mawwâz — l’un de nos savants, selon Ibn al-Qaṣṣâr et ʿAbd al-Wahhâb —, et Ibn al-ʿArabî l’a aussi retenue, se fondant sur le ḥadith authentique : « Allâh nous a ordonné de prier sur toi ; comment devons-nous prier sur toi ? » Le Prophète enseigna alors la formule et son moment, ce qui détermine à la fois la manière et l’instant de son accomplissement.
Ad-Dâraquṭnî rapporte d’Abû Jaʿfar Muḥammad b. ʿAlî b. al-Ḥusayn qu’il a dit : « Si j’accomplissais une prière dans laquelle je ne prierais pas sur le Prophète ﷺ ni sur sa Famille, je la considérerais incomplète. » Ce propos est également rapporté, sous forme marfûʿ, d’après lui, d’après Ibn Masʿûd, d’après le Prophète ﷺ ; pourtant la version correcte est qu’il s’agit d’une parole d’Abû Jaʿfar, ainsi que l’a affirmé Ad-Dâraquṭnî.
Cinquièmement — Au sujet de la Parole du Très-Haut : « … et adressez-lui un salut de parfaite soumission » [Coran 33 : 56], le Qâḍî Abû Bakr b. Bukayr dit : « Ce verset fut révélé au Prophète ﷺ ; Allâh y ordonna à ses Compagnons de lui adresser le salâm, et tous ceux qui les suivent ont, de même, reçu cet ordre. »